mercredi 26 avril 2017

PRAF

Plus Rien À Foutre.

C'est un sentiment à l'égard du monde politique qui est maintenant devenu mondial.

On a marqué l'histoire en France dimanche dernier en liquidant au premier tour les deux grands partis (Républicains et Socialistes) pour la toute première fois de l'histoire du vieux pays, en y laissant deux nouveaux modèles entre lesquels choisir d'ici deux semaines: le parti du centriste Emmanuel Macron "En Marche" et le parti du front national de Marine Le Pen.

C'est énorme. C'est un peu comme si on avait éliminé Républicains et Démocrates aux États-Unis. C'est un peu comme si, au Québec, on avait éliminé Libéraux & Péquistes et qu'il ne restait plus qu'à choisir entre Québec Solidaire et Les Soldats d'Odin. J'exagère un peu dans ma comparaison puisque que le parti de Macron a peu à voir avec Québec Solidaire, se disant ni à gauche, et ni à droite, mais je n'exagère pas tant que ça quand je fais référence aux Soldats d'Odin en parlant du parti de Le Pen.

La triste blonde a bien atteint le second tour, mais il faudra maintenant s'assurer de la liquider durement à son tour d'ici le 7 mai.

Quand un déséquilibré à tué un policier la semaine dernière avant d'être lui-même rayé du monde des vivants, tout juste quelques jours avant le résultat du premier tour d'élection, les leaders avaient tous la chance de se placer dans les souliers du Président qu'ils auraient été dans leur déclaration publique à la nation (et au monde) sur le sujet. Le Pen s'est plantée.

Elle a tout de suite annoncé qu'il fallait expulser tous les fichés S étranger du pays. Un fiché S, est une branche du fichier des personnes recherchées créée en 1969. Dans le fiché S on retrouve les personnes ayant fait l'objet de recherches pour prévenir des menaces graves pour la sécurité publique ou la sûreté de l'État, dès lors que des informations ou des indices réels ont été recueillis à leur égard. La définition menacer la sûreté de l'État est assez floue pour pouvoir ratisser très large. Et prête alors à toute les dérives. La déclaration de Le Pen était non seulement radicale, injuste et sans nuance, mais elle allait aussi être complètement hors propos. L'assassin du policier était un Français n'ayant jamais mis le pied hors du pays, et pas du tout fiché S ce qui rangeait Le Pen dans les voix peu importantes aux lendemains de l'attentat. Mais la rendait surtout loufoque aussi.

De plus, tous les fichés S ne le sont pas pour terrorisme, ce qui rendait ses propos plus absurdes encore. Plusieurs le sont pour désintox entre autre. Et c'est absolument de cela que la France doit se guérir. De la désintoxication du front national.

C'est un écoeurement politique qui a été déclaré dimanche dernier, un vote contre la corruption ordinaire, banalisée de la politique française, qui ne passe plus comme un chèque à la poste ou un droit acquis. Mais c'est aussi un flirt avec le danger. L'appui d'un voteur sur 5 dimanche au parti de Marine Le Pen a été reçu en général comme quelque chose d'attendu, mais il ne faut pas oublier que c'est aussi aberrant et nettement épeurant. "La France aux Français" scande-t-elle. Ah oui? Elle est à qui en ce moment? Aux terroristes? Comme le dernier Français qui a tué ce policier quelques jours avant les élections? Le discours du front national c'est celui du rejet et du repli identitaire s'appuyant sur la préférence nationale. Vous voyez le nettoyage ethnique dans le texte?

Liberté, préférence pour les Français d'origine, fraternité si tu n'es pas fiché, l'étranger.

Macron aura besoin d'une coalition, mais que se passera-t-il quand tous ceux qui ont été rejetés, les vieux des vieux systèmes se rangeront derrière lui? Est-ce que les voteurs diront "Ben justement! on ne les voulait pas! on ne supportera pas ceux qu'ils supportent maintenant, pardi!"  

Benoit Hamon (du parti socialiste) Cécile Duflot, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Alain Juppé, Xavier Bertrand, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon  ont tous manifesté leur support public à Macron. L'unanimité médiatique est aussi majeure autour de Macron. La France nous prépare-t-elle un Trump?

Les nouveaux appuis pourraient-ils nuire à Macron? Je crois le peuple français pas aussi con.

Mais l'intérêt autour de Le Pen nous laisse tous croire un peu le contraire aussi,

Plus rien à foutre, c'est bien joli, mais faut aussi construire,

Pas juste lancer des cocktails molotovs aux dirigeants en place.

Ça ce serait de la simple inertie habillée de rage improductive.

Construire des ponts a toujours été mieux que bâtir des murs.

Dans toute les sphères de la vie.

mardi 25 avril 2017

Inénarrable Nationalisme

J'étais assis dans le divan, avec ma fille, devant un match qui allait être disputé entre Toronto et Washington, quand elle me demanda où avait lieu le match. La réponse est arrivée spontanément avec l'image:

"Quand tu vois inutilement des soldats sur la patinoire, tu sais que c'est aux États-Unis".

"Pourquoi ils mettent toujours des soldats comme ça?"

"Parce que les États-Unis ont toujours le besoin de s'aveugler un peu et de se convaincre eux-même que leurs soldats défendent leurs pays héroïquement. La vie est une bataille pour eux et ils aiment se le rappeler. Ils aimerait bien qu'on voit leur soldat comme des héros, mais les vrais héros n'ont jamais besoin de se rappeler aux mémoires, des gens, ils sont des héros, c'est tout."

"...et les deux filles à côté, c'est qui?"

"...des...des plantes de jardin...des filles que tu ne seras jamais j'espère. Des simples corps biens balancés pour faire décoration."

Tout était si loin de nos valeurs à l'image, on se serait cru dans un pays étranger, tellement loin du nôtre. Et pourtant, on est aussi américains qu'eux. Et tout juste voisin. Mais ce type de nationalisme nous est heureusement extraordinairement risible, ce que le déploiement du drapeau n'aura pas toujours été.
En croisière, début janvier, nous quittions Fort Lauderdale et le long de la rive, nous longions de riches maisons de Floride. Des badauds sortaient pour nous envoyer la main. Une femme, sur une luxueuse propriété, où il était facile d'y laisser traîner nos yeux, tellement l'endroit était chic, nous envoyaient la main, accompagnée de ses trois chiens. Soudainement, elle est entrée à la course. Un téléphone qui sonnait, ou quelqu'un à la porte avant, nous disions nous. Et bien non! elle est resortie en trombe pour nous brandir un drapeau des États-Unis qu'elle faisait passer de gauche à droite. Ce qui a fait exploser de rire le groupe de Québécois que nous étions.

"Ah Bon! je suis rassuré! je me pensais au Salvador!"
"C'est pas le drapeau de la Malaise, ça?"
"Non c'est le drapeau du Liberia!"

Nous, (les Québécois) étions les seuls à nous amuser de la chose. Le ridicule ne gagnait pas les autres passagers, majoritairement canadiens anglais. Ils avaient même de la difficulté, tous près, à comprendre ce qui nous faisait tant rire de la connerie de brandir un drapeau de la sorte. Comme si on devait soudainement être ému, fier, sinon touché positivement du geste. Surtout pas! Et le Canada, depuis Harper, a emboîté le pas, distribuant les drapeaux du Canada gratuitement sous son règne, comme une compagnie de kleenex le ferait par propagande marketing. Voilà la conclusion à laquelle nous sommes venus quand on a vu nos voisins canadiens ne pas réagir au ridicule de madame de la même manière que nous. Ça ne nous dérangeait pas davantage puisque le Canada, pour plusieurs d'entre nous, nous est aussi très étranger.

Les États-Unis, avec une maturité digne d'un enfant de 7 ans, ont ranimé les tensions avec la Corée du Nord qui aime, elle aussi, joueur au coq dans le poulailler mondial.

Ça m'a donné envie de relire la (savoureuse) bd graphique de Guy Delisle Pyongyang. 

Avec beaucoup d'humour, et de très adéquates observations, Delisle, excellent bédéiste, nous raconte son passage en Corée du Nord, alors qu'il travaillait à retoucher des films d'animation pour une grande chaîne de télé française.

Il nous fait le portrait de ses hommes qui ne sont que des ombres, les Nord-Coréens, lourdement endoctrinés dans des fabulations complètement absurdes sur la dynastie Kim, sur laquelle sont inventées des histoires qui font passer les menteries de Donald Trump comme de la petite bière.

Un exemple? Kim Jong-Il (de la lignée du rond dingo en place) aurait frappé 11 trous d'un coup à son tout premier 18 trous de golf. Ils le croient aveuglément. Ils croient que tout, tout, tout, tout est né de la dynastie des Kim. Le savoir, l'intelligence et l'équilibre mondial aussi. Et que tout le mal du monde naît du capitalisme. Un "guide" et un "traducteur", autres mots pour "espion" accompagne en tout temps l'étranger qui ne peut qu'être de passage. Le guide oblige l'étranger à faire des visites de tous les musées bidons qui inventent des divinités autour des Kim. Tout est ramené aux Kim. Celui qui n'a pas son badge avec la tête d'un des Kim dessus est aussitôt envoyé en camp de rééducation. Le brainwashing est total.
Les handicapés sont inexistants. Quand on leur pose la question où sont ils passés? on explique le plus sérieusement du monde que la race du Coréen du Nord est si parfaite que les handicapés n'existent pas. Le ridicule est de partout et Delisle s'en amuse avec nous. Il a par ailleurs apporté avec lui le livre 1984 de George Orwell dont l'univers évoque directement celui de la Corée du Nord et lorsque Delisle le prête à son guide qui aime bien la lecture et veut apprendre l'anglais, celui-ci le lui redonne en disant que ce n'était pas pour lui (traduction: que les idées décriées dans le livre étaient dangereuses pour sa sécurité si rendues publiques). La grande question qui en ressort est: "sont ils naïfs à ce point ou prétendre l'être pour assurer leur survie et leur avancement sociétaire?".
Le tiers des Coréen du Nord se nourrissent grâce à des programmes d'alimentation internationaux. 200 000 Nord Coréens seraient aussi décédés de la famine au début des années 90, mais ce type d'anomalies démographiques seraient, bien entendu, caché au peuple. Les enfants et les prisonniers du gouvernement qui travaillent en tout temps (comme ramasser les déchets les samedi sur les terrains publics ou arroser d'eau les gazons) sont appelés des "volontaires". Ceux qui volent des fruits dans les arbres fruitiers "des gens qui ont de drôles d'habitudes". La vérité réinventée, ça a été créé au Nord de la Corée (lourdement inspiré de l'ami Russe). Donald est trop ignorant pour savoir qu'il doit tout à la manière Nord Coréenne.

Mais devrais-t-on les craindre, vraiment?

Ces gens sont mentalement vaporisés.
Un peuple d'enfants, nourris de balivernes.

Reste qu'on avait pas de raisons d'avoir peur non plus des anciens alliés saoudiens.

Je ne voudrais pas habiter Vancouver quand même.

Ils sont, il me semble, trop près des États-Unis et dans l'angle d'un tir nucléaire tout croche de la part de la Corée du Nord.

Pays au nationalisme parfaitement déséquilibré à la relecture de la très amusante BD de Guy Delisle*.

Comme les États-Unis le deviennent en ce moment.

Que le Canada le devient peu à peu.

Et qu'un certain Québec...bah!

J'ose croire qu'on se respecte davantage.

*Que je vous recommande chaudement, toutes ses BD se lisent souvent en une seule soirée!

lundi 24 avril 2017

Des Chiffres et Des Lettres

(à H.L.)

"LES GOULES!!!"

Duke & Fran ne se contenaient plus! Ils étaient en voiture, en route pour un spectacle de réunion des Goules (inexplicablement, mais la planète le devenait)aux États-Unis, leur band favori au début des années 2000 dont le côté rock, punk, world, country, fuckall et underground avait juré avec le côté enfant tranquille et beige de banlieue de Duke & Fran à l'époque.  Aujourd'hui,ils avaient vieilli et Duke & Fran étaient eux-mêmes plus progressistes dans ce monde inégal et capitalistement injuste. Ils n'avaient qu'une envie: voir les Goules avec leurs look infernal, leur son original et dissident, leurs lacs et rivières de vomi suite aux excès d'alcool, leurs yeux sous l'emprise de toxicité, leurs élans de révolte. leur total manque de superficialité malgré un faible pour le crayon à yeux cheap et les costumes qui était aussi un hommage voilé à un de leur band préféré, The Cure. Et une manière intelligente de rester anonyme au civil.

Duke & Fran écoutaient dans la voiture leur premier (et meilleur) album "KILL". Ils chantaient en choeur "Kill" lorsque Fran cessa brusquement la diffusion du morceau dans l'auto au refrain qui commandait de chanter "666". Ce qui eût l'effet d'un coït interrompu pour Duke, au volant.

"HeY! qu'est-ce que tu fais Fran? What the fuck?"

"Duke, je comprends pas...666...pourquoi 666?"

"C'est la signature du diable, voyons, pourquoi? C'EST LES GOULES!!!"

"Je sais, je sais, mais pourquoi 666, qu'est-ce que ça veut dire?"

"Oh! euh...tu veux dire le sens secret du 666? l'illuminati de la chose? la franc-maçonnerie cachée derrière?"

"Non...je veux dire...le chiffre...qu'est-ce qu'un chiffre? qu'est-ce qu'un 6?"

"Qu'est-ce que tu veux dire qu'est-ce qu'un chiffre?"

"Je veux dire exactement ce que je viens de dire QU'EST-CE QU'UN CHIFFRE, DUKE?"

Quelque chose d'incompréhensible venait de se passer dans la tête de Fran. Un fil s'était brisé. Dans la tête de Duke aussi. Soudainement, les deux fans des Goules venaient de perdre toute compréhension des chiffres. Ils en avaient même perdu la capacité de dire le mot 6! Ils regardaient tous les deux le chiffre des sorties sur la route et c'était aussi clair qu'un mauvais tattoo gravé au mauvais endroit, genre sur le coin du talon d'un pied. Rien de lisible. Le tableau de bord de la voiture était pour tous les deux comme une série de hiéroglyphes inconnus. Duke en fût si paniqué qu'il gara la voiture sur l'accotement. Les deux en sortirent. Fran dit, paniquée elle aussi:

"Fuck! les nombres...On devrait savoir c'est quoi, non?"

"Est-ce que c'est comme des lettres? Est-ce qu'ils font des sons?"

"Ouin?"

"Qu'est-ce qu'un christ de nombre?"

Ils avaient complètement oublié le concept du nombre. Le mot nombre faisait pour eux autant de sens que GHTRFDJY. Il n'y avait personne pour répondre à leurs questionnements, Fran saisit son téléphone:

"Je vais appeler ma soeur! C'est un génie, elle sait tout!" Mais Fran fixa le clavier du téléphone comme on regarderait un pénis de gnou en érection.
"Kesséssa?"

"Euh..."

"Tu te souviens genre...comment ça marche ça?"

"...non..."

"Shit!"

Stationnés dans une station stationnable, ils notèrent que d'autres occupants d'autres voitures semblaient tout aussi confus qu'eux sur la même chose. Étrangement ça les rassurèrent. Une maladie commune devenait soudainement moins étrangère qu'un simple mystère personnel.

"Duke, J'm'en christ! rien ne nous fera manquer un spectacle des Goules! Tu peux conduire cette connerie?"

"Absolument!"

"Alors on décolle!"

Et ils partirent vers...vers...vers une sortie non identifiable puisque simplement numérotée. Ils la manquèrent sans le savoir, Mais eurent l'instinct de sortir à la suivante, ce qui ne les éloignait pas trop de l'endroit où allait se produire le band. Tout les gens semblaient confus, incapable de reconnaître le numéro des rangées ou simplement de lire l'heure. Mais qu'est-ce qu'une santé sinon l'impression que nous somme tous le même voisin de la même maladie? N'appelions nous pas ça la poursuite du bonheur?

Le groupe arrivait tout juste sur scène dans un nuage de fumée cheap. Le chanteur Keith Kouna prenait tout juste le micro afin de crier à la foule si elle était prête à rocker, la foule rugît une première fois. Puis afin de le demander une seconde fois plus fort, faisant répondre une foule prête à faire exploser le plafond.
Le band s'éxécuta en jouant Truite en tout premier. La foule devint animale. Puis, ils enchaînèrent avec Fétiche, leur extrait pour les radios qui n'avait jamais trouvé preneur commercial. La foule devint gaga. Puis, Kouna pris le micro pour annoncer la chanson titre, Kill. La foule se tortilla massivement, à la fois incapable de soutenir le plaisir frissonnant qui les habitait, mais comme dans une étrange douleur aussi.
Au refrain, le visage du chanteur se figea:
"Sik,, sk,,,ergre...aaaaaargh,,," et la musique cessa.
La foule se mit à murmurer, inquiète. Le chanteur ne comprenait plus rien lui non plus.

"D'la marde calisse! je vais faire des sons de singe à la place du refrain!" cria-t-il dans le micro et le band repris le rhytme. Kouna scandant des "whoo-whoo-whoo!" devant une foule et le reste du band, stupéfaits. Ce qui suivi fût encore plus étrange. Lorsque les Goules ont voulu enchaîner avec un autre de leur succès  dont on a voulu épelé le titre (C-R-A-B-E). Sans succès. Le chanteur n'arriva tout simplement plus à parler. Tout le monde semblait maintenant avoir aussi perdu le sens des lettres. Tout le monde se regardait comme pour essayer de rendre tout ça plus vrai. On essayait d'absorber l'incompréhensible. Kouna vint à la rescousse:

"NOUS SOMMES UN BAND DE MUSIQUE, ON VA VOUS PRÉSENTEZ DE LA MUSIQUE, LET'S FUCKING ROCK!". Heureusement, Kouna était aussi guitariste. Les centaines de fans sur place ne pouvaient plus entendre chanter en français leur band préféré dans le pays des anglais, mais ils trippaient fort quand même avec des idoles qui avaient gagnée en proximité: ils partageaient le même malaise!

Mais certains trippent mal. Dans les première rangées, un gars, en dansant le pogo, était tombé sur la blonde d'un autre. Celui-ci avait voulu lui envoyer son poing sur la gueule, mais avait atteint quelqu'un d'autre par erreur. Bien vite, il y avait mêlée générale, la plus grosse échafourrée vue dans le secteur depuis presqu'un siècle. L'illettrisme et l'ignorance à la source de la violence et de l'anarchie. Jamais ne s'étaient-on aussi senti aux États-Unis.

Duke & Fran furent suffisamment chanceux pour se cacher dans un garde-robe de l'endroit. Les Goules ne cessèrent jamais de jouer. Duke & Fran les entendaient toujours, c'était encore un grand moment de leur vie. Quand le band cessa. Duke & Fran sortirent timidement la tête de leur local et jetèrent un oeil sur la pile de gens au sol. Du sang partout. Des...des...des cadavres ou des gens évanouis? Fran jurait avoir vu un bras tout seul quelque part. Duke avait trouvé deux pieds ensanglantées. Fran se fît une nouvelle paire de bottes. Duke, un nouveau jacket.

"Tabarnak...Duke...combien de morts tu penses?"

"Je sais pas...entre 800 et 900 je dirais..."

Les deux se regardèrent avec le plus grand des sourires.

"On peut compter à nouveau!"

"Comment épelle tu Fun, Fran?"

"L-E-S-G-O-U-L-E-S!"

Les survivants jubilèrent.

dimanche 23 avril 2017

Les Gens de la Patrie

Alors voilà, c'est aujourd'hui que la France parle dans le premier tour des élections pour la nouvelle présidence française.

Ce devrait être Macron,
Le Pen, Fillon ou Melenchon.

Les dérives européennes sont affreusement préoccupantes. En Turquie, Recep Tayyip Erdogan s'était posé en "homme humble du peuple", en total populiste, avant d'être élu et de devenir à son tour parfait escroc, réduisant la femme au statut de chien de compagnie ou de vache reproductrice. Un rat pur jus. Il s'est voté des pouvoirs de dictateurs la semaine dernière, rien pour aider les femmes de son pays, les athées et les homosexuels non plus.

En Pologne, le gouvernement conservateur d'Andrzej Duda a resserré des lois anti-avortements, des lois parmi les plus restrictives dans le monde. Passant de crise en crise, il a depuis appliqué une réforme épouvantablement bâclée de l'éducation, une éducation conservatrice, il va s'en dire. Duda a aussi inculqué un nationalisme radical et antiélitiste, rappelant un crétin au mauvais toupet d'Amérique du Nord.

Parlant de lui, ce n'est pas en Europe, mais c'est un affreux dérivé de tout ça,  Trump se révèle la parfait abruti anticipé. Tout ce qu'il radote depuis trois jours sur le Canada insulte toute les intelligences. Voilà qu'il essaie de faire croire que ce sont nous qui le baisons sur l'accord sur le bois d'oeuvre. TABARNAK! notre pays a amené le sien 15 fois devant les tribunaux afin que les États-Unis respectent les ententes prévues! Non, pas les ententes prévues, les ententes convenues et signées. Ce que veux Trump, c'est intimider en négociant sur la place publique et il mérite la plus grande des baffes. Il pue au nez de vraiment tout le monde ce sale con! À quand le putsch? AMERICA FIRST? Justement we're Americans as much as you are!

En Hongrie, la dérive autoritaire est aussi totale qu'en Turquie. C'est aussi par l'éducation que le ver se glisse dans la pomme. Le gouvernement s'y infiltre de manière absolument malsaine. Tout comme Poutine dans la "très libre" Russie, Budapest a demandé de titrer maintenant les Organisations Non Gouvernementales comme des "agents étrangers", (puisque le gouvernement n'y a pas son nez). On y a construit un mur anti-migrants et la corruption sort des oreilles de tout le monde en place.

En France?...que se passera-t-il en France? Peuvent ils répéter les erreurs d'ailleurs? Seraient-ils tous aussi bêtes?
Marine réussira-t-elle à profiter de la grande désillusion du monde politique en général? Fillon en mourra fort probablement.

On ne se fie plus à aucune stats. L'ignorance crasse est toujours de teinte sombre de toute manière.

Que la France choisisse la couleur, que diable!

Notre planète sera bientôt gouvernée exclusivement que par des ennemis de la raison.

Est-ce vraiment bien ce que nous voulons.

Le trou du cul du monde semble avoir tant de visages, de nos jour.    



 

samedi 22 avril 2017

Le Jour de la Terre (Sous Trump)

Voilà.

Moins de trois mois après le début de sa présidence, Donald Trump a mis en chantier la seconde guerre contre la Corée et maintenant il vise grossièrement le Canada sur des bases teeeeeeeeeeeeeeellement éronées. De le voir parler d'un autre contrat qui lèse les États-Unis est aussi insultant et révoltant que de voir un abuseur se plaindre de la mauvaise collaboration de ses victimes.
double loser

Avant je me disais qu'il serait assurément destitué d'ici 2 ans. Maintenant, je me demande sérieusement si il survivra sa présidence. Je le voyais à la télé parler comme un parfait âne de cet autre mauvais deal pénalisant les États-Unis en provenance du Canada (ARE YOU FUCKING KIDDING ME? QUE DE MAUVAISE FOIAAAAAAAARGH!) et j'étais tendu comme quelqu'un prêt à en agresser un autre. Je l'aurais devant moi, que je me battrais avec. Pareil idiot à un tel poste est épouvantable. Moi, je me contente de ma rage de sous-sol, mais aux États-Unis même, moins équilibré n'aurait aucune difficultés à mettre la main sur un fusil suite à une xième irritante connerie sortie de sa bouche.

C'est le jour de la terre aujourd'hui.
La maison blanche est frappée d'une incomparable incompétence depuis trois mois. Une chose a toutefois été faite avec une redoutable efficacité. On a broyé complètement le travail d'au moins un an afin de protéger la planète. L'administration Trump a beau être un total fouillis, l'agenda climatosceptique a été appliqué avec un zèle comparable à l'inquisition espagnole.

La liste des étapes qu'a prise son administration to make America pollute again est si longue que toute vous la nommer prendrait deux à trois chroniques. En voici quelques bribes:

Février:
Le ministère de l'énergie a repoussé la mise sur pied de la nouvelle mesure de standards de qualité vis-à-vis des frigos congélateurs géants, des airs climatisés central et des ventilateurs plafonniers. La nouvelle manière d'évaluer la qualité (plus précise et plus performante) permettait de freiner les émissions de près de trois milliards de tonnes sur les trois prochaines décennies. Faisant aussi sauver aux États près de 24 milliards de dollars sur ce même nombre de décennies. 10 États, menées par New York, ont poursuivi en cours l'administration Trump sur la décision.

Mars:
Le plan de réduction des émissions de gaz sur la construction des voitures aux États-Unis, prévu pour 2022 par l'administration Obama, ainsi que le plan de réduction de pollution de la part des entreprises, ont aussi été annulés et remis aux calendes grecques. Le premier plan permettait de réduire de 9 milliards de tonnes par année les émissions polluantes, prévenir 35 000 potentielles mort prématurées et freiner près de 90 000 attaques de crise d'asthme annuelles. Le plan était en concordance avec le traité de Paris sur la climat. du papier de toilette pour Donald. Sans le dire officiellement, les États-Unis font semblant de n'avoir rien signé là-bas.

L'administration a proposé de couper le budget du ministère de l'environnement de 31%, proposant aussi de couper le quart des employés du dit ministère.

Comment un groupe aussi désorganisé comme la bande à Trump a-t-il réussi à être aussi méthodiquement assassin en ce qui concerne l'environnement?

Simple: Leur cerveau est guidé par l'argent. Les industries sont fières de polluer en toute impunité et adorent les idées du cheesecake à la tête du pays. Le consommateur ? who gives a flying fuck when you're the boss? Les compagnies pétrolières seront aussi forte heureuses. Réduire n'est pas beaucoup dans leur vocabulaire.

Pourtant appliquer les règles au préalables entendues leur ferait faire plus d'argent que le contraire. Mais ce ne sont pas ces cerveaux qui s'en rendront compte.

La populisme n'est pas une conséquence du climatoscepticisme. Il en est au coeur.

Plus de 100 jours après sa présidence, il est évident que cet idiot de Trump n'avait aucun plan cohérent  POUR l'environnement.

Bonne fête la terre?

Enfer et contre tous.    


vendredi 21 avril 2017

Épicerie Princière

Une betterave, un navet, une aubergine et un autre navet.

Dans le grand supermarché qu'est le monde des arts, certains acteurs se pensent chanteurs. Certaines personnalités publiques s'improvisent acteurs. Certains animateurs se pensent humoristes, tandis que quelques chanteurs se découvrent artisans de films.

Le défunt chanteur Prince s'était négocié dès le début de sa carrière quelque chose d'excessivement rare. Un contrôle absolu sur le produit final de son art musical. Personne d'autre que lui n'avait droit de regard sur la production de ses disques. Baveux comme pas deux, il avait exigé de son gérant au début des années 80 de prendre part à un long métrage. L'histoire "Dreams" de William Blinn allait être achetée par Warner. Albert Magnoli et Prince allaient réécrire le film et le mouler à la semi-autobio de Prince.

Prince se commettra 4 fois en films. Toujours dans le contrôle presqu'absolu.

Voici son épicerie cinématographique. Qui n'égalera jamais sa galeries de sons.

La betterave.
Merveilleux tubercule, la betterave est pleine de bienfaits, la quantité de fer et l'acide folique entre autre.
PURPLE RAIN. 1984.
L'histoire est de calibre adolescent. Prince est minuscule. Il passe donc facilement pour un ado. Je vois le film, deux ans plus tard, sur Musique Plus, dans un français assassinable, j'ai 14 ans. Je le loue donc au club vidéo, en VHS, en anglais, s'il vous câlisse de plaît. Les traductions européennes de nos réalités américaines...tabarnak! Une rivalité entre band, le band de Prince, celui de Morris Day, et pour les beaux yeux d'Apollonia, qui aura aussi son band, qui chante en tenue de nuit. Prince s'est toujours merveilleusement bien entouré de femmes. Je suis adolescent, je communie complètement au film, Parce que j'ai 14 ans. Avec le recul, le film est plus ou moins ridicule. Il est adolescent. Prince, dans ses fictions, ne dépassera jamais vraiment ce calibre. Mais en 1984, et encore en 1986, et encore de nos jours, sa musique sauve la mise. Un petit côté culte vient se frotter à mon coeur.

Un navet.
Pâle, fort peu calorique.
UNDER THE CHERRY MOON. 1986.
Heureusement qu'il y a la musique. Ce film, commencé sous la main de Mary Lambert, mais très vite, Prince veut prendre le contrôle et le fera. Son film précédent à fait gonfler les coffres de la Warner dans les sections films, musique et vidéos. Il a carte blanche. Il scénarise, joue le personnage principal et signe la trame sonore. Ce n'est que dans cette dernière catégorie qu'il score un peu. Il incarne un joueur de piano, dont le frère travaille dans le même hôtel de Monaco , et avec lequel il combine de petites magouilles afin de faire un peu d'argent ici et là. Une riche héritière (Une jeune et adorable Kristin Scott-Thomas de 21 ans) aura présumément 50 millions pour son anniversaire. Les deux frères se déchireront sur elle dans leurs approches cabotines. Affffffffffffreux film du calibre d'un film de fin de session au secondaire. Extrêmement amusant à visionner de nos jours. Ne serais-ce que pour les beaux yeux de Kristin Scott-Thomas et de la ravissante Francesca Annis, dont le talent est complètement gaspillé.
Tourné en noir et blanc, avec Jerome Benton, de la formation The Time, qui incarne le frère de Prince, mais qu'on a beaucoup de difficulté à l'imaginer en hétérosexuel. Steven Berkoff, dans le rôle du père de la belle semble le seul professionnel (avec Kristin et Francesca qui elle, se cherche un espace) de l'entreprise. Ouch!

Une aubergine.
Légume-fruit, mélange des genres.
SIGN O' THE TIMES*. 1987.
Prince est dur à décourager. Son dernier film s'est mérité 5 prix aux Razzies Awards, récompensant les pires choses du cinéma cette année là (pire acteur, pire acteur de soutien, pire film, pire réalisation, pire chanson pour "Love or Money", je suis d'accord avec tout ça). Il persiste dans son envie de faire un film. Comme les ventes de tout ce qui a suivi Purple Rain ne font que péricliter vers le bas, Prince choisit de filmer sa tournée européenne, faisant la promotion de son album-double, mal aimé. Mais les images sont presque inutilisables. On refera un show à Paisley Park, ou Prince contrôle absolument tout, puisque c'est chez lui. 80% de ce qui est à l'image est issue du show à Paisley Park. Et outre Little Red Corvette et un morceau de Charlie Parker, afin de faire honneur à ses musiciens, tout ce qui sera joué sera tiré de son album double Sign O' The Times. Sheena Easton, Sheila E., Cat Glover...Prince ne s'entoure que de belles femmes...J'ai 15 ans.

Un autre navet.
Toujours pâle. Sans calorie.
GRAFFITI BRIDGE. 1990.
Puisque Purple Rain était une semi-auto-bio de Prince, Graffiti Bridge sera une semie-suite. On y reprendra les mêmes personnages, Prince est maintenant proprio d'un bar et principal interprète et Morris Day, Jerome et la bande de The Time, sont maintenant des magouilleurs professionnels, On se défie, on rivalise, ce qui devait être un véhicule de promo principalement pour The Time, devient le show de Prince, dans un film ou ni la musique, ni rien ne vient valoriser rien. Tout y est risible. Sauf Ingrid Chavez, 25 ans, à l'aube d'une belle carrière auprès de Madonna et de son amour David Sylvian. Madonna s'était vue offir le rôle de la belle, mais avait trouvé que le scénario était de la pure merde. Si Madonna. l'une des actrices les plus merdiques qui soit trouve que...alors c'est dire! Prince se raisonne, le film est une catastrophe à tous les niveaux. Il n'en fera plus jamais vraiment. Écrit et réalisé par Prince? même résultat qu'en 1986. Stick to the music, dude.

C'est con, parce qu'il pouvait être drôle et généreux.

Mais les légumes mauves c'est aussi bon. C'est selon.

Prince Rogers Nelson dit Prince, The Artist Formely Known As Prince, puis Prince encore a été retrouvé mort dans un ascenceur de Paisley Park aujourd'hui il y a un an, à Minneapolis.

Vaincu par les opioïdes.

Il avait 57 ans.





  *Hyperlien en vitesse accélérée et au son faible.