mardi 12 décembre 2017

Les Sept Péchés CapiTrump

Pour une raison qui s'explique mal, la masse sait que les gens d'affaires, qu'ils travaillent à Wall Street ou qu'ils soient des requins d'un peu partout, sont manipulateurs, menteurs, avaricieux et surtout égoïste; pour une raison obscure disais-je, le public croit que ces mêmes gens ont un sens critique raisonnable et un talent suffisant pour devenir le plus influent membre au pays.

Si on met les généralisations de côté, parce qu'il est certain que bien des gens d'affaires sont de simples durs travailleurs honnêtes, on ne peut nier que de penser que les gens d'affaires soient systématiquement doués pour devenir chef d'un pays est une erreur.

Prenons un pays fictif, disons les États Suffisamment Très Intimidés. Les ESTI.
Et appelons un de ses importants hommes d'affaires, Adon Ral Krump. ARK.

Si Ark citait un jour les propos d'un personnage de film comme Gordon Gekko dans le Wall Street d'Oliver Stone qui disait "greed is good". On penserait que Ark ne se rappelle plus de la fin. Où Gordon pourrit en tôle. Parce que greed, dans la vraie vie, is not good. Greed c'est l'avarice. C'est Séraphin Poudrier qui soustrait sa gentille Donalda aux plaisirs de la vie en s'accrochant à chaque sous qui l'adore et en vivant de privation. Cachant jalousement sa fortune.

Ark ne réaliserait pas que l'avarice est cousine de la jalousie, puisque que vous ne pouvez vous compter "plus" riche si il n'y a pas "moins" riche. Donc en vous comparant. Et si vous tombez sur plus riche, vous le jalouserez. L'avarice sollicite aussi une part de malhonnêteté. Pour un bon coup d'argent qu'est-ce qu'un mensonge blanc? Des vides relations se crééront dans votre entourage si elles ne sont stimulées que par l'appât du gain.

Ark, ne réalisant toujours rien de tout ça, continuera de dire que l'avarice est bon. Si bien, que le jour où il voudra devenir chef d'ESTI, il refusera de divulguer les chiffres qui sont sur ses rapports d'impôts. Parce que la triche, ça ne se partage pas.

Supposons que le public d'ESTI fait de Ark son président. Cet homme a donc de belles qualités de leader. Ooooooh! mais on lui découvre un orgueil!  Tout un ego.

Alors qu'il est invité à un rassemblement de jeunes scouts, son ego prend soudainement le dessus. Incapable d'apathie, mais surtout incapable de digérer l'idée que sa rivale d'élection (UNE FEMME EN PLUS!) l'a copieusement battu au niveau du nombre de votes, il fera de l'occasion, supposée honorer les scouts, un événement sur sa propre personne. Il encouragera la foule à huer la rivale (absente des lieux et qui n'a rien à voir avec la situation) et à scander de l'envoyer en prison. On ne sait trop pourquoi. Peut-être pour faire oublier qu'on pourrait longuement enquêter sur Ark.
Son orgueil serait si difforme, qu'il ne mentirait pas une, pas deux mais bien 252 fois sur son compte Twitter à propos de la taille des foules lors de ses rassemblements publics où il prend voix.

Gouverner, c'est travailler pour les autres. Ark n'a pas cette qualité. Mais il doit en avoir d'autres. Il est président.

Oh! attendez! Qu'est-ce qui se pointe ici? l'envie? Avec une scolarité négligeable, existe-t-il plus fatigant que des gens qui savent faire leurs devoirs, leurs recherches et qui ont une intelligence agile que vous n'aurez jamais? Ark n'aimerait pas les journalistes. Par envie. La nature même d'un homme ou d'une femme en quête de vérité et de justice lui puerait au nez. Il ferait tout pour les chasser de son environnement. Comme un cochon voudrait chasser les mouches autour de lui. Mais les journalistes sont plus que des mouches. Ce sont des abeilles. Ils ne pourraient pas être mouches. Ce serait supposé que vous êtes fumier, si elles tournent autour de vous. Le buzz de leur présence rendrait Ark fou.

Et très souvent en colère. Et il trouvait un moyen salutaire de canaliser sa colère.
Son compte Twitter. Il intimiderait jour après jour quiconque ne suit pas le rythme qu'il ordonne. Son peuple d'abord. À coups de raisonnements douteux et d'amalgame de bas de gamme, il pourrait mitrailler des dizaines de tweets par jour, afin de faire passer sa rage de la vie. Il irait se recharger les batteries dans des rassemblements partisans, mais très tôt le lendemain matin. Tirerait dans toutes les directions. Comme si il voulait chasser un cauchemar. Des démons mentaux. Ou faire naître de nouveaux nuages. Question d'intimider. Et de faire trembler autour.

Heureusement qu'il y a les femmes pour qu'il relâche la tension perpétuelle dans laquelle il organise son jardin. Son vieil ami Howard lui ferait dire dans une revue pour hommes branleurs, que si sa fille n'était pas sa fille, Ark voudrait bien sortir avec...sa propre fille. Un exemple à la fois de vanité (elle lui ressemblerait beaucoup disons, mais en fille), et de jugement douteux. Ark dirait aussi qu'il aime bien saisir les femmes qui lui plaisent par le sexe. Même si ce n'est que la première fois qu'il la rencontre. Ou qu'embrasser sur la bouche, une femme qui vous plait, ne fait que répondre à une pulsion normale. Quuuuuuuuuuuuuuuuuoi? ça le relaxerait!  Luxure? Mais noooooooooon. 2 femmes sur 10 voteraient pour lui? peu importe, si elles ne sont pas capables d'endurer un peu de misogynie toute simple, de sexisme ordinaire, à quoi servent-elles?

Mais Ark aurait des qualités, sinon pourquoi serait-il élu président?

On inventerait bien des choses ici ou là dans les journaux pour le prouver. Il ne peut pas avoir tout faux tout le temps. Et question de faire dévier les eaux contraires, Ark lancerait toute sortes de choses ne faisant pas de sens, très souvent par ignorance, par ouïe-dire, trop paresseux pour tenter de valider les infos ailleurs. On raconterait tant de choses par paresse intellectuelle que plusieurs des propos viendraient se retourner contre Ark.
De moins en moins enclin à faire face à ses responsabilités, 22% de son temps serait consacré au golf. Un sport de corporate shit. Un faux sport. Un refuge crasse. Son ignorance serait importante car elle nourrirait l'ignorance des gens d'ESTI. Et il compterait beaucoup sur la leur pour faire passer ses histoires, bien souvent inventées.

Chez les gens hallucinés, rien de mieux qu'un peu de pyschédélisme avec le vrai.

Et pour terminer ses dures et longues journées, on irait se sustanter dans le plus grand des buffets. Même le ventre plein. On prendrait un accord réglé il y a longtemps entre trois pays, on se plaindrait d'un déficit réel avec un de ses pays, mais relativement mineur, et on inventerait complètement un déficit avec l'autre, alors que les chiffres réels disent le contraire. Mais dans des assiettes trop pleines, on ne remarque pas toujours les épices. On voudra tout manger. Les yeux fermés. Quand on se pense affamé, on se commande toute les crèmes glacées. Et on laisse fondre celles qui ne veulent plus entrer dans le gosier.

Quelqu'un de sage a déjà dit que mourir c'était arrêter d'avoir faim.
C'est vrai.
Je rajouterais que manger le ventre plein, c'est faire mourir les autres.

Peut-être que là, seulement là, les gens comprendraient que de mettre un tel homme (d'affaires) au sommet de la chefferie d'un pays serait une grave erreur.

Mais heureusement, j'invente tout ça.

lundi 11 décembre 2017

Traquer

La ligne est devenue extraordinairement fine entre la persévérance et le harcèlement.

Dans ma conception de l'être humain de votre planète, le harcèlement a toujours été un crime. Comme le cancer, une maladie. Parfois bénin, parfois malin.

Mon propre historique de harcèlement se limite à 1985. Où étais-ce 1984? Peu importe. Je fréquente l'école secondaire et pour la deuxième année de sa vie seulement, l'institut scolaire accueille des filles dans ses classes. Le réflexe parental  d'y inscrire sa fille de 12-13-14 ans est donc assez nul encore. Sur 5 classes, chacune ne contient que 4 filles. Une seule en compte 5. On l'appelle la classe chanceuse parce que trois de ses 5 filles sont particulièrement jolies. Nous sommes dans un bain de testostérone, la puberté nous habite de partout, mêmes les filles les plus ordinaires, on finit par leur trouver quelque chose.

Dans la classe de 5 filles, il y a Elsa. Unanimement, elle est élue par tous comme la plus jolie des filles. Sans rivales. Dans cette école, à l'ère pré-Facebook, on a un album tous les ans. Un répertoire avec photos, identifiant tous les élèves de tous les grades, mais qui indique aussi les adresses et # de téléphone de tous et chacun. C'était mal songé. On attendait impatiemment cet album et lorsqu'il arrivait, un mois plus tard, en automne, on le scrutait, les filles mettant un coeur aux côtés des gars qu'elles trouvaient intéressant (elles avaient de nombreux choix), les gars, tentant de mettre un nom sur un visage et surtout, ayant maintenant les armes pour tenter une approche: des coordonnées pou rejoindre la fille intéressante.

Je n'avais pas osé le téléphone. Je remarquais que la belle Elsa habitait tout près de chez moi. Sur la rue St-Amable. En ligne droite avec le Grand Théâtre, à Québec. J'avais tout simplement pris mon vélo, un samedi après-midi et m'était rendu sur place. Pas à sa porte (C'était un édifice à logement). Sous sa fenêtre. Pas pour jouer au Roméo. Plutôt pour tenter de provoquer un moment "spontané".

Pathétique.

Mais ça avait marché. Après avoir fait quatre ou cinq fois la même rue en vélo, en espérant que sa tête sorte par la fenêtre (elle habitait le dernier étage du bloc), elle était apparue dans l'embrasure, un grand cadre pouvant accueillir tout son corps de 5 pieds. Elle s'y étais assise. Sa couette blonde lui tombant sur le coin d'un oeil. Belle comme c'est interdit dans le rayon de soleil de fin d'après-midi. Je l'avais tout à fait vue. Elle aussi, me voyait tout d'un coup. Et sans hésiter, elle me disait, sur mon vélo de Jacques Tati, "Hey". Je feignais la surprise pour lui dire "salut". Sans m'arrêter au pied de sa fenêtre. Sabotant ma propre mise-en-scène bidon. Roulant dans le vide pour toujours.

C'est tout ce qu'on échangera jamais entre Elsa et moi. Un "Hey" suivi d'un "salut", sans aucun suivi à l'école. Je quitterais cette école un an plus tard de toute manière. C'est mon histoire de harcèlement.

Bénin.

On appellerait cela de nos jours "stalker". Pourchasser. Harceler. Mes ados utilisent souvent la version anglo "stalker" (staw-ké). Traquer. Ils en parlent avec légèreté entre ami(e)s. Dans leur bouche c'est aussi bénin.

Et pourtant...

Quand l'internet est né, quand Facebook est né, se sont ouvert des paradis pour les harceleurs. Rien de plus facile que googler en images quelqu'un. Je le fais occasionnellement pour des gens que j'entends à la radio. Isabelle Ménard? il me semble que je connais ça: google image, ah oui! c'est bien elle que j'avais en tête. Françis Ducharme? pas mal comme comédien à la radio, c'est qui donc? je le connais?: Google image, ah ben non, je ne savais pas c'était qui. Maintenant je lui connais la bouille.

On s'étonne du nombre de harceleurs coincés de nos jours, mais ils n'avaient pas besoin d'attendre un bottin scolaire pour y faire du repérage. On avait bâti la route, offert les outils.

Mais le harcèlement peut aussi être psychologique.

Chaque matin, , au moins 5 fois par semaine, à la radio, dans une atmosphère bon enfant, Vincent Gratton rigole autour de son tweet quotidien qui est toujours le même, envoyé à Justin Trudeau qui dit ceci:
"Monsieur Trudeau, vous engagez vous à mettre en place des règles pour stopper la fuite des capitaux canadiens vers les paradis fiscaux?".

La cause est noble, légitime, vraie, il est nécessaire de stopper les paradis fiscaux, mais c'est aussi demander aux renards de ne plus être renards. Ça ne se fera pas de sitôt. Et le moyen qu'utilise Vincent est celui du harceleur.

Bénin, mais harceleur tout de même.

Et comme pour nous rappeler le moteur mental de Gratton, dans le jingle qui l'annonce en ondes on l'entend dire "Pour moi c'est une OB-SES-SION!"

Chaque fois je ne peux complètement rire.

J'y vois ombre. Inconfort.

Il y a un drôle de corridor en tout cas.

Et presqu'aussi malsain qu'un paradis fiscal.



dimanche 10 décembre 2017

Rainer Werner Fassbinder

Cette année marque le 35ème anniversaire de la mort précipitée de l'Allemand Rainer Werner Fassbinder. Il aurait eu 71 ans, le 31 mai dernier. Il n'avait donc que 37 ans.

Prétendre que Fassbinder était un hyperactif, un boulimique, est un euphémisme. En seulement 13 ans, il a tourné 40 films, séries télé, a écrit de nombreuses pièces de théâtre et adapté un paquet d'autres.

On peut légitimement se demander ce que RWF aurait fait d'un autre 35 ans de vie.

Ou peut-être est-ce évident. Fassbinder était un homme de son époque (les années 60-70). Il était complètement habité par la défunte RFA et la filmait sous tous ses angles. Il a toujours accusé son Allemagne de ne jamais avoir exorcisé ses démons Nazis. Les éléments nazies de la société allemande lui apparaissaient de partout en politique et en affaire.
Mais la survie de Fassbinder dépendait exclusivement de ce gouvernement des années 70. Les programmes de subventions gouvernementaux étaient généreux pour lui. Il avait réussi à se négocier de multiples salaires pour chaque chapeau qu'il portait: réalisateur, scénariste, producteur, comédien, directeur photo, compositeur musical, sélectionneur de musique. Il était très critique de l'Allemagne de l'Ouest, ce qui a rendu son cinéma impossible à aimer populairement, parce que trop hostile, mais intensément sexuel aussi, tout sexe confondu, ce qui l'a rendu populaire de manière underground. Commercialement, ses films ne rapportaient rien, ou presque.

Quand Helmut Khol est arrivé au pouvoir , il a aussitôt fait disparaître cette aide aux artisans du cinéma. Rainer n'aurait pas eu le choix que de verser, ne serais-ce qu'un peu, dans le cinéma commercial. Et payant.

Je me demande comment ses oeuvres passées aurait parues dans une somme plus substantielle. Je crois déjà préférer la carrière qu'il a eu que celle qu'il aurait pu avoir.

Il était un enfant sauvage, abandonné dans les salles de cinéma enfant par une mère monoparentale qui devait travailler. RWF pouvait voir jusqu'à 4 à 5 films par jour. Plus tard, il tournerait 4 à 5 films, par année. Jeune délinquant juvénile, il se découvre homosexuel adolescent. À 15 ans, il laisse tomber l'école. Il veut trop faire autre chose. C'est en retrouvant son père, un docteur cultivé, qu'il s'initie au théâtre, la littérature et à la poésie. Il prendra des cours de théâtre entre 1964 et 1966. Il y fera la rencontre d'Hanna Schygulla, qui le suivra/le survivra toute sa vie.

Pour entrer à la Berlin Film School, il signe un film en 8 mm que François Ozon adapte en 1999.  Excessif, il en soumet trois au lieu d'un seul. Il sera refusé. Il fera quand même plusieurs court-métrages, financé par un amoureux, aspirant acteur en retour de rôle dans ses films. Il sera très actif comme comédien de théâtre vers la fin des années 60.

Contrairement aux autres cinéaste du nouveau cinéma allemand, Schlöndorff, Herzog ou Wenders, le cinéma de Fassbinder aura toujours une lourde (pour plusieurs) empreinte théâtrale. Mais comme il comptait toujours sur des budgets faméliques, l'idée de peu de décor le servait bien.

Débauché du milieu de la Baader-Meinhof et du nouveau demi-monde politique gay, vivant une vie carnavalesque d'excès de toute sorte, son entourage devait s'attendre à beaucoup d'intensité mal calibrée autour de lui. Plus près du cruel monstre que de l'humain, il a mené deux amants au suicide. Un brin narcissique, il était son propre chef d'oeuvre et son propre portrait de Dorian Gray.

Mais dans son déluge de films, plusieurs valent le coup d'oeil. Le Marchand de 4 Saisons, Les Larmes Amères de Petra Von Kant, Fox & Ses Amis, Tous Les Autres s'appellent Ali, Les Dieux de la Peste, Pourquoi Mr R. est-il Atteint de Folie Meurtrière?, Prenez Garde à la Sainte Putain, Le Mariage de Maria Braun, Lili Marleen, Veronika Voss.

Je me promets un jour de peut-être visiter ses 15 heures de série télé Berlin Alexanderplatz.
(pas d'un seul coup, pardi!)

Il a même tâté (pour la télé, toujours) de la science-fiction en 1973.

On a lancé sa série sur la classe ouvrière de 8 heures, Eight Hours Are Not a Day, le 28 août dernier en vidéo. Qu'on dit Fassbinder "à son plus écoutable".

Inimitable, parfois intolérable, très certainement phénoménal, Rainer Werner Fassbinder, homme malade sans le savoir, meurt de l'absorption d'un cocktail cocaïne/barbiturique en 1982.
Excessif jusqu'à extinction.

Laissant, étonnamment, beaucoup , beaucoup, beaucoup, beaucoup découvrir.

Comme ce film que j'ai écouté mercredi dernier.
Et cette série de sci-fi que je cherche ici et là.

samedi 9 décembre 2017

Jerusalem

"Celui Qui Contrôle le Passé, Contrôle le Futur"
-G.O.  

Les coalitions du Likoud de Benyamin Nethanyaou ont contrôlé la présente nation israélienne depuis si longtemps qu'il est presque futile de tenter de retrouver un passé juif qui ne soit pas artificiel.

Donald Trump a jeté un nouveau pavé dans la mare. Chaque jour son point de discorde.

Il a déclaré Jerusalem, nouvelle capitale d'Israël et dans 6 mois fera déménager l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à  Jee-roo-za-lemme.

Là où il y a le feu, Trump a toujours sa canne d'huile, toute prête.

Depuis, les jours sont devenus des jours de rage en Palestine. On prépare la Troisième Guerre Mondiale. Chaque jour son drapeau des États-Unis brûlé. En établissant Jerusalem comme la capitale d'Israël, on revient 70 ans derrière, on fait fi de du consensus international voulant que la ville soit partagée et on met un terme à un projet de paix entre Palestinien et Israëlien.

Les Nations Unies, en 1947, avait envisagé Jerusalem comme une ville internationale séparée. Mais la guerre qui a suivi  la déclaration d'indépendance l'année suivante a complètement divisé la ville. La ligne d'armistice de 1949, appelée la ligne verte car elle avait d'abord été tracée et présentée de la sorte, a vu Israël prendre le contrôle de la moitié ouest, tandis que la Jordanie a gardé le contrôle de la partie Est. Qui inclut Jerusalem.

Mais suite à la Guerre de 6 Jours, Israël a mis le pied à Jerusalem. Et l'occupe depuis. La contrôle. Fin mai, début juin, on fête "Jerusalem day". Bien que la communauté internationale palestinienne voit Jerusalem Est comme étant la capitale d'un futur État palestinien.

Avant 1980, plusieurs pays y avaient des ambassades, comme les Pays-Bas et le Costa Rica. Mais en juillet 1980, Israël a déclaré Jerusalem comme sa capitale, ce qui a été une annexation non reconnue et aussitôt condamnée par les Nations Unies. Jugé comme une claire violation des lois territoriales internationales.

Peu à peu, les ambassades ont quitté le territoire, devenu un brûlot où les bombes sautent au gré du vent. En 2006, Le Costa Rica et le Salvador sont devenues les deux dernières ambassades à quitter Jerusalem afin de s'établir à Tel Aviv. Ils sont actuellement 86 ambassades étrangères à Tel Aviv et aucune ne se trouve à Jerusalem.
Quelques pays y maintienne un consulat, dont les États-Unis, mais ils se trouvent dans la partie Ouest de Jerusalem. Seuls la France et la Grande-Bretagne y ont un siège dans la partie Est.

L'ambassade des États-Unis n'a jamais été ailleurs qu'à Tel Aviv. La résidence se trouvant à Herzliya Pituach, à 30 minutes, au Nord de Tel Aviv.

Mais dès 1989, Israël a commencé à louer une partie de terrain à Jerusalem dans le but d'y placer une nouvelle ambassade. Il s'agit d'un bail de 99 ans, leur coûtant 1$ par année, et depuis 1989, cet endroit est un espace vide et on y devine le squelette de quelque chose. D'un monstre, je crois.

En 1995, le congrès des États-Unis  a passé une loi voulant que l'ambassade passe de Tel Aviv à Jerusalem. Après tout, Israël avait perdu 6$ de location de terrain pour rien. Fallait arrêter ça.

Bill Clinton, George Wach! Bush et Barack Obama ont tous décliné l'idée de déménager l'ambassade. Au nom de la sécurité nationale. Chaque mois, quand le lobby pro-israélien revenait avec le projet, les présidents utilisaient leur droit discrétionnaire afin de passer par dessus.

Quand on eu vent que Trump serait plus irresponsable, le président Mahmoud Abbas s'est tourné vers Vladimir Poutine et le roi jordanien Abdullah afin qu'ils mettent de la pression sur l'imbécile d'Amérique et change d'idée. Le PLO (Palestine Liberation Organization) a rallumé le rond de poële. La marmite fait bouillir la résistance.

6 mois de haine ont repris vie.

Merci, Dummy.

Mike Pence, vice-président des États-Unis, devrait s'y rendre prochainement. J'espère qu'il a une bonne assurance vie.

C'est exaspérant de penser que l'extraordinaire puissance militaire qu'Israël a amassée ne lui donne pas le courage de surmonter ses propres peurs et son désespoir existentiel en faisant un pas déterminant menant à la paix.

Mondiale.





vendredi 8 décembre 2017

Tintin en Chine

L'équipe de Justintin Trudeau a encore fait preuve d'un brin d'inexpérience.

Ils avaient pourtant fait leurs devoirs. L'équipe de Trudeau avait consulté, depuis début 2017, plus de 600 consultants d'affaires, principalement d'origine chinoise, ou qui ont déjà beaucoup commercé avec la Chine. Le rapport sur ces consultations sont même disponibles sur le net. Et quiconque les lit, y trouvera des centaines de pages de bémols. De la part de gens qui ont fait affaire avec la Chine depuis longtemps. Faire affaire avec la Chine, c'est compliqué. Vous faites affaire avec des gens qui accordent une valeur démesurée à la hiérarchie, ce qui est très peu cultivé chez nous.

Donc dès le départ, le Canada, ce n'est pour eux qu'une succursale des États-Unis. Les États-Unis de Donald Trump. Et comme on ne s'entend déjà pas avec Trump sur des accords de libre-échange, comment voulez-vous que la Chine prenne le Canada au sérieux pour des échanges commerciaux?

Le régime en place ne correspond en rien aux valeurs de chez nous.

Dans une émission d'humour à la radio, on faisait dire au président chinois, sur un ton ironique, le lendemain de la victoire de Trump aux États-Unis:

"Et vous vous demandez pourquoi on ne laisse jamais notre peuple choisir son président?"

Si le président chinois à la radio était un personnage joué par un comédien Québécois, ce que suggérait le gag était vrai. Le peuple chinois n'a rien à dire sur ces élus. Il obéit. Dans la hiérarchie.

Mais la Chine a-t-elle besoin du Canada ou le Canada a plutôt besoin d'une soupape en cas d'assassinat de libre-échange avec les États-Désunis?

Ce qu'on peut lire dans les médias chinois (contrôlés par le parti communiste), est que le Canada souffre d'un complexe de supériorité et de narcissisme, et qu'il n'existe (à leurs yeux) que dans l'esprit d'une colonie des États-Unis, qui ne s'entend même pas avec ceux-ci de toute manière.

On a même dit que "si vous êtes si fort, Canada, pourquoi vouloir tant faire affaire avec la Chine? Si vous voulez vraiment faire de la business avec nous, commencez par faire taire vos vulgaires médias."

Donc dès le départ, la presse libre, NOTRE presse libre, est une embûche pour les Chinois. Faire affaire avec des gens qui vont la commenter? Pas question.

Ce type de condamnation chinoise de la liberté d'expression n'est pas nouvelle. Ils ont traité l'anglaise BBC de "dégueulasse station" et s'es est aussi pris au Washington Post.

On s'attaque donc à Trudeau, en visant les médias qui le couvrent, mais d'autres pensent aussi que ce que raconte les médias, dans ses chroniques d'opinions, sont les réelles visées du Premier Ministre, puisque de leur point de vue, ce qui se raconte dans les médias est TOUJOURS contrôlé par le parti.

Que ce soit l'un ou l'autre, ça gêne beaucoup la Chine. Cette "indiscipline" des médias. Tout comme leur absence de considération pour le simple droit humain nous affole. Ce que Trudeau tâte, peu à peu, c'est un mariage contre raison. Avec un peuple qui a assez peu en commun avec le nôtre.

La Chine ne respectait en rien Stephen Harper. Ce qui n'était pas anormal, il était irrespectable. Si on a accueilli (deux fois) Justin, c'est surtout pour son nom de famille. Son père, Pierre Eliot, avait été salué avec respect Mao avant même de reconnaître les États-Unis de Nixon. La Chine s'en rappelait.

Si la première rencontre était l'accueil d'une étoile dans le firmament. Le dernier séjour à tout simplement remis les pendules à l'heure. On a normalisé les relations. Le Canada n'est qu'une graine dans la plage mondiale pour la Chine.

Plusieurs ont dit que Trudeau revenait bredouille de la Chine. Sa mission économique a peut-être débuté, justement comme une mission économique, mais s'est transformée en "exploration" pour un possible libre-échange. Ça fait un peu junior.

Mais ce qui fait traîner le voyage dans l'ombre de l'inefficacité, c'est aussi que les Canadiens John Chang et Allison Lu sont détenus en Chine depuis mars 2016. Pour avoir sous évalué (volontairement) la valeur du vin qu'ils exportaient en Asie (Ils sont vignobles en Ontario et en Colombie-Britannique). Alisson Lu a été libérée après qu'une caution eût été payée mais n'a pas le droit de quitter la Chine. Chang est toujours en prison et ne peut communiquer avec sa fille, au Canada, que par l'intermédiaire de son avocat.

Plusieur pensaient que Justin serait en mesure de revenir avec Chang & Lu.

Et ben non.

Tintin en Chine, c'était pas une super mission.

jeudi 7 décembre 2017

Faisait-il Trop Chaud?

Le samedi 20 octobre 1973, a été appelé, aux États-Unis, le massacre du samedi soir en politique Étatsunienne.

Richard Nixon est président des États-Unis. Depuis le 17 juin 1972, on enquête sur l'entrée par effraction et les arrestations de 5 hommes, républicains, en train d'installer des micros dans le Watergate, qui abritait les bureaux de membres du parti démocrate.

Le député procureur Eliot Richardson, créé un poste de procureur spécial, puisque la situation pourrait impliquer le Président lui-même, ce qui relève de l'extraordinaire. Archibald Cox sera ce procureur spécial. Seul Richardson devait avoir droit de vie ou de mort sur Archibald Cox. Il pouvait le démettre de ses fonctions si Cox commettait de grossières inconduites ou se rendait coupable de graves malfaisance envers sa tâche.

Cox a demandé à Richard Nixon de lui livrer les enregistrements qu'il avait en sa possession, car tout le monde savait qu'il était obsédé des enregistrements.  Nixon a refusé. Cox a donc dû l'exiger par Subponea. Nixon, malsain jusqu'au bout a suggéré de le faire à la condition que ce soit le sénateur John C.Stennis, réputé pour être très dur d'oreille, qui écoute les dits enregistrements. Quand Cox a rejeté sa demande, Nixon a exigé de Richardson qu'il limoge Cox de son poste. Richardson a refusé et a préféré se démettre lui-même de ses fonctions, plutôt que de plier à sa demande. Nixon s'est donc tourné vers son procureur général, William Ruckelhaus, de limoger Cox, ce qu'il a aussi refusé de faire, préférant lui aussi démissionner.

Il faisait trop chaud pour Nixon. Il a finalement fait rédiger une lettre qui limogeait Cox par le solliciteur général des États-Unis, Robert Bork.

Un mois plus tard, un juge fédéral statue que tout ça est largement illégal et non justifié. Pour la première fois depuis les arrestations de 1972, le public souhaite en majorité une possibilité de destitution du président Nixon.

Deux semaines plus tard, il démissionne dans le déshonneur.

Faisant trop chaud.

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L'ex-patron du FBI, James Comey a commis un tort irréparable aux Démocrates l'an dernier, en sortant dans la semaine finale des élections présidentielles, pour parler d'une enquête (bidon) sur les courriels d'Hillary (non, c'était sur les courriels de son assistante Huma Abedin et de son mari)et ainsi faire pencher  les indécis du côté des républicains. Ce fût fatal. Erroné sur bien des niveaux, mais l'ignorance commençait à installer ses lourds sabots.

Par la suite, ça s'est gâté. Comey a voulu faire son devoir de boss du FBI et quand les soupçons d'interférences russes ont été soulevées, il a placé ses yeux sur ces possibles interférences, ce qui a vivement déplu à Donald Trump. Quand Trump lui a conseillé de ne pas insister avec ses questions, Comey a préféré garder le silence. Son devoir le lui recommandait. Trump n'aime pas le silence autour de lui. Et il sait quand il triche. Et quand ça sent le roussi. Ça commençait vraiment à trop sentir le roussi et il a limogé Comey en donnant les explications les plus vagues qui soient.

Maintenant que Micheal Flynn a plaidé coupable et collabore pleinement avec le FBI (et son nouveau patron), Donald a vite tweeté qu'il savait que Flynn avait menti au FBI sur ses relations avec les Russes. Puis, il a prétendu qu'on avait tweeté en son nom et il a fait son habituel bouillon de confusion afin que tout le monde ne suive plus rien de pertinent sur le sujet qui le place tout de même dans une possible situation d'obstruction de la justice.

Fait chaud pour D.T.

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Comment fait-on pour être suspendu avec solde? C'est un rêve secret pour tous, je le sais. N'y a-t-il pas plus beau cadeau que de recevoir de l'argent pour rien?

Ce sera le cas de l'ancien chef d police de la ville de Montréal Phillippe Pichet, un homme beaucoup moins corrompu que mou. La police protège toujours la police. C'est un clan. Vous êtes deux coqs dans la même sphère? si vous apprenez que tous les deux êtes de la fratrie, toute tension sera effacée. Ça fonctionne comme ça chez les cochs. Pichet est de cette école. Certains policiers ont eu des traitements préférentiels. Il y a eu des inconduites. Nombreuses absences de sanctions. Bâclage. On suspend Pichet de son titre municipal et on le remplace par le boss du clan adverse de la police, l'autre police, provinciale celle-là. Celle à la plus grosse sacoche.

Vous ne trouvez pas plutôt bien synchronisé ce remplacement alors qu'on se rapproche dangereusement de Jean Charest?

Il y a moins d'un mois, on apprend que Marc Bibeau et Jean Charest se sont appelés au moins 540 fois. On apprend que Bibeau n'est peut-être pas propre. On regarde dans ses affaires et le nom de Johnny C. est partout. Charest sue la nuit. Il ira donc au congrès du Parti Libéral une semaine plus tard. Et tentera gauchement d'ironiser sur l'UPAC et cassera du sucre sur le très large dos des médias.

Deux semaines plus loin, la tête de Pichet roule au sommet de l'UPAC.

Ou si vous préférez, il est payé à ne plus rien faire (le chanceux).

Ce qui ne cuit pas pour nous, laissons-le brûler dit un vieux proverbe provencal.

Ne ressent la braise que celui qui a le pied dessus dit aussi un proverbe tunisien.