dimanche 22 avril 2018

Ma Récente France Musicale

Je suis né en 1972. Au Québec.

Mes parents ont acheté deux albums de Beau Dommage, un d'Harmonium, des 33 tours, que j'ai eu la mauvaise idée d'utiliser comme patins sur un plancher de bois ("Hein! regardez les filles comme ça glisse bien!") quand j'avais 5 ans, 33 tours que mes parents n'ont jamais remplacé après la fessée de circonstances.
(J'avais épargné un bijou familial)

Passé 1975, mes parents écoutaient peu de musique francophone. Passé la défaite référendaire de 1980, l'offre musical francophone québécoise était même très pauvre. Donc entre mes 8 ans et mes 18, la francophonie musicale devait venir d'ailleurs. La France ou les pays francophones d'Afrique ou d'ailleurs. Il y a bien eu quelques morceaux qui m'ont fait craquer, mais en général, avec un père enseignant dans une rare école anglophone de la région de Québec, parlant franglais à la maison, j'étais plus naturellement tourné vers Duran Duran, Bowie, U2, les Stones, les Beatles ou Led Zep.

Même que la musique en français m'horripilait. On y comprenait les mots. Les sens, tout de suite. Et la poésie y était souvent si pauvre, ça en était gênant. En anglais, ça nous appartenait moins. Et même si on chantait des conneries comme Rock me Amadeus ou Everybody Wang Chung tonight, on avait toujours l'excuse inconsciente que c'était étranger, qu'on avait pas à prendre la niaiserie du texte aussi personnellement.

Mais il n'y avait que moi qui me souciait du texte. "Jouis donc de la musique Jones! les mots c'est accessoire aux sons!". Oui. Parfois. Mais bon...la musique franco, ça m'est venu tard.

Depuis que je suis papa, je dirais.
Plus sage.

J'ai même quelques albums en copie CD; Biolay, Benabar, Delerm, Aznavour, Chinatown, Dumas, Gainsbourg père, fille et fils, Bashung, Leloup, les Cowboys Fringants, Vallières, Arthur H, Thomas Fersen, Higelin, Catherine Major, Peter Peter, Désilets, ouin...beaucoup finalement...

Sans explication réelle, quand je suis devenu permanent de Spotify, j'ai peu à peu bâti quelques listes de lecture, principalement francophones. Peut-être parce qu'inconsciemment je me disais que dans une bibliothèque musicale mondiale, la part francophone serait moins généreuse et que j'ai vite voulu me nourrir de la langue de Molière, Hugo et Prévert en musique.

Si bien que je me suis fait une liste Québécoise, une autre de 10 chansons signées de textes de Réjean Ducharme, mais surtout, plusieurs listes d'artistes français. Au moins 6.

Thomas Fersen
J'ai trois de ses disques, 3 de ses 4 premiers (J'ai pas Les Ronds de Carotte). Sophie Durocher déteste l'homme. Ce qui devrait être suffisant pour que j'aime Fersen. Mais c'est con, je l'adore. Cheval, papillon, oiseaux, vache, cochons, lion, la chauve-souris, cigale, puce, poisson, punaise, moucheron, un iguanodon, tous les animaux y passent chez ce nouveau Jean de la Fontaine. Sur des airs de poésie enchantée, la plume agile, le banjo habile, l'accordéon fragile, la guitare tactile, le monde de Fersen semble toujours animé et place toujours la journée sous bonne augure. Même quand il joue le valet d'un assassin, ou parle d'un vagabond heureux. Il séduit même dans l'intimidation personnelle. Dérision et précision, il me plait de toute les façons. J'ai 20 titres sur ma piste.

Vincent Delerm
J'ai aussi trois disques de Delerm. Les trois premiers.  Je vous ai déjà parlé au moins deux fois de Vinny D. Fils de gens publics (Les auteurs Phillipe et Martine Delerm (aussi illustratrice)), Vincent conjugue musique classique, name dropping et pop facile d'accès. Il peut paraître pompeux. Moi je m'en moque, sa musique, fort agréable, surtout sur les deux premiers, me touche beaucoup. Les hyperliens vous en disent assez sur lui. J'ai 12 titres sur ma liste. 9 des deux premiers albums, 3 des autres.

Arthur H
Fils de Jacques Higelin, j'ai un seul album en CD de l'auteur-compositeur interprète, peintre et illustrateur français qui a étudié au Berklee College of Music de Boston. Travaillant dans l'univers musical vers la fin des années 90, je consommais souvent au boulot ses trois premiers albums. J'ai aimé son 4ème album, mais pas assez pour suivre le suivre dans ses trois efforts suivants. L'album suivant, son 8ème, Baba Love, est l'album que j'ai. Que j'ai beaucoup aimé. Au point de me rendre au spectacle de sa tournée de promo pour celui-ci. Un fameux show. Arthur et sa bande sont de grands musiciens inspirés. C'était la seconde fois que je le voyais en show (L'autre fois dans les années 90). Même plaisir. Il a une voix grave reconnaissable parmi des milliers. Et de la musique qui flirte entre le jazz, la pop, l'électrique et la musique du monde. Il est riche à entendre. Je n'ai que 12 morceaux sur ma liste, mais je revisiterai pour l'augmenter, c'est certain. Je me rendrai surement à 20 en explorant ses autres albums.

Renaud
Je n'ai aucun album de Renaud. Mais l'ai beaucoup aimé lorsque découvert en 1985. À rebours surtout. Le Renaud de 1985 et moins me plait beaucoup. J'ai une liste de lecture de 30 titres. Seulement 8 post-1985. C'est la dernière que j'ai écoutée. Beaucoup aimé Séchan.

Alain Souchon
Je n'ai aucun album de Souchon. Je ne connaissais de Souchon que 2 morceaux de musique et 1 film. Car Alain fait aussi le comédien. J'ai écouté tous ses albums (en fait, 8) disponibles sur Spotify, au volant de mon camion, en travaillant, et en ai gardé 12 morceaux. J'ai écouté à quelques occasions. Quand je me trouvais trop agité. Souchon me calme. J'ai fait dans l'allitération pour le titre de ma liste de lecture en l'appelant Chausson, Souchon...léger. Le rose qu'on nous propose.

Léo Ferré
C'est tout récent pour Léo. Pour le plus ancien de mes artistes français. Dont j'adorais la musique et le texte de Ni Dieu, Ni Maître depuis longtemps. J'ai téléchargé Léo chante Ferré et je commence tout juste à en filtrer les morceaux qui m'intéressent vraiment. Je crois pouvoir en trouver 20 facilement pour une liste de lecture. Certains pour le rythme (sage) d'autres pour les textes. Surement. Je n'ai pas d'albums de Ferré en vrai.

De plus, écoutant exclusivement Radio-Canada (première chaîne ou Espace Musique) je n'ai jamais shazamé autant de musique française aussi intéressante que je place ensuite sur d'autres listes de lecture d'été ou d'hiver (oui, ces deux listes existent).

Aussi bien m'y faire puisque mon Plateau Mont-Royal bien aimé devient tranquillement "La petite France".

samedi 21 avril 2018

"Changement" Cubain en Trompe l'Oeil

Pour la première fois en 6 décennies, Cuba sera dirigé par quelqu'un d'autre qu'un Castro.

Raul Castro, 86 ans, avait succédé à son frère en 2006, mais celui-ci n'était jamais très loin derrière. Même malade. (Ce qu'il a toujours été diront les plus cyniques.)

Depuis 2011, Raul avait lui-même instauré une nouvelle règle d'obligation de se retirer après deux mandats. Ce qui se terminait mercredi dernier, pour lui. Et annonce un changement générationnel. Une transition majeure. Miguel Diaz-Canel était vice-président. Il a 58 depuis hier. À 43 ans, il avait été le plus jeune membre du politburo à tenir des fonctions importantes au parti communiste.

Les défis de Diaz-Canel sont importants. L'économie de Cuba est très pauvre. La dualité entre les deux monnaies, Le peso cubain et le peso convertible est une vraie plaie. Le salaire moyen, en dollars d'ici, est d'environ 30$ par mois.

Le charisme du révolutionnaire Fidel avait relativement fonctionné de 1959 à 2016. C'était le pillier du régime cubain pendant facilement 6 décennies. Mais Diaz-Canel devra se mériter le respect par de vraies performances que les Catros n'ont jamais vraiment eu à livrer. Leur nom suffisait.

Et il sera au volant d'une très petite lada...de 1959... même si il souhaite rebooster l'internet.

Diaz-Canel est un pragmatique politicien. Un représentant communiste de Villa Clara depuis les années 90. Quand Cuba a été victime d'une dépression économique importante, et prolongée, Diaz-Canel prenait son vélo pour aller travailler au lieu de prendre sa voiture ou exiger un chauffeur. Il semble confortable face aux foules, mais plus détendu et collégial auprès de petits groupes, tout comme son mentor Raul Castro.

Tout comme Fidel pour Raul. Diaz-Canel aura Raul dans son ombre en tout temps. Un bon communiste est un communiste surveillé par un autre communiste. Raul a beau avoir voté l'impossibilité de régner pendant plus de deux mandats, il restera premier secrétaire jusqu'en 2021...

Si il survit jusque là.

Ironiquement, il s'agit d'un poste plus important que celui de président puisque le premier secrétaire du parti/pays prend les décisions économiques, sociales et s'occupe des relations internationales. Que le président doit obligatoirement avaliser.

Le neo-Cuba ne le sera donc pas tant que ça.

Tout comme 1959 est encore très présente dans les rues Cubaines.
Dommage que le peuple cubain n'y soit impliqué en rien.

On veut unifier les deux monnaies, mais ce n'est pas si simple. En allant trop vite, ils s'aliéneront les vieux conservateurs du parti. En allant trop lentement, ils frustreront et enrageront la population et les réformateurs. De plus, Donald Trump a refroidi les relations avec Cuba en éliminant les réformes de l'ère Obama, qui donnait un peu d'espace pour respirer à l'embargo des États-Unis sur Cuba. Trump asphyxie.

Progressiste.

Un terme rare dans les cercles communistes.

Souhaitons du bien à ce si beau pays.

Souhaitons que son peuple se libère un jour du joug gouvernemental. 

vendredi 20 avril 2018

Missions Accomplies

Il est plus que normal de douter de la gestion générale et de l'attitude infantile de l'actuel président des États-Unis.

Il serait aussi maintenant normal de douter de la force mentale de l'ancien patron du FBI, James Comey.

Limogé par ce même président.

Enfant ayant beaucoup déménagé, il a été, malgré (surtout en raison de?) sa très grande taille, beaucoup intimidé. Il en a souffert.
C'est con, ça ne m'a pas surpris du tout. Le peu de fois qu'on l'a vu auprès de Donald Trump, j'avais l'impression d'y voir un grand fragile, intimidé par un mangeur d'homme. Les deux hommes viennent d'éducation 100% différentes. Comey a eu une vie modeste où il a marché suivant les pas de Dieu. Donald n'écoute que l'enfant en lui. L'enfant gâté, pourri qu'il a été.

Comey est en tournée de promotion afin de mousser la sortie de son autobiographie lancée cette semaine.

On l'a entendu dire que selon lui, Trump n'est pas mentalement inadéquat, mais plutôt moralement inadéquat.

Il s'agit d'une phrase absolument vide de sens.

Moralement inadéquat?

La morale de qui? Dieu? Vous savez ce qu'elle commande la morale de Dieu? :LA FOLIE!
La religion est le germe de la folie. Et le pieux James Comey serait gardien de cette morale? Il juge Donald moralement inadéquat. Oui, il est inadéquat. Mais la morale n'a rien à y voir.

Le contraste entre le longiligne Comey et le rondouillard Trump ne pouvait pas être plus clair. De purs antagonistes. Le bully rencontrait l'intimidé. Et lui demandait de lui jurer fidélité et de l'obéir au doigt et à l'oeil. Ce que Comey a refusé de promettre. Comey a fait des discours, plus jeune, où il parlait de réservoirs, se remplissant peu à peu des eaux de l'expérience, du talent et du potentiel, à coup de gros efforts. Trump patauge sans gêne dans les marais, négocie son prochain, sur des promesses plus ou moins solides, et ne se prive pas de mettre le feu au marais si l'impulsion lui en prend soudainement. Il aime la bouette.

Quand Comey conseillait les jeunes avocats, dans une ancienne vie, il leur parlait d'un réservoir de confiance et de réputations à ne jamais détruire, Trump de son côté divorçait des femmes, fuyait ses propres casinos en faillite, laissant des sans-emploi derrière, des investisseurs impayés et des banques qui lui couraient après.

Comey parle du FBI comme de l'une des entreprises les plus respectées au pays selon bien des sondages. Trump paie 25 millions afin de taire les poursuites contre la catastrophique université qu'il avait lancé. Et des centaines de milles pour taire mesdames qui ont fait de la couchette avec le toupet.

La philosophie de Comey est d'équilibrer confiance et humilité, des qualités qu'il a vues auprès de deux autres présidents sous lesquels il a travaillé: George W. Bush et Barack Obama. Trump dit pour sa part que "...pour avoir du succès, si quelqu'un te frappe, tu dois le frapper 5 fois plus fort, plus fort qu'il n'ait jamais imaginé..."

Dur de trouver plus différent l'un de l'autre. Il était normal que jamais, ces deux-là, ne se seraient ni entendu, ni compris.

Quand Donald Trump, l'intimidateur, a limogé James Comey, c'était simplement mission accomplie pour le bully.

La semaine dernière, Donald Trump a parlé de mission accomplie en faisant référence aux bombardements des États-Unis sur la Syrie en représailles à la récente attaque chimique perpétrée par le régime(ou les alliés) de Bachar Al-Assad.

Plus possible de croire ce qu'il raconte. Pas plus possible de croire ce que raconte les Russes, les Turcs ou les Iraniens sur le sujet.

Ari Flescher, ancien porte parole de George W.Bush, a dit du tweet (tribune indigne de la profession de président) de DJT se terminant par "mission accomplie", que sa recommandation aurait été de ne pas terminer le tweet sur ces deux mots.

Donny, 5 ans, a aussitôt répliqué sur Twitter que Le raid syrien a été si bien orchestré , avec tant de précision que la seule manière que les "fake news medias" ont trouvé pour le ridiculiser a été de critiquer mon utilisation du terme "mission accomplie". Je savais qu'il dirait cela, mais c'est tellement un splendide terme militaire qu'on devrait l'utiliser beaucoup plus souvent!


 5 fois plus fort, plus fort qu'il n'ait jamais imaginé.
C'est de matière à inquiéter la terre entière. Voilà un président, accusé d'avoir utilisé un terme que George W.Bush avait lui-même utilisé pour parler de la fin de combats majeurs dans le cadre de la guerre d'Irak en 2003, mais qui a plutôt donné naissance à l'État Islamique; voilà un homme dis-je,  qui souhaite qu'on le dise plus souvent, qui promet de le réutiliser et qui dira mission accomplie maintenant et toujours.

Pour n'importe quoi.

La seule mission qui sera accomplie avec satisfaction sera celle qui débarrassera ce pays, de plus en plus pauvre d'esprit, de cet imposteur dans le rôle qu'il tient en ce moment.

Si Trump avait l'intention de descendre dans les marais afin de se parodier lui-même à ce point, d'en devenir une créature inintelligible et de sortir la tête de la bouette pour en cracher de la terre cuite, c'est tout à fait mission accomplie.

Fucking accomplie. Que retiendrons les générations futures de cette bête?

jeudi 19 avril 2018

LIbérales Débandades

On a beau dire qu'il ne faudrait pas colorer d'un seul parti les inconduites sexuelles de nos élus, mais reste que les trois derniers grands cas publics. ils sont tous issus du même parti.

Celui au pouvoir depuis trop longtemps. Et tout le monde sait qu'un écart de conduite sexuel est très souvent une histoire de pouvoir...

Gerry & Celle qui voulait (ou pas)
Je tairai le nom des victimes. Mais pas celui des pénis en feu. Gerry Sklavounos est marié et a de jeunes enfants. Je ne sais pas ce qu'il a, ou va raconter à ses enfants, et bien honnêtement, ce n'est pas de nos affaires. Ce qui l'est, c'est sa manière de considérer les femmes en général. Il semble qu'il y avait celle avec laquelle il fait des enfants, puis celle qui le sert au restaurant. Et ailleurs. Celle-là, elle s'intéressait à la chose politique. Ou du moins, elle le laissait croire. Si bien qu'une réunion "à la Weinstein" s'est tenue dans une chambre d'hôtel après quelques verres. Ce qui suivra restera extrêmement brumeux. Et ça se passera deux fois. Parce que madame, après s'être plainte d'agression, avouera une confusion de ses envies les soirs de twists. Ce sera, sous toute ses formes pas mal triste. Personne n'en sortira très brillant.

Même qu'on aura que du terni.

Terni du zizi pour Gerry
Ternie des envies pour la lady.

Moche de bien des manières.

Puis il y a eu Pierre & sa sub.

Pierre et sa subalterne.
Pendant que Pierre Paradis était au ministère de l'agriculture à Québec, en compagnie de son employée, en 2014, Paradis a dégrafé le soutien-gorge de madame au travers de ses vêtements. Que faisait sa main à cet endroit? Une autre fois, alors qu'ils se faisaient face, dans un resto, il a mis le pied entre les jambes de madame, sur le siège où elle était assise. Avec sa face crasse rouge.
À l'abri des regards, dans une soirée en honneur du frère de Paradis où les deux étaient présents (son frère aussi est impliqué en politique), il en a profité pour lui fouetter une fesse de ses mains. Et comme un prédateur ne lâche pas si vite sa proie, Paradis lui a demandé de lui appliquer du voltaren dans le dos, ce qu'elle a d'abord refusé plusieurs fois, avant de finir par céder. Pendant qu'elle appliquait l'onguent musculaire sur le dos du pervers, son pantalon, à lui, est "tombé". Pendant toute la durée de l'enquête sur ce qu'on lui reprochait, une "commotion cérébrale" bien placée a gardé Paradis loin des micros sur le sujet.

Difficile de faire plus pathétique.

Bien entendu, on ne trouvera pas les accusations raisonnables. Mais on ne trouvera pas raisonnable de ramener Paradis dans le caucus Libéral non plus.

Madame devra se reconstruire une dignité autrement.
Paradis aura été son enfer.

Yves "C'est pas moi sur la photo"
Finalement, on apprenait cette semaine que Yves St-Denis était une caricature de triste mononcle. D'une autre époque. Au jugement extraordinairement douteux. D'un vulgaire total. Il croyait faire rire une collègue en lui envoyant une photo explicite tirée d'un film porno où la place à la subtilité reste bien souvent inexistante.

"C'était juste une blague, cette ex-collègue veut se venger de ne plus travailleur avec nous. Et ce n'était pas moi sur la photo, ça venait d'un film"

...ce qui devrait excuser tout?...

Crétin jusqu'au bout.

La pollution est l'ombre du progrès. Ces trois bandés ont fait chou blanc dans leurs fâcheux élans.
Ils sont polluants dans la lutte à la culture du viol.

Que deviens Lorena Bobbit?


mercredi 18 avril 2018

L'Opportunisme

La ligne est fine entre le moment où l'opportunisme devient péjoratif et où c'est considéré comme une attitude admirable.

Il est totalement humain de vouloir saisir toutes les chances qui nous sont offertes dans la vie. Il y a donc plusieurs manières de considérer l'opportunisme.

Prenons par exemple une scène où quelqu'un que vous trouvez intéressant, mais déjà dans une relation avec une autre personne, vient de se chicaner fortement avec cette personne. Vous êtes la personne envers laquelle on se tourne pour la consolation. Vous avez le choix de convaincre cette personne que vous désirez de rétablir la relation ou encore, vous pouvez aussi la convaincre de commencer quelque chose...avec vous. Vous aurez profité de la situation. De l'opportunité. Mais d'un regard extérieur, vous avez été probablement vilain.

Prenons un autre exemple. Vous êtes deux amis qui appliquez pour le même poste que tous les deux, vous voulez désespérément. On vous apprend que vous avez été choisi mais que si vous n'acceptez pas le poste, votre ami sera choisi. Vous savez que votre ami tiens aussi beaucoup au poste. Mais vous l'accepter. On ne vous jugera pas anormal. On trouvera même cela tout à fait habituel. Et on ne vous jugera pas sur le geste.

Quand vient le moment d'obtenir quelque chose de matériel, un appartement, un job, un prêt, une voiture. être opportuniste reste passablement propre et honorable.

Quand il s'agit de choses plus abstraites et intime, l'amour de quelqu'un, la confiance d'un autre, l'innocence de quelqu'un, sa générosité, en utilisant des tactiques calculées, vous serez perçu comme un profiteur.

Il existe toujours un échange de bon procédé entre la fin et les moyens pour y arriver. Être opportuniste n'est pas automatiquement mauvais. Le chemin que vous prenez pour capitaliser sur une opportunité définit votre image. Si vous jouez avec les règles et trichez votre conscience, votre être, il deviendra facile de vous considérer malsain. Mais si vous travaillez d'arrache-pied pour atteindre un objectif et qu'une chance se présente à vous, sur laquelle vous capitalisez, vous serez perçu comme un admirable travaillant.

C'est aussi souvent une question de perspective. Deux amis trouvent la même fille intéressante. Mais seul l'un de deux l'approche et aura une relation particulière avec elle. L'autre peut choisir de trouver le premier opportuniste, mais est-ce vraiment mal ou tout simplement plus dégourdi?

Quand l'opportunisme sert les autres, on le voit égoïste.
Quand l'opportunisme vous est bénéfique, vous avez été habile.
À vous de choisir.

En politique, on a la mèche courte vis-à-vis les opportunistes.

Je me suis un peu vomi dans la gorge en voyant les députés Conservateurs, tous porter un chandail de hockey en chambre, Andrew Scheer, en tête, avec son chandail des Broncos de Humboldt.

Faut-il rappeler que 11 joueurs, 2 entraîneurs et 3 professionnels de l'équipe junior de la Saskatchewan ont tous perdu la vie dans un grave accident d'autobus la semaine dernière?

Les hommages se sont multipliés, près de 8 millions de dollars ont été récoltés en soutien au club et aux familles des victimes. Des milliers de canadiens (dont nous) ont laissé un ou des bâtons de hockey sur leur galerie en mémoire des disparus. Les séries éliminatoires de la LNH battent leur plein et un certain Canada vibre au rythme des matchs tous les soirs.

Je sais qu'on voulait justement rendre hommage aux disparus et qu'on a choisi de porter des gilets de hockey, en offrant une minute de silence. Le chef portant les couleurs du club meurtri, 10 jours après les événements. Mais moi, je trouve que ça pue.

Ça pue le beigne aux couleurs des Broncos dont on veut garder les profits soutirés à chaque achat.

C'est une perspective choisie de ma part.

Ça pue le "like-moi".

mardi 17 avril 2018

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable***********Back Numbers de Dean & Britta

Chaque mois, vers le milieu, je vous entretiens d'un disque marquant de ma vie. Comme je le fais mollement pour les livres (que j'ai trop lus, vers la fin) et comme je le fais aussi pour les films (que j'ai trop vu, vers le début).

Le titre de la chronique est un hommage à 4 albums que je connais par coeur, que j'ai tant écouté que j'en connais toutes les notes, et qui font partie de mon ADN.

Par ordre de création:
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I. c'est aussi simplement moi. Ainsi que la terminaison du mot Habibi, qui, en dialecte irakien veut dire Je t'aime.

Musique, je t'aime

2008

Je suis un gros fan de Luna. Luna, c'est le band qu'a formé Dean Wareham en quittant son ancien groupe Galaxie 500. Je les avait vu en spectacle au Café Campus, dans les derniers moments de Luna. Je n'avais eu de yeux que pour la bassiste Britta Philips, d'une beauté aveuglante. Nous étions très près du band. Ce qui rendait la soirée complètement séduisante. À la fin de chaque morceau, nous applaudissions dans ce ce que nous pensions beaucoup de bruit. Mais les applaudissements cessaient toujours, laissant un moment de vide en suspension qui agaçait grandement le guitariste. Et il le laissait savoir, il comblait le silence par un "yeah" de redneck. Un peu désabusé. Le band donnait l'impression qu'il en était à son Xème spectacle avec une foule pas assez nombreuse ou enthousiaste à son goût. Dean Wareham, à la guitare et aux voix et Britta Philips, à la basse et aux voix, n'avaient pratiquement pas interagi avec le public, ni souri du spectacle.
On sentait une tension. Dans un rare moment de solidarité public, ou par simple chimie de foule, je ne sais trop, à la fin de chaque morceau, on s'était tous inconsciemment dit qu'il fallait applaudir peu longtemps, ne serais-ce que pour entendre ce que le guitariste nous sortirais dans le silence suivant. Avec un ami, on avait beaucoup ri.

Dean & Britta ne riaient pas du tout. On vivait les derniers moment du groupe Luna.

Il se saborderait effectivement dans les mois qui suivraient. Dean & Britta, un couple dans la vie, tricoteraient leur premier album solo, que j'ai vite acheté et aimé, en 2003, proposant 6 reprises de chansons (De Madonna, Buffy Sainte-Marie, Opal, Angel Corpus Christi, Silver Jews et The Doors) sur 11 morceaux.

4 ans plus tard, le duo lancerait un nouvel album. Que je me précipiterais non seulement à aller acheter, mais aussi pour lequel je me procurerais un billet pour aller voir en spectacle aussi. Dans un endroit plus petit encore de la rue St-Laurent. Au deuxième étage. Où nous n'étions pas plus de 20,. Dans ce qui ressemblait à un studio de danse, de jour. Je croyais, qu'en étant seul, je pourrais me cacher dans la foule et dévisager la splendide Britta sans avoir l'air d'un pervers animal, mais non, nous n'étions que 20, dans un lieu qui montrait beaucoup trop d'espace.
Arrivé sur place, j'avais demandé où se trouvait mon billet, acheté sur le net, ce qui avait jeté le gars de l'entrée dans la consternation. J'avais été le seul à acheter mon billet du net et personne ne s'était donné le trouble d'en produire un billet le confirmant. Mais on avait bien mon nom, et on me laissait entrer, ce qui me rendait encore moins anonyme...

On avait passé plus de 30 minutes dans une tranquillité qui ne laissait pas deviner un spectacle à venir, mais nous étions assis face à une scène (en fait, des instruments, placés là, à notre niveau, pas de scène) vide et le band était en retard. J'étais assis sur une chaise de bois, une chaise d'école. Derrière une piste de danse anticipée que personne n'osait fouler. Et que même si nous le faisions, elle paraîtrait beaucoup trop grande pour le nombre de personnes sur place.

Le band allait arriver avec beaucoup de retard, en passant par la porte d'entrée, passant derrière nous, habillée en hiver (ce l'était) s'excusait presque un à un, à nous, disant que le service au restaurant de la rue St-Laurent avait été pénible. Faisant tomber la barrière de la rock star très au-dessus de son public.

Ce serait un show très intimiste, extraordinairement intéressant. où le couple était fameusement heureux, Britta et Dean, terriblement charmants, et les 20 fans, parfaitement séduits.

Je ne suis pas resté pour l'après-show, où je soupçonne que tout le monde est allé prendre un verre avec le band, là où on aurait, cette fois, voulu le service le plus lent possible afin d'étirer la soirée.

Je ne l'ai pas fait car j'aurais été paralysé par l'effet que me faisait Britta. Je me suis contenté de réécouter leur nouvel album maintes et maintes fois. Que je vous présente today.

BACK NUMBERS de DEAN & BRITTA

Le premier morceau avait été celui avec lequel le duo avait lancé le spectacle. Entrée dans un monde sensuel où Britta produit un son étrange tiré de sa basse. Le son de la guitare de Wareham autour de 3:03 est aussi formidable.

Le second morceau rappelle les duos que travaillaient Lee Hazelwood dans les années 60 Les références de Dean & Britta sont pas mal les mêmes que les miennes. J'aime beaucoup.

Enchaîne ensuite une ballade féérique, presqu'aérienne, où Britta nous invite à aller la rejoindre au fond de la mer, là où je me promets d'être quand la fin du monde arrivera tellement le sentiment de paix et de sérénité y est extraordinaire.

La référence à Hazelwood n'était pas gratuite puisque Dean & Britta reprennent les rôles de Lee & Ann-Margaret en 1969 sur ce morceau ensoleillé.

Je ne trouve aucune référence audio ou vidéo pour la reprise de Teen Angel de Donovan qui suit alors je vous offre en hyperlien la version originale et en extra, un morceau du premier album de Dean & Britta.

White Horses est une chanson composée par Micheal Carr et Ben Nisbet en 1965 pour la série télé du même nom. Elle était alors chantée par l'irlandaise Jackie Lee. C'était devenu un hit à la radio de l'époque en Grande-Bretagne.

La chanson suivante est meublée de guitare sèche et de sons psychédéliques rappelant les effets hallucinigènes de certains barbituriques colorés. En y plaçant l'oreille comme il faut, on y entend des sons cosmiques vers la fin, me rappelant mes frères de l'espace.

Say Goodnight n'est pas non plus trouvable nulle part dans mon coin de vie, sur le net. Je vous offre donc je vous offre Dean & Britta chez les enfants.

La pièce qui suit aurait pu être tiré d'un album de Luna. La guitare électrique accompagnée de violon y est agréable et cousine du band des années 90. Dean y chante le deuil des drogues.

The Sun Is Still Sunny a la saveur du démo dans la prise du son. Britta a aussi fait l'actrice à quelques occasion, son moment le plus grand public étant dans le film Satisfaction mettant aussi en vedette Justine Bateman et Julia Roberts en 1987. Elle y jouait presque son propre rôle et n'avait alors que 24 ans. 

L'album se termine sur un morceau repris des Troggs. On y entend la mer. Dean & Britta sont marins. La mer est symbole de la liberté. Voilà pourquoi ma famille a une longue tradition de marins. Parce que la goût de la mer est une jolie maladie à attraper.

Pour amateur de musique indépendante, de Lee Hazelwood, de sensualité, de dream pop, de reprises envoutées, de tandem amoureux, de psychédélisme, de dimanche matin, de sexe marin.