dimanche 20 mai 2018

Transtout

Bernard, Catherine, Samuel, Derek, Abygaelle

Groupe de discussion.

Bernard termine son témoignage

"...Donc ensuite, j'ai fait du pouce, je suis revenu de Trois-Rivières, ils choisissent toujours des lieux comme ça, pas trop grand, pas trop petit, c'est comme ça que j'ai pu fuir les bureaux de cette organisation pyramidale...et revenir à une vie un peu plus normale..."

Catherine intervient.

"Vous savez, je ne savais pas trop si je voulais en parler, mais il y a eu Kaitlin Jenner et...bon..."

"Vas-y, Vas-y, Catherine, on est là pour ça, raconte"

"Toute ma vie je me suis sentie différente, je me sentais incapable d'entrer dans les normes de la société, les codes, les genres...j'ai essayé d'accéder à la société en tentant de rester brave et courageuse, devenir une leader, une influence positive, capable de donner et de pardonner, mais ce n'est tout simplement pas moi..."

Les membres du groupe de discussion étaient tout ouïes.

"...je suis née gémeaux, mais je suis une verseau"

Sam, Derek et Abygaelle ont voulu la réconforter, ils étaient tous fiers d'elle. Bernard, ne comprenait pas.

"Bravo, Cat, c'est très brave de ta part de nous en parler"

"Oui, vraiment, félicitations, c'est un large poids hors de tes épaules"

"Je m'en était toujours douté..."

"Oui, mais...non. C'est...ce...on ne peut tout simplement pas faire ça...changer de signes astrologiques comme ça pour rien..."

Catherine fût outrée de sa réaction. Derek lui demanda comment il osa dire cela. Sam rajouta qu'elle ne faisait que se délivrer d'un lourd secret hantant.

"...C'est tellement transphobique de ta part, Bernard!"

"Trans...? nononon, le transgenrisme est une vraie chose. Une vraie dure réalité. Mais...trans...transignesastrologiques?...c'est quelque chose que Catherine invente à l'instant!"

Les réactions agités se font entendre. Abygaelle s'impose.

"Ne l'écoutez pas! Nous irons ensemble au palais de justice et tout s'arrangera pour toi, Catherine"

"Nous sommes progressistes au Québec!"

"Tout le monde sait que les signes astrologiques sont dogmatiques, nous parlons ici de vraies affaires"

Samuel se révèle à son tour.

"Après avoir lutté contre cela toute ma vie, après que mes parents m'aient encouragé à cacher la chose au monde...il laisse monter la chose, c'est dur à sortir de lui. Aby en est légèrement émue. Je me sens enfin confortable de vous dire que...que...que je serai maintenant complètement Juif. "

Tout le monde est touché. Bernard tiens à préciser.

"C'est déjà plus cohérent. Tu t'es converti, c'est ça?"

"Non, je suis ethniquement Juif. Je suis un athéiste Juif. C'est une tradition chez les gens de ma confession"

"Ces gens...CES GENS ne sont PAS comme toi! ne dis pas de conneries! tu t'appelle Bernard Truchon, il y a rien de Juif là-dedans!"

"OY VEY!" Sam était outré.

"Ne l'écoute pas Sam, tu as bien fait. Vous savez, en tant que verseau, je trouve que dire la vérité est extrêmement importante. Tu viens de te livrer très honnêtement, Sam"

"J'ai toujours su que tu étais Juif"

"Pour vrai?"

"Wow! j'ai un ami transJuif!"

"NON! ARRÊTEZ! TRANSJUIF?"

"Sam, tu as fait ta Bar Mtzvah?"

"Je ne sais pas de quoi tu parles"

"...tout un Juif ethnique..."

"À mon tour maintenant, vous m'avez inspiré. Je suis bien né humain, mais me suis toujours senti comme un émoticon. Un Transemoticon."

"Oooh!"
"Wow!"
"Fameux!"

"Spécifiquement celui avec la moustache. Je suis un transemoticon."

"QUELLE CONNERIE! Je vous parle d'un vrai coming out et vous me parlez de connneries! comment peut tu t'être toujours identifié à quelque chose qui n'a pas 20 ans?"

"Bernard, ne sois pas du mauvais côté de l'histoire"

"Hey Derek, est-ce que je pourrais utiliser cet émoticon ou tu trouverais que ce serait une récupération culturelle?"

"Ce serait correct, dans la mesure où ça reste respectueux, merci d'être une alliée."


"Vous êtes ridicules! Vous empruntez le langage d'un réel groupe de gens oppressés, un groupe de gens freinés de toute part par la vie, vous leur soutire leur langage afin de satisfaire vos caprices..."


"OY VEY!"

"Veux tu ben arrêtez de dire Oy fey, Truchon?"

"C'est maintenant à mon tour de vous révéler que... que toute ma vie... j'ai essayé  de savoir qui j'étais...au bout du compte, maintenant, ici, je crois avoir finalement trouvé qui je suis...je...je suis Bernard"

Tout le monde est ému. Pas Bernard.

"Mais vous êtes cinglés! complètement cinglés! tu n'es pas Bernard! je suis Bernard! tu es Abygaelle!"

"Attends, je crois comprendre quelque chose...voilà une semaine que tu accumule toute cette haine, Bernard, parce que Stéphanie s'est révélée Transpacman!, c'est ça...tu es transphobique!"

"Tellement dogmatique"
"Je l'ai toujours su!"
"OY VEY!"

samedi 19 mai 2018

La Camisole de Force Choisie de Meghan Markle

La nouvelle d'un nouveau bébé royal (en avril, le troisième de Kate & Will) aurait dü donner la nausée non seulement à sa mère mais à toute l'Angleterre.

Qui paiera pour les (inutiles) écoles privées de ces enfants qui ne travailleront jamais ni ne se mêleront au bon peuple sur une base quotidienne?  Qui paiera pour la sécurité de TOUS leurs déplacements? Qui paiera leurs nourrices et le personnel qui s'occuperont d'eux? Qui paiera leurs multiples voyages? Leur somptueux linge? leurs limos? leur VIE?

Le bon peuple Anglais. Même le Canada. Et l'Australie.

Dans un monde idéal, une famille royale n'aurait aucun enfant au crochet de l'État.
Dans un monde idéal, on aurait pas de condition royale.

Une famille royale, l'anglaise en tout cas, ne sert à rien. Ils posent. Les femmes ne sont que des décorations et leur utilité est de faire des bébés. Aucunement de notre époque. Et la famille Windsor en fait des tonnes de bébés. Ils sont même remarquablement fertiles. Ce sont des décennies de Windsor qui se profilent. Les petits-enfants, les arrières-petits-enfants, les enfants, les cousins/cousines, les nièces, les neveux, si on les compte tous, on parle de plus d'une centaine. Tous ces gens ne mettent même pas eux-mêmes leur pâte à dents sur une brosse à dents.
Ils voyagent tous au frais de l'Angleterre "pour faire la promotion du pays". Ils ont tous plus ou moins des titres Shakespeariens, et fabriquent, tous ensemble, du large rien.

Seuls les plus mordus pourraient distinguer un(e) Kent d'un(e) autre ou pourrait identifier, dans un groupe de gens, qui est le Duc de Gloucester.

La machine duquel nous soutirons de l'argent, après avoir pitonné quelques entrées, argent pris dans notre propre compte relié à la banque, s'appelle pour la grande majorité des gens: un guichet.
Le même mot pour la famille royale est le peuple

La monarchie et l'État britannique sont intrinsèquement liés. Et pourtant, jamais on ne mêlera les styles de vies des gens "au sang bleu" et du simple citoyen plus qu'en des moments choisis de strict décorum et officieusement lourdement supervisés.

Moyennant le respect d'un tonne de codes, tous aussi abrutissant les uns que les autres. L'interdiction de porter la main sur une épaule ou dans le dos d'un dignitaire lors d'une prise de photo par exemple.

Si vous mariez un membre de la famille Royale, vous cessez d'exister par vous-même. Vous ne devez plus travailler, puisque tout ce que vous êtes doit être avalisé par la famille royale.  Selon leurs critères. Meghan Markle est déjà ridiculisée pour avoir oublié un ticket de nettoyeur sur une de ses jupes. So fucking what?

Phillipe Moutbatten a dû renoncer à ses pompeux titres de Prince de Grèce et du Danemark, mais aussi à son nom de famille, ce qui, au fond, ne lui faisait que vivre ce que vivent des milliers de femmes. Mais il a aussi dû renoncer à sa passion pour le pilotage. Trop dangereux pour les Windsors.

Grace Kelly a dû abandonner sa carrière d'actrice. Et refuser tous les rôles qu'on lui présentait. Meghan fera de même

Diana Spencer était malheureuse dès le jour de son mariage. Elle doutait de son amour pour Charles. Elle doutait d'elle-même dans ce monde qui ne lui appartiendrais plus de la même manière. Elle a tenté de s'adapter à cet inexplicable univers et en est morte, en jouant le jeu du flirt avec les paparazzis. Son mariage était mort depuis déjà très longtemps. Elle est morte au bras de son amant.

Kate Middleton a rencontré et commencé sa liaison avec Billy boy à l'Université St-Andrews. Un métier, sinon celui de faire des bébés, ne sera pas pour elle. On la nommera Duchesse de Cambdrige, en fait, c'est faux, elle devient par défaut Duchesse de Cambridge puisque son mari (elle ne sera définie que par son mari à partir de maintenant) sera nommé par grand-maman, Duc de Cambridge.

Meghan Markle était une actrice canadienne qui travaillait aux États-Unis. Elle a été valise #24 (et une fois #11) du banquier version U.S.A, mais surtout Rachel Zane dans la série Suits, série en grande partie tournée à Toronto.

En avril dernier, elle tournait ses dernières scènes dans la série Suits. Parce que comme elle épouse le prince Harry aujourd'hui. Elle n'a plus le droit de travailler comme actrice.

Elle n'existe que pour lui.

Ce qui peu paraître adorable, mais n'a rien de romantique.

Meghan a toujours été obsédée par la famille Windsor.
Elle est très volontaire dans une certaine condamnation de plusieurs de ses libertés.

On devrait voir leurs faces inutilement assez souvent, assez partout aujourd'hui puisque qu'elle se marie.

On en entendra beaucoup parler surtout si elle essaie de vivre en femme libre.

Jamais l'expression "se mettre la corde au cou"  en parlant d'un mariage n'a paru plus juste qu'aujourd'hui.

vendredi 18 mai 2018

La Tempête Qui Dort Dans l'Oeil

Quiconque me connait sait à quel point les yeux comptent pour moi. J'aime y lire une certaine intelligence. Et la couleur peut me stupéfier.

Si je suis amoureux de Zooey, Lili, Rihanna, Charlie, Fanny, l'amoureuse* et tant d'autre, c'est d'emblée d'abord pour les yeux.

La couleur des cheveux, c'est accessoire. Le linge aussi. Le corps, bienvenu si bien mis en valeur mais pas 100% essentiel. La couleur des yeux, l'intelligence du regard, la forme de l'arcade sourcillière, c'est pratiquement toujours ce qui me séduit en premier.

Quand j'ai dit que je trouvais la mère d'une fille qui joue au soccer avec Punkee (notre fille) très belle femme, l'amoureuse m'a fait réaliser, entre deux questions jalouses ("est-elle plus grande que moi? est elle plus grosse que moi?"), que je ne pouvais pas y répondre, ne me rappelant que de son regard et de la forme de ses yeux. Même pas de leur couleur. Je n'ai vu cette femme que deux fois, alors je ne me rappelle pas très bien, mais je me rappelle que les deux fois, je voulais bien paraître face à elle. À cause de l'effet que me faisait ses yeux. Le corps? Me souviens pas. (ce qui n'est pas toujours le cas, je ne suis pas fait en bois)

"Elle te ressemble en fait, mon amour". Ce qui est non seulement vrai, mais que je croyais qui allait étouffer sa jalousie. Mais au contraire, si elle lui ressemble, elle a sentie qu'elle devrait venir à tous les matchs de soccer de cette saison. Ne serais-ce que pour surveiller l'enlignement de mes regards...

J'aime les yeux, mais pas juste sur les femmes. Les yeux peuvent en dire beaucoup sur quelqu'un La plus célèbre photo de Maurice Richard le montre recréant un moment sportif, en dribblant la rondelle. Elle est devenue célèbre entre autre parce que son regard est celui du guerrier sans peur Québécois, prêt à affronter le méchant anglo. Son regard est de feu. À la fois empreint du courage du soldat face à la guerre et de celui du fou prêt à frapper son prochain.

Une sensationnelle tension mémorable qui épousait parfaitement le héros d'antan.
Une tempête dans l'oeil, prête à ravager les champs de blé, trop tranquilles.

Cette semaine, deux regards m'ont frappé.

Deux regards masculins.

Enfin, un voile et un regard.

Tout d'abord, Alexandre Taillefer. Le voile.

Il annonçait, gauchement, pourquoi et comment il allait être directeur de la campagne du parti Libéral. Usant à tort le mot "progressiste", il s'est présenté en conférence de presse, avec des verres semi-fumés. Vous tiendrai les cordons de la bourse de la campagne électorale à venir et on ne peut pas voir vos yeux dès le premier jour?

Vous avez choisi le bon parti, Alexandre.

Mais pour la confiance, on repassera. Si il y a un regard que je veux voir empreint d'honnêteté, c'est bien celui de la personne qui plante sa stricte personnalité, prétendue sympathique, au service de gens, lourdement soupçonnés du contraire de l'honnêteté. Et qui jouera avec l'argent du parti.

Tout cette semaine m'a semblé ratée de la part de Taillefer. Son utilisation du mot "progressiste" collé au parti Libéral, sur lequel il a dû revenir en disant que l'austérité n'avait rien de progressiste, mais que maintenant, les Libéraux le seraient. (pas sur que les docteurs du parti ont aimé). Puis, sa guéguerre de mots en gazoullis contre Pierre-Karl Péladeau, dont il accusait les journaux d'être de mauvaise foi à son égard. Là, aussi, après vérifications, il a dû s'excuser et s'avouer vaincu quand il a pris note de la rigueur journalistique qui avait eu lieue sur les reportages concernant la grogne qui gronde dans sa compagnie de taxi. Ça avait peu à voir avec la politique d'aujourd'hui, ressemblait plus à une chicane d'assemblée entre les deux chefs de 2023, (les deux ne cachent pas leur envie de le devenir) et plus à voir entre deux acteurs du monde de l'écrit d'actualités Québécoises.

Tes yeux Alex! Fallait voir tes yeux dans ta première vraie "date" avec le peuple.

Puis il y a eu l'autre. Le prédateur sexuel. Michel Arsenault.

L'entraîneur de gymnastique aurait agressé des jeunes gymnastes assez tout le temps, réussissant toujours à quitter, Montréal pour Québec, quand les victimes menaçaient de se plaindre, puis quittant Québec pour Edmonton quand les victimes de Québec menaçaient de faire de même.

Il a été arrêté cette semaine parce qu'on ne peut pas s'en tirer tout le temps comme ça. En trichant. Il comparaîtra en cour le 24 mai prochain car des accusation sont maintenant officiellement posées contre lui.

Des photos de lui ont circulé, et dans son regard, je lisais l'agressive question "Que sais tu qu'il ne faudrait pas que tu saches?"

Au cours des 30 dernières années, il est devenu l'un des entraîneurs le plus chevronnés dans son domaine, se rendant aux Olympiques de Barcelone en 1992.

Peu importe, les accusations jettent une ombre sur le reste de sa vie.

Une ombre qu'il me semble déjà voir dans ses yeux.

C'est peut-être facile à dire après la connaissance des (potentiels) faits, mais je n'aime pas l'entraîneur de hockey Bob Hartley pour la même raison.

Parce que dans ses yeux se cache une tempête qui menace de mal gronder.

Dans les yeux de Taillefer se cache peut-être un chien noir.
Je veux voir ses yeux tout le temps.
Tout le temps.

* Pour tellement plus aussi.

jeudi 17 mai 2018

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable*****************Electric Ladyland de Jimi Hendrix Experience

Chaque mois, vers le milieu, comme je le fais pour le cinéma (dans les 10 premiers jours) et pour la littérature (dans les 10 derniers) , je vous entretiens d'un disque tiré de ma collection.

De mon coeur.

Le titre de ma chronique est inspiré de 4 albums qui font parti de mon ADN tellement je les connais, notes par notes.

Par ordre de création:
Blonde on Blonde de Bob Dylan
The Idiot d'Iggy Pop
Low de David Bowie
The Unforgettable Fire de U2

B.I.B.I c'est aussi moi. Ainsi que le terminaison du terme habibi qui veut dire en dialecte irakien, Je t'aime.

Musique, je t'aime.

Entre juillet et décembre 1967.

Jimi Hendrix est un perfectionniste. Ça tombe sur les nerfs du producteur du disque qu'il enregistre avec Noel Redding et Mitch Mitchell. Il finira par en être l'unique producteur, car le producteur lâche l'équipe. C'est qu'Hendrix, en plus d'exiger des dizaines et des dizaines de reprises, invite des dizaines et des dizaines d'amis pour évaluer ce qu'il fait. C'est un party sans arrêt.
Noel Redding en a tellement assez des sessions qui s'étirent qu'il forme son propre band, Fat Mattress, et ce sera Hendrix qui fera plusieurs session de base à sa place.

Hendrix avait si peu confiance en sa propre voix qu'il chantait souvent caché derrière des draps.

L'album sera double. Ce sera le troisième et le dernier album studio du grand guitariste gaucher.
Il ne sera terminé qu'en août 1968.

Jimi voulait une pochette qu'il avait imaginé très précise dans sa tête. Il voulait une photo du band, assis avec des enfants, au pied d'une sculpture d'Alice au pays des merveilles dans Central Park. Il voulait cette photo prise par l'excellente Linda Esatman, qui épouserait Paul McCartney l'année suivante. Il avait même dessiné la pochette pour bien décrire ce qu'il voulait. Mais ses demandes furent ignorées. La compagnie préféra utiliser une photo, éclairée de rouge et de jaune, de la tête de Jimi en spectacle au Saville Theater. À l'intérieur, une photo de 19 femmes (le ladyland) nues faisait extrêmement honte à Hendrix. Il trouvait ça vulgaire et non respectueux. Il n'aimait pas non plus la pochette principale du disque. En raison de la nudité, jugée pornographique, on bannit l'album chez plusieurs disquaires.

L'album sera lancé en novembre. Et considéré, encore de nos jours, comme l'un des plus marquants de l'histoire de la musique contemporaine. Du rock, assurément. Je seconde.

ELECTRIC LADYLAND de JIMI HENDRIX EXPERIENCE

L'album double s'ouvre sur une série de sons, plus qu'une musique. Lorsqu'écouté à l'envers, on peut entendre Jimi prétendre faire l'amour et l'entendre aussi clairement dire "fuck me one more time". Ça ne dure qu'une minute 51 secondes, mais dès le départ vous pourriez être débarqué de l'envie d'écouter la suite. Ça s'appelle ...And the God's Made Love. Comme les Dieux n'existent pas, ce morceau peut aussi ne pas exister.

(je ne pourrai vous mettre beaucoup de liens car les gens qui gèrent sa musique la protège durement. Il n'y aura presqu'uniquement que des "réinterprétations")

Le morceau qui suit est un premier vrai morceau musical. Introuvable sur le net, il offre la voix soul de Jimi Hendrix, et un doigté de guitare assez mélodique. Plus ballade que rock'n roll coup de poing.

Le troisième morceau est l'un de mes préférés. Coup de poing cette fois. Le trio complet de Jimi Hendrix Experience (JH, Noel Redding et Mitch Mitchell) s'y trouve. JH y joue de la guitare avec un peigne et un papier mouchoir à certains moments. La chanson fait référence au constant trafic à Manhattan entre le East side et le West side. Blues et acid rock.

La Face A se clôturait avec ce que certains ont appelé un interstellaire hootchie kootchie mélangeant le blues de Chicago et la science-fiction. À 15 minutes, c'est de loin la plus longue chanson de Jimi Hendrix. Ça emprunte aussi au jazz , avec des solos de batterie et de base. Le morceau a été inspiré par un jam avec Steve Winwood à l'orgue et Jack Casady à la base.

La Face B s'ouvre sur un délicieux morceau écrit et chanté par Noel Redding. Très sixties. Guitare douce et fort rythmée. La rumeur veut que Redding l'ait enregistrée chantée par lui parce que Jimi ne s'était pas présenté au studio cette journée là.

On enchaîne avec un joli morceau plus électrique que le lien ici présent. On y sent la chaleur du motown. Et de l'été. Al Kooper y joue du piano.

La pièce suivante est une reprise d'une chanson de Earl King, un artiste de Rythm 'n Blues de la Nouvelle-Orléans. Il s'agit d'une des premières chansons que JH jouait à l'école secondaire, au Spanish Music Club au sud de Seattle. C'est le tout dernier morceau enregistré par le trio, enregistré en une seule prise, afin de compléter l'album double. J'adore le rythme.

La chanson suivante a exigé plus de 50 réenregistrement de la part de Mitch Mitchell car le perfectionnismes d'Hendrix n'était jamais assouvi. On l'a lancé en single avec Crosstown Trafic

La Face B se fermait sur un morceau ouvert par une partition de claviers. Il met en vedette le groupe de rhytm'n blue Sweet Inspirations dans les voix. Introspectif et mélancolique, ce sera le 4ème et dernier single.

La Face C s'ouvre sur un morceau qui offre du joli saxophone. Le morceau est un parfait jam fusionnel entre son claviériste Mike Finnigan et son batteur Buddy Miles. Freddie Smith est au sax. Un autre de mes morceaux préférés.

On enchaine ensuite avec une pièce de plus de 13 minutes. À la flûte, on y trouve Chris Wood du band de Steve Winwood, Traffic. On y entend de la guitare jouée par Jimi...à l'envers. Il y joue toutes les guitares, la base et certaines percussions. Noel Redding y est absent. JH produit des sons de goélands en manipulant le retour de son du micro et le flexatone afin faire croire à un son de cloche. Imaginatif.

On ferme la Face C avec une autre série de sons extraterrestres. Lorsque ralenti autour de 0.25 (dans les paramètres du video) on y entend beaucoup plus de variations. Et la minute et demie est plus longue.

On ouvre la dernière Face avec un morceau plus funk (introuvable) qui semble donner suite à Rainy Day, Dream Away. Jimi s'y agite les doigts sur sa guitare comme un Dieu. Bluesy autant que rock. Un peu motown aussi. Fameux jam.

Suit un morceau au commentaire social important sur le mouvement des droits civiques naissant en Amérique et ailleurs en 1967. Il y parle de violence, autour des noirs, violence jamais ralentie depuis.

All Along the Watchtower est une reprise d'un titre de Bob Dylan, sera le premier single tiré de l'album et un de ses succès les plus importants. JH a utilisé une pédale spéciale pour enregistrer son solo. Brian Jones, des Rolling Stones, est passé en studio pour participer au morceau, mais était si saoûl qu'il s'est évanoui au sol et n'a rien fait. Hendrix était un grand fan de Dylan. Dylan, pour sa part, était inspiré par l'inventivité de Jimi. Dylan a toujours dit par la suite que chaque fois qu'il l'a rechantée, il pensait rendre hommage à JH d'une certaine manière. Dave Mason y joue de la guitare 12 cordes.

L'album se clôt sur un de ses meilleurs morceaux. Le grunge avant l'heure.

Pour amateur de blues, de guitares, de créativité sonore, de motown, de soul, de 60's, de brit pop, de rock, de grunge, d'acid rock , de rythm'n blues, de hard rock et de psychédélisme.

L'album a 50 ans.

mercredi 16 mai 2018

Thomas Kennerly Wolfe Jr (1930-2018)

Tom Wolfe est né d'une mère designer paysagiste et d'un père agronome.

Dès son jeune âge, il est président du journal scolaire. Il est aussi une star du sport national, le baseball. Il refuse d'aller à Princeton, qui l'a accepté comme élève et préfère fréquenter l'Université de Washington & Lee. Il y graduera en Modern English, sera directeur de la section des sports du journal étudiant et fondera un magazine littéraire avant les années 50.

Suivant l'influence de l'un de ses professeurs, il ira aussi à Yale. Il apprendra à écrire au sens large plutôt qu'au sens plus intime. Ainsi, il développe l'idée de parler de culture de groupe dans leur ensemble.

En 1952, comme lanceur, il a droit au camp d'entraînement des Giants de New York mais est retranché trois jours plus tard. Travaillant toujours une thèse de doctorat, il interview plusieurs écrivains, ce qui lui donne une idée du style de vie des écrivains. Excellent élève, on lui offre des postes dans l'enseignement dès sa seconde graduation de Yale. Mais il refuse et préfère être journaliste pour le Springfield Union, au Massachusetts.
Trois ans plus tard, il est engagé au Washington Post, spécifiquement parce que la politique ne l'intéresse pas du tout. On est impressionné là-bas qu'un homme aussi vif d'intelligence soit plus attiré par le municipal que par la colline parlementaire. Pour un reportage à Cuba, en 1961, il remporte un prestigieux prix de journalisme de la Newspaper Guild. Il quitte Washington en 1962, pour New York, où il y travaillera pour le New York Herald Tribune.

Au NYH Tribune, on encourage les journalistes à briser les conventions d'écriture journalistique, ce que Wolfe ne manquera pas de faire.

Pendant la grève des journalistes de 1962, à New York, Wolfe approche l'Esquire. Il leur propose une idée de reportage sur les Hot Rod et la culture des voitures dans le sud de la Californie. On accepte. Mais la veille de la tombée, Wolfe procrastine encore avec son sujet. Il écrit une longue lettre à son éditeur pour dire ce qu'il voudrait dire dans son reportage. L'éditeur adore. Il enlève le Cher Byron, en entête, et publie comme tel. L'article fera grand bruit. Le style est touffu. Plein d'onomatopées. Il y a des dialogues dans le reportage. On se pense dans un roman. Le style est détesté par certains, en intrigue plusieurs, mais est aussi admiré par d'autres.

On appellera cela du nouveau journalisme. Du réel, empruntant à la littérature. Il y a des constructions de scène. De longs dialogues. Des descriptions détaillées du statut des gens et de ce qu'ils représentent. Wolfe est convaincu que nous n'existons que superficiellement. Dans le regard d'autrui et c'est tout. Il adopte alors un style vestimentaire bien à lui. Il s'achète un complet blanc qu'il choisit de porter en hiver. Ce qui ne se fait généralement pas. Il fait sensation avec son chapeau de feutre. Truman Capote l'imitera aussitôt.

En 1965, il publie un collage de ses écrits les plus marquants dans les magazines sous le titre The Kandy-Kolored Tangerine-Flake Steamline Baby (dont j'ai une copie originale!) qui le rend célèbre.

Dans l'esprit du journalisme gonzo (pas encore complètement né) il fait de "l'écriture de saturation" en se joignant aux sujets sur lesquels il veut écrire. Sans nécessairement les interviewer. Comme une mouche sur un mur. Il fonctionnera ainsi avec les Merry Pranksters de Ken Kesey pour son livre The Electric Kool-Aid Acid Test, publié en 1968 sur eux. Autre succès. Ne serais-ce que dans l'excès de ponctuation!?!...

E.W.Johnson, Truman Capote, Hunter S. Thompson, Norman Mailer, Gay Talese, Wolfe et Joan Didon seront tous étiquetés de cette nouvelle école du néo journalisme.

Le même jour qu'il publie son livre sur les Merry Pranksters, il publie The Pump House Gang, une seconde compilation de ses articles les plus percutants. Qui peuvent parler d'architecture, de culture populaire (beaucoup), de politique, mais surtout des États-Unis dont il tente de toujours en saisir le pouls.

En 1970, il publie deux essais en un livre: Radical Chic & Mau-Mauing the Flak Catchers. Le premier essai parle d'un party, organisé par le compositeur Leonard Bernstein afin d'amasser des fonds pour les Black Panthers. Le second parle de l'intimidation raciale pratiqué par certains afro-Étatsunien afin de soutirer des sous du gouvernement. Le terme radical chic devient péjoratif et est collé à la gauche (Wolfe est plutôt conservateur et républicain).

Il publie un livre sur l'art en 1975, puis lance Mauve Gloves & Madmen Clutter & Vine, une collection d'essais dont l'assez célèbre The Me Decade & the Third Great Awakening.

En 1979, inspiré du maraudage qu'il avait fait autour des astronautes se préparant à embarquer dans la navette Apollo 17, en 1972, il lance son livre The Right Stuff. Qui devient alors son plus gros succès. On l'adaptera en film, tout aussi réussi, en 1983.

Deux ans avant, il avait lancé un livre parlant peinture et littérature.

Dans les années 80, il veut écrire quelque chose dans le style de Vanity Fair de William Makepeace Thackeray. Il suivra une escouade de la branche des homicides du Bronx. Il offre le résultat de ses recherches au Rolling Stones qui le paiera 200 000$ pour le diffusé, peu à peu, dans son magazine. En 1984 et en 1985. Mais Wolfe reste insatisfait de ce très public "brouillon". Il change le nom de son personnage principal pour Sherman McCoy et le transforme d'écrivain en homme de Wall Street. The Bonfire of the Vanities devient son premier roman et est lancé en 1987. Ça deviendra un immense succès. Le film qu'on en fera sera toutefois une coûteuse catastrophe.

La barre est haute quand il lance son second roman, 11 ans plus tard, et la critique n'est pas tendre pour lui. John Updike entre autre, qui le trouve léger et simplement mondain, sans être littéraire. Norman Mailer et John Irving se mêlent aussi au très public propos autour du superficiel style décrié.
Wolfe parlera de "ses 3 Stooges" en parlant d'eux dans un essai de 2001.

En 2004, il publie I Am Charlotte Simmons, un roman pas tellement réussi sur la vie étudiante, du point de vue d'une jolie et brillante étudiante, avilie par le machisme universitaire. 

Son quatrième roman est lancé en 2012, Back To Blood. Il y parle de races, classes sociales, de famille, de richesse, de crime et de sexe. En surface. Il n'a plus l'élan de ses jeunes années. On y lit davantage d'incontrôlables excitations de sa part et peu d'humanité dans ses grands sujets abordés trop mollement.

Marié à Sheila, designer des Unes du magazine Harper's, depuis toujours, ils ont eu ensemble une fille et un garçon.

Wolfe serait responsable de l'utilisation du présent dans les reportages, là où il y avait davantage de passé, auparavant. On lui attribue aussi les termes statusphere (pour parler de la sphère des statut), the right stuff (pour dire que quelqu'un a ce qu'il faut pour réussir), Radical Chic (pour décrire l'adhésion à une cause radicale ou semi-radicale de membres d'une classe bourgeoise ou célèbre) et the Me Decade (parlant des années 1970, égoïstes selon lui).

Tom Wolfe s'éteint suite à une opération, lundi, à l'âge de 88 ans.