mardi 24 janvier 2017

Faits Alternatifs

Samedi dernier, le surréalisme a investi la Maison-Blanche.

Dans sa toute première conférence de presse post-nouvelle présidence, le secrétaire de presse Sean Spicer a tout de suite tiré sur les messagers en les accusant de faire de fausses déclarations.

Il a ensuite réussit le fameux exploit de dire pas moins de 4 mensonges en 5 minutes, 30 secondes, avant de ne prendre aucune question (autoritarisme oblige) et de se sauver.

Penchons nous, comme nous le ferons trop souvent pendant 4 ans. sur ce que l'HALLUCINANTE Kellyanne Conway, personnalité politique et gestionnaire de campagne républicaine clownesque, appelle sans rire les faits alternatifs.

Sean Spicer: C'était la première fois dans l'histoire de notre nation que des recouvrements au sol étaient utilisés afin de protéger l'herbe face au Capitol. (...) Dans les années passées. ceci n'était pas fait.

Faux: 2013: Photos à l'appui. Obama.

Sean Spicer: Tout l'espace, pendant l'inauguration, (entre la plateforme tenant les dignitaires et le Washington Monument) était plein quand le président a prêté serment.

Faux: CNN; Photos à l'appui. Si tel est le cas, des milliers de gens ont quitté dans les toutes premières minutes de l'assermentation.

Sean Spicer: Nous savons que 420 000 personnes ont pris le metro jusqu'à la station du Capitol hie, ce qui est mieux que les 317 000 pour Obama la dernière fois.

Cette fois, il y a une part de vérité. Obama, a bien attiré 317 000 personnes au métro D.C. menant au Capitol lors de sa dernière assermentation. Toutefois, les statistiques du jour du métro indique plutôt que 193 000 personnes, et non 420 000, personnes ont fait la même chose pour Donald Trump.

Sean Spicer: C'était la foule la plus grande à assister à une assermentation :point à la ligne. Ici et partout dans le monde!

Bon...chaque fois que l'on évoquera le monde entier, comme dans "nous éradiquerons le terrorisme du monde entier", il faudra faire preuve de discernement dans son jugement. Même si les preuves visuelles parlent d'elles-même, l'équipe de Trump est bien en selle pour vouloir nous tromper, in every fucking way.
La firme Nielsen a même affirmé que 4 assermentations précédentes (Nixon (1973), Reagan (1981), Carter (1977) & Obama (2009)) ont attiré davantage de gens. 5ème, ce ne serait pas si mal, Donald.

 Trump menace BMW... était le début d'un titre du matin quand j'ai écrit ceci.

"Trump menace" devrait être le début de bien des articles dans les 4 prochaines années.

Il a tout tout TOUT de celui qui pourra déclencher de nouvelles guerres.
Surtout la maturité d'un enfant.
Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirais qui tu es.

La première guerre est en cours, celle contre la vérité.

Comment un chef d'État étranger pourra croire quoi que ce soit venant de cette équipe?

Donald s'inspire de Vladimir.

Pouvait-on faire pire?

Il y a pyromane au parlement.

Post vérité
Faits alternatifs...

Combien de version du verbe mentir (dérivé des verbes tricher et voler) peut-on s'inventer encore?

Hillary n'a pas pris part à la marche des femmes contre Trump. Le message est clair: Elle ne veut pas devenir le symbole de l'adversité face à Trump.

Qui le sera?

Ce qui rassure c'est que Trump disait dans son discours d'ouverture que ce n'était pas un parti qui avait gagné, mais bien un mouvement.

Dès le lendemain, un autre mouvement, plus nombreux et plus fort* encore l'envoyait chier.

*Mais faites taire Madonna, calever!




lundi 23 janvier 2017

Ne Viens Pas Dans Mon Salon Pour Pisser Sur Mon Tapis

"Gentlemen! You can't fight in here, this is the war room!"
-Kubrick, Sellers, Southern ou George


Donald Trump, dans un moment satirique de télévision, a levé la main et a prêté serment.
Ce gland est maintenant le 45ème président des États Désunis.

Il faudra décoder le vrai du faux pendant un très long 4 ans. Ça forcera une double vigilance. Ça a ses bon effets. Plus que jamais le journalisme devra être sollicité avec rigueur.

Dès le premier jour, Tronche a signé un projet d'élimination de l'assurance-maladie aux États-Unis, ce qu'on appelle l'Obamacare. Ce qui ne se fera pas rapidement et qu'on a promis de remplacer. Ce qui est aussi promis de se faire, très très lentement.

On pense, ici, à tort, que l'Obamacare est sensiblement comme notre assurance-maladie au Québec et qu'il faudrait être fou pour ne pas vouloir s'en servir. Avant l'Obamacare, chaque visite à l'hôpital obligeait des frais. Il y a encore des frais, mais les soins préventifs, avec l'Obamacare, sont maintenant gratuits. Le plan de santé couvre 10 types d'hospitalisation, et c'est un avantage comme un inconvénient. Si 8 des 10 types d'hospitalisations sont effectivement jugées "essentielles", 2 d'entre elles font référence à la maternité, qui ne concerne absolument pas tout le monde.
Dans les avantages, les compagnies d'assurance ne pouvaient plus, comme avant, faire tomber les conditions de santé pré-existantes, et ainsi faire monter les prix en appliquant leurs propres moyens de les traiter. Les limites de paiements annuelles sur des conditions à vie étaient ainsi annulées. Il était possible de garder ses enfants sur l'Obamacare jusqu'à ses 26 ans si voulu. Des retours d'impôts importants (jusqu'à 94 000$) étaient redonné à la classe moyenne. L'Obamacare était rendu accessible pour 138 % de gens sous le seuil de la pauvreté aux États-Unis, des gens qui n'avaient jamais eu accès à des programmes d'assurances en santé.

Le programme Medicare, couvrant les gens de 65 ans et plus, avec des conditions pour la vie ou encore des conditions qui les condamnent, voyait sa dette nationale éliminée dès 2020. Les entreprises avec plus de 50 employés devaient offrir l'assurance santé à leurs employés. Finalement les coûts en santé étaient réduits de 143 milliards, refilant la facture aux fournisseurs de soins et aux compagnies pharmaceutiques.

Mais il y avait aussi beaucoup de désavantages. plus de 30 millions d'Étatsunien ont vu leur plan d'assurance être annulé puisque ce plan ne respectait pas les 10 critères "essentiels" de types d'hospitalisation. Le faire remplacer coûtait alors au final plus cher que n'importe quoi. Un autre 3 à 5 millions a vu son plan de santé pré-éxistant, fourni par l'employeur, être aussi annulé pour les mêmes raisons et de petites entreprises en ont souffert aussi, avec un Obamacare plus coûteux et devenu obligatoire si vous aviez 50 employés ou plus. Ceux qui n'adhéraient pas à l'Obamacare étaient puni d'une taxe supplémentaire. Les taxes ont ainsi augmenté pour pour plusieurs millions d'Étatsuniens.

Avant 2013, les familles pouvaient déduire les dépenses en santé si celles-ci dépassaient le revenu de plus de 7,5% ou plus. L'Obamacare repoussait ça à 10%. Les compagnies pharmaceutiques et fournisseurs, se faisant refiler la facture, la refilait aux usagers, en gonflant les prix des médicaments.

Là où l'Obamacare est souhaité, ça fonctionne merveilleusement. On a laissé les États gérer eux-même l'application de l'Obamacare et plus l'État était Républicain, plus l'État était pauvre, moins l'envie de l'Obamacare s'y trouvait.

Le Président a promis d'unifier mais son premier geste en est un d'éradication

Alors que dans les républiques de bananes internationales, L'ONU se félicite que le népotisme soit en baisse, le plus influent (plus pour longtemps) pays au monde voit son président engager son gendre comme proche conseiller.

Trump veut faire baisser les objectifs écologiques du sommet de Davos, tandis que Trudeau veut sensibiliser nettement plus sur la situation climatique mondiale. Trump est déjà hostile à l'OTAN.

Trump veut mettre la hache dans l'accord de Libre-Échange. 35 États des États-Unis dépendent de l'ALENA et ça créé plus de 9 millions d'emplois aux U.S. of A. 60 000 emplois sont en jeu dans le seul dossier du bois d'oeuvre où il s'agit d'un des rares pans de l'accord où c'est au Canada que ça rapporte. Les États-Unis ne le supportent pas et tentent (réussissent souvent) de nous crosser sur la chose depuis le jour 1 de l'ALENA.

Trump est en mode respect à l'égard de Poutine et veut botter le cul et du Mexique et de la Chine. Il accuse les deux pays de voler leurs emplois. Sa propre fille y fait construire sa pacotille.

Le Canada a la Chine comme important ami et le Mexique comme partenaire de jogging.
Et Poutine est un gnôme mental.

Marine Le Pen attend Trump sur Tinder.

Tant de choses nous éloignent maintenant de nos voisins du Sud.
Impossible de ne pas penser à un recul.
Impossible. Make America Hate Again.
L'ignorance a toute la tribune.
En avril 1965, Lester B. Pearson, gagnant du Prix Nobel de la Paix 6 ans plus tôt pour son rôle dans la situation politique du Canal de Suez, se rendait aux États-Unis, au bureau de Lyndon B.Johnson, afin de discuter implication au Vietnam. Pearson allait lui suggérer une trêve dans les bombardements des États-Unis, ce qui favoriserait la marche vers la paix avec le Nord-Vietnam. Johnson, insulté, le prenait par le collet pour lui cracher à la figure le ligne qui coiffe ce billet.

Je n'ai aucune difficulté à imaginer que Trump puisse avoir le même comportement avec Selfie Trudeau.

dimanche 22 janvier 2017

Voyages

Revenu d'une croisière qui nous habitent encore, il est possible que je vous en parle une ou deux fois dans les semaines qui suivent.

Ou des voyages que ce voyage m'a inspiré.

J'avais en main, pour lire en mer, trois livres.

-Stanley Kubrick's Archives. Une brique couvrant la carrière entière du maître du cinéma. Je l'ai dévorée avec la passion la plus totale et ait maintenant choisi d'investir sur le reste de sa filmographie, l'argent que j'ai reçu en cadeau à Noël. Il ne m'en manque que trois, les trois premiers longs métrages: Les plutôt mal titrés Killer's Kiss et The Killing, ainsi que Paths of Glory. Peut-être le moyen métrage Fear & Desire si il se vend.

-Unfaithful Music & Disappearing Ink. 672 pages d'Elvis Costello, plume brillante, drôle et plus humble qu'on aurait pu le croire. Celui-là, j'avoue l'avoir "emprunté" dans la splendide bibliothèque couvrant deux étages du bateau et laissée sans supervision en tout temps. Comme je le lis encore, c'est un emprunt infini...

Mais, bien que ces deux livres me restent beaucoup dans l'esprit (tant de choses me restent dans l'esprit...) c'est une toute petite plaquette qui m'a allumé en premier. Dans l'avion. À peine 89 pages. Un essai. Genre que je visite pas mal tous les jours moi-même ici ou ailleurs, sans toujours le remarquer.

Je m'étais toujours gardé une réserve par rapport à Rafaële Germain. J'ai toujours un frein par rapport aux "enfants de...". Ils ont inévitablement  un prénom à se faire devant le nom de famille des personnalités connues qu'ont été leurs parents. Je suis plus difficile avec eux et donc moins indulgent. Et comme elle se dit fière d'écrire de la chick-litterature, je me sentais éliminé de son ghetto cercle. L'expression chick-litt m'a toujours agacé. Je peux comprendre qu'un certain type de lecture plaise davantage aux femmes, mais ce que je comprends de la "chick-litt", c'est qu'il s'agit bien souvent (tout le temps?) des aventures, souvent légères, narrées d'un point de vue d'auteures et de personnages féminins. Je ne vois pas en quoi ça ne pourrait pas être tout simplement de la littérature. Et je trouve que sous le couvert de la légèreté, on se dédouane moralement en se disant que l'on se permet d'écrire, peut-être moins bien, puisque que l'on veut surtout ne pas paraître prétentieux.

Bref, Rafaële Germain, fille de George-Hébert Germain, auteur, devait en faire (inconsciemment) un peu plus que les autres pour me titiller l'intérêt. Et jusqu'à l'avion, destination Fort Lauderdale, elle n'était qu'agacement pour moi.

J'avais l'impression qu'elle ne recréait que des pyjamas partys entre filles où je n'y aurais jamais trouvé ma place. Je me suis même compromis avec un de ses proches amis en parlant d'elle avec une ombre de dédain, ce qui était con de ma part. Je respecte grandement aujourd'hui et cet ami, et Rafaële,

C'est la belle et inspirante plume de Rima Elkouri (que j'aime aussi beaucoup) qui m'a mené à Un Présent Infini, notes sur la mémoires et l'oubli, 10ème livre de la collection Documents, jolie collection d'essais, dont je me suis aperçu que j'en avais aussi le 3ème livre, Le Sel de la Terre de Samuel Archibald.

L'essai de Rafaële Germain est touchant d'humanisme et raconte, en parallèle d'observations ludiques sur la vie qui change autour de nous, les derniers jours de son père George, atteint de la dévastatrice maladie d'Alzheimer. George-Hébert Germain nous as quitté le 14 novembre 2015 à l'âge de 71 ans. Mais Rafaële croit en avoir reconnu les traits, de l'homme qui avait passé 69 ans allumé sur tout, deux ans avant. Et c'était pour se réapproprier cet homme, ce souvenir avant que la maladie ne le ravage, qu'elle a voulu mettre en mots ce qu'elle a vécu.

Ça m'a beaucoup rejoint. Ça toucherait n'importe qui. Ça parle de deuils multiples sans en utiliser le mot à outrance. Ce n'est pas lourd et douloureux, c'est même souvent très drôle. C'est aussi rempli d'une finesse que seules de longues heures auprès d'un être aimé devenu méconnaissable peuvent offrir. La solitude et le spleen font créer. C'est un livre sur la mémoire et l'oubli, mais un plus grand livre encore sur le regard. Que l'on porte sur soi, sur les gens aimés, sur la vie qui nous bouleverse et la mort qui ici, les bercera.

Son regard sur les autres, entre autre choses, m'a semblé très juste. Je pense à ce passage en particulier qui parle de la résistance générationnelle, qui nous faisait dire "I don't give a fuck", mais qui fait aujourd'hui dire, au même âge, "I so give a fuck (about myself)" à coup de selfies. Conformisme là où il pourrait y avoir distinction.

C'est aussi un essai sur la vitesse avec laquelle la technologie nous fait foncer vers le ravin demain.

Je sais déjà que je prêterai ces moins de cent pages à un ami dont le père est aussi décédé de la maladie d'Alzheimer.

C'est un très très beau livre. Livré sans prétentions.

C'est de la très belle littérature.

En costume d'essai.

Réussie.

Merci Raf. Célébrée (parce que née) le jour où mon propre père nous as aussi quitté de manière prématurée.

samedi 21 janvier 2017

Ionesco 10+1

Eugene Ionesco était un représentant majeur du théâtre de l'absurde français. Roumain d'origine, il a appris le français (et l'anglais) par les méthodes Assimil, ce qui lui a donné l'idée de sa toute première pièce, écrite à partir de 1947.

J'adore la folie douce d'Eugene. Voici en 10 pièces (+1) l'artiste tel que je l'aime.

La Cantatrice Chauve
Ionesco ne parlera jamais d'absurde autant que de "grossir les ficelles de l'illusion théâtrale". La pièce, aux phrases qui n'ont souvent rien à voir avec la phrase précédente (comme dans les apprentissages des méthodes Assimil) fait scandale et les gens chahutent devant le manque de cohérence. Elle connait donc beaucoup de succès puisqu'on s'y rend pour aller se défouler. Et bien rigoler, car tout ça reste très drôle. Le titre original était L'Anglais Sans Peine. Mais on trouve que ça se rapproche trop de L'Anglais Tel qu'on Le Parle, un vaudeville de Tristant Bernard de 1899. En répétant, le comédien jouant le pompier, qui devait parler d'une institutrice blonde, a un trou de mémoire et parle plutôt d'une cantatrice chauve. Ionesco a trouvé son titre. le collège de pataphysique s'intéresse beaucoup à la pièce,  Ionesco est lancé. Nous sommes en 1950.

La Leçon
Une leçon privée entre un vieil enseignant et son élève, voit la leçon augmenter en difficultés et se termine très mal, l'enseignant faisant de son élève, sa 40ème victime de la journée quand l'élève ne comprendra plus le maître et qu'un fossé de connaissance les séparera à jamais. Souiller l'innocence à défaut de la préserver. Ionesco place un texte burlesque sur un jeu dramatique et vice-versa. Il fait dire aux mots (encore) des choses qu'ils n'ont jamais voulu dire. Encore très drôle. Nous sommes en 1951.

Les Chaises
Le théâtre de Ionesco est comme du théâtre de rêve. Son théâtre étouffe les conventions. Ionesco adore les mouvements répétés. Dans Victime du Devoir son personnage surpeuplera la pièce de tasses de café. Dans Amédée ou Comment S'en Débarrasser, le mort grandit dans la démesure. Dans Jeux de Massacre, on se tue sans arrêt par peur de contamination. Dans les Chaises, on ne cesse d'amener des chaises, afin de contenir les possibles nombreux invités. Le néant est le sujet de la pièce. L'irrationnel s'y glisse plus solidement encore. On frôle le fantastique et le dystopique. Nous sommes en 1952.

Victime du Devoir
La pièce retrace l'itinéraire loufoque et symbolique, drôle et tragique de Choubert, homme doux et timide, de son mariage à sa mort cruelle, en passant par une descente aux enfers et des moments d'illuminations magiques. Ionesco se livre personnellement. Il nous parle de sa relation avec son père, de son enfance solitaire, de la désunion d'avec lui et de la lourdeur et des illuminations qui étaient siennes vers 1927-1928. Il veut nous parler de la fin de la pesanteur et du retour à la lumière. Nous sommes en 1953.

Amédée ou Comment s'en Débarrasser
Un couple vit depuis 15 ans dans l'obsession du secret que renferme la chambre d'à côté. On y découvre les jambes d'un cadavre. Jambes qui deviendront exponentielles. Réflexions sur le remords. Le personnage principal est d'abord abattu et résigné, puis décide de prendre ses responsabilités. Sa femme, au contraire, le pousse à faire quelque chose en attaquant une prétendue lâcheté, mais à la fin, elle fait tout pour le contenir. La pièce aurait été écrite vers 1939, quand Ionesco est entré en contact avec des soldats des États-Unis (nom impliqués encore dans le conflit de la Seconde Grande Guerre), ce qui explique leur présence dans la pièce. Une comédie naïve qui relève autant de la psychologie que de la morale. Nous sommes en 1954.

Jacques ou la Soumission
D'abord drame familial, ou une parodie de drame familial. C'est aussi un cri de révolte. Jacques est un jeune homme qui ne supporte pas le compromis qu'imposent à tout individu la famille et la société. Il sera aux prises avec ses parents et ses beaux-parents qui, ligués contre lui, veulent le forcer à rentrer dans le rang. Il refusera drastiquement les pommes au lard, ce qui trahit un fossé entre les générations. Il refuse ensuite la fiancé qu'on lui propose, puis, refuse la fiancée de remplacement, en tout point identique, sinon qu'elle a 3 nez. Chaque fois, il finit par se soumettre. Nous sommes en 1955.

Scène à Quatre
Dupond et Durant se chicanent sur un sujet qui restera inconnu. Ils s'accusent mutuellement et nient tout autant. Martin arrive mais rien n'y fait, l'abstrait conflit persiste. Une jolie dame arrive et les 3 clament qu'elle est leur fiancée. Ils en viennent tous aux coups. Pièce extrêmement légère qui laisse le spectateur tenter de trouver pourquoi ces guignols se disputent, et ce, jusqu'à la fin. Qui est une bagarre générale. Nous sommes en 1959.

Rhinocéros
La pièce dépeint une épidémie imaginaire de "Rhinocérite", maladie qui transforme les gens en rhinocéros et qui effraie tous les habitants d'une ville. Métaphore de la montée des totalitarismes à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale. Pièce clairement politique de Ionesco. Humaniste aussi. Elle aborde les thèmes du conformisme et de la résistance au pouvoir politique. Affront des comportements grégaires de la foule qui suit les mouvements sans se questionner. Le personnage le plus humain sera le seul à ne pas devenir rhinocéros. Nous sommes toujours en 1959.

L'Avenir est dans les Oeufs
Écrite en 1951, il s'agit d'une suite à Jacques ou La Soumission (qui elle avait été écrite aussi avant). Courte pièce, souvent présentée à même la même copie papier que sa première partie. "Vous réfléchissez? moi aussi. Mais dans un miroir" et "La vérité n'a que 2 faces, mais son 3ème côté vaut mieux!" sont 2 des perles de ses pièces. Nous sommes en 1962.

Le Roi se Meurt
On annonce la fin du règne du roi. Celui-ci refuse d'admettre la réalité. Il contestera tout ce que le médecin lui dira sur sa santé. Il essaiera de se lever toute la pièce, sans succès. La décor disparaît peu à peu, invitant la mort à prendre toute la place. Ionesco, 53 ans, parle de la mort et de nos comportements face à celle-ci. Réflexion sur l'écoulement du temps et la décrépitude, ainsi que sur la perception du réel. Nous sommes encore en 1962.


Macbett
1972. Si il y a différence d'orthographe d'avec le Macbeth de Shakespeare, Ionesco s'amuse toutefois à en reprendre plusieurs aspects de la narration et de l'appliquer à la guerre que se livreront les comtes de Glamiss et de Candor avec le souverain Duncan. Lady Duncan courtisera Macbett et lui donnera le royaume. Lady Duncan se retournera contre Duncan le souverain, en complicité avec Macbett. Le fils adoptif de Duncan s'en mêlera aussi. La pièce se termine sur promesse de tyrannie et d'hostilité.

Comme les États-Unis depuis hier.

vendredi 20 janvier 2017

Par en Arrière

Christine était dans un état de grâce.

Après un massage de la sorte, on se sent toujours bien. Même que Christine s'était endormie. À son réveil, elle s'était senti différente. Mais reposée. C'était le signe d'un bon massage qui avait eu ses effets.

En voulant se rhabiller, elle s'étonna de ne plus trouver son linge. Elle s'étonna encore plus de constater qu'elle portait de très gros sous-vêtements comme on en portait dans les années 60. Ça lui pris un bon 20 secondes avant de constater qu'on avait troqué ses sous-vêtements et son linge pour du linge se rapprochant du style de 1960. Elle enfila le tout, mais tint à savoir ce qui s'était passé tout de suite. Elle ouvrit la porte et se rendit à l'accueil qui semblait avoir changé aussi. Elle y trouva une femme noire qui lui dit:
"Vous avez aimé votre massage madame?".
"Tout à fait mais qu'est-ce qui s'est passé avec mon linge? où est passé ma masseuse?"
"C'est moi madame Christine, c'est moi qui vous ai massé, vous avez aimé? j'en suis bien heureuse, passez une bonne journée!"

"Non je..er...vous...je vous dois combien?"
"Rien madame, mon maître me paie trois repas par jour et me loge, je n'ai pas besoin d'argent, Madame Christine"

Complètement confuse, elle quitta les lieux et se rendit dans le stationnement où la stupeur allait être plus grande encore. Sa voiture n'y était pas. Elle retourna à l'intérieur.

"Où est ma voiture? que c'est-il passé avec ma voiture?"
La femme noire sourit à pleine dents avant de lui répondre:
"Madame...la voiture de votre mari vous voulez dire?..."
"je n'ai pas de mari, arrêtez-moi tout ce cirque, où est mon linge? où se trouve ma voiture?"

La femme noire ne su pas quoi répondre. Christine chercha sa sacoche, mais ne la trouva pas non plus. Elle pris la seule sacoche traînante, un grosse sacoche démodée, et y trouva des articles qui pouvaient ressembler aux siens. "C'est à vous?" demanda-t-elle à la femme noire. Celle-ci répondit que non, c'était plutôt à Madame Christine. Christine chercha son téléphone cellulaire, mais en vain, il n'y était pas.

"Où se trouve mon téléphone?"

La femme noire garda le silence. Regarda son propre téléphone sur le bureau. Mais garda le silence.

"Où se trouve mon téléphone?" dit Christine avec plus de fermeté.

"...pro...probablement chez vous..." répondit timidement la femme noire.

Que se passait-il? cet impression vilaine de se faire arnaquer. Si elle avait été plus-que-relax à sa sortie du massage, maintenant, elle était assez tendue. Que faisait-elle dans ces fringues...? mais la femme noire aussi était habillée dans le même style. Toute la décoration était du style des années 60. Christine sortit en trombe et découvrit que dans la rue, les voitures étaient tous des modèles des années 60...

Elle était entrée dans le salon de massage en 2017 et en était sortie quelque part dans les années 60.

Comme le salon de massage était à 10 minutes de marche du bureau, elle s'y rendit à pied. Confuse. Inquiète. Regardant partout des icônes nouvelles des années 60 dans un décor qui aurait dû être celui des années 2010.

Elle ne reconnut pas le bureau non plus. Ni de l'extérieur, ni de l'intérieur. Tous ses collègues étaient nouveaux, mais tout le monde semblait la connaître.

Un homme lui dit en la voyant:
"HA! Christine, merci de me retaper ceci à la machine et de m'en faire une copie carbone, svp"

"Mais...,mais...,mais qu'est-ce qui se passe? je suis directrice locale des réseaux de données informatique de la banque, je ne suis pas secrétaire... QUI ÊTES VOUS TOUS?"

Christine sentait la panique monter.

Sa masseuse était devenue noire et ne voulait pas se faire payer, son linge était passé du pantalon à la jupe des années 60, elle n'avait plus de voiture et ça semblait inconcevable qu'elle en possède une, quand elle parlait on ne la comprenait pas, son bureau n'était plus le même, elle n'y avait plus le même rôle.

Elle était revenue 50 ans en arrière, mais était restée au même âge...



Donald Trump devient officiellement Président des États-Unis aujourd'hui.

jeudi 19 janvier 2017

Fameuses Collaborations Cinématographiques

Je vous le suggérais inconsciemment hier avec mon titre. Je plonge dedans today.
Longuement, je vous préviens...

Il y a de ces chimies entre réalisateurs et acteurs/actrices qui ont si bien fonctionné, de par le passé qu'il est notable de les souligner. Certains continuent de garder leur famille tout près d'eux.

Voici quelques associations qui ont été gages de succès pour celui derrière la caméra et la vedette devant.

Souvent.

Akira Kurosawa, Toshiro Mifune et Takashi Shimura.
En 1943, Takashi Shimura incarne le vieux professeur de ju-jitsu dans le premier film d'Akira Kurosawa.  Ils répéteront l'expérience pas moins de 21 autres fois entre 1943 et 1980. Ses performances incluent celle du docteur en mise en abîmes dans Drunken Angel, le vétéran détective dans Stray Dogs, le tordu avocat de Scandal, le coupeur de bois dans Rashomon, le bureaucrate malade dans Ikiru et  Kambei dans Les 7 Samouraïs. Toshiro Mifune, décédé un 24 décembre, il y a 19 ans, est d'abord assistant caméraman, mais lors d'une grève des acteurs, on organise des auditions libres pour les remplacer, et il se découvre une nouvelle carrière. Kurosawa est épaté par son talent et l'engagera 16 fois. Pour entre autre Rashomon, Les Sept Samouraïs, The Hidden Fortress, Throne of Blood et Yojimbo.  

Billy Wilder et Jack Lemmon.
Le réalisateur Billy Wilder travaillera 7 fois avec Jack Lemmon. Wilder dira de lui qu'il était comme un jambon de grande qualité, mais sur lequel il fallait enlever quelques couches de gras pour parler de la tendance de Lemmon d'en faire quelques fois un peu trop. Lemmon s'investissait tant dans ses rôles qu'il avouera pour sa part que si son personnage faisait une dépression nerveuse dans le film qu'il jouait, il était porté à en faire lui aussi, en privé. Lemmon sera de l'affiche principale de Some Like It Hot, The Apartment, Irma La Douce, The Fortune Cookie, Avanti!, The Front Page et Buddy, Buddy. Lemmon sera un homme fidèle, travaillant avec Blake Edwards 3 fois, Richard Quine 4 fois. C'est d'ailleurs Quine qui avait tourné le bout d'essai studio de Lemmon en début de carrière. Il a aussi tourné de nombreux films en compagnie de l'acteur Walter Matthau, faisant même tous deux partis de JFK d'Oliver Stone.

David Lean et Alec Guiness.
Après avoir tourné Great Expectations en 1946 et Oliver Twist, 2 ans plus tard avec Alec Guinness, Lean considère que le futur acteur d'Obi-Wan Kenobi est son acteur chanceux. Le temps lui donne raison  Pour son rôle du colonel Nicholson dans The Bridge of the River Kwaï, Guinness gagne l'oscar du meilleur acteur et Lean, celui du meilleur réalisateur. L'exigeant Lean l'emploiera 6 fois au total. Guinness sera le prince Faysal dans Lawrence of Arabia en 1962, le général Yevgraf Zhivago dans Doctor Zhivago et le professeur Godbole dans A Passage to India, Presque 40 ans après leur première collaboration.

Ethan & Joel Coen, Frances McDormand & John Goodman (et plusieurs autres).
Les frères Coen ont littéralement une famille pour leurs films. Joel est même le mari de l'actrice Frances McDormand. Celle-ci apparaît dans 8 de leurs films: Blood Simple, Raising Arizona, Miller's Crossing, Fargo (pour lequel elle gagne l'Oscar de la meilleure actrice, enceinte jusqu'aux oreilles), The Man Who Wasn't There, Burn After Reading, Hail Cesar! et dans le film co-scénarisé par les deux frères, Crimewave. John Goodman apparaît dans 6 films: Raising Arizona, Barton Fink, The Hudsucker Proxy, The Big Lebowski, O Brother, Where Art Thou?, Inside Llewyn Davis. Il a aussi participé à la pièce de théâtre pour radio, scénarisée par les frères Coen, Sawbones.

Federico Fellini, Marcello Mastroianni & Giuletta Masina.
L'extraordinaire réalisateur italien avait aussi une large famille cinématographique auquel il faisait souvent appel. L'actrice Giuletta Masina est devenue l'épouse du réalisateur. Celle que l'on appelait la "Chaplin féminine" a été à l'affiche de 7 de ses films: Variety Lights, The White Sheik, La Strada, Il Bidone, Nights of Cabiria, Juliet of the Spirits et Ginger & Fred. Marcello devient le double de Federico dans 6 de ses films: La Dolce Vita, 8 1/2, Fellini: a Director's Notebook, City of Women, Ginger & Fred et Intervista.

François Truffaut et Jean-Pierre Léaud.
François se reconnaît tout simplement dans le petit Jean-Pierre quand celui-ci n'a que 14 ans. Il en fera son double dans tout la série de l'apprentissage de la vie d'Antoine Doinel. Leaud jouera dans 7 des films de Truffaut, 5 fois Doinel, dans Les 400 Coups, Antoine & Colette, Baisers Volés, Domicile Conjugal et L'Amour en Fuite. Il jouera Alphonse dans La Nuit Américaine et Claude Roc dans Les 2 Anglaises et le Continent.

George Cukor & Katharine Hepburn.
Étrangement, celui que l'on surnommait (à son grand désarroi) "un réalisateur pour femmes", aura été le réalisateur ayant fait gagner le plus souvent l'Oscar du meilleur acteur à ses comédiens. Sa longue association avec Katharine Hepburn y est surement pour quelque chose dans le surnom. Hepburn est choisie par Cukor pour incarner Scarlett O'Hara dans Gone with the Wind. Cukor l'avait fait tourner alors dans A Bill of Divorcement, Little Women, Sylvia Scarlett et Holiday. Mais Cukor sera remplacé par le producteur David Selznick avant le premier tour de manivelle. Ce qui ne l'empêchera pas de retravailler avec l'actrice sur The Philadelphia Story, Keeper of the Flame, Adam's Rib, Pat & Mike, Love Among the Ruins et The Corn is Green pour un total de 10 collaborations.

Ingmar Bergman, Liv Ullmann, Bibi Andersson et Max Von Sydow.
Ingmar avait aussi définitivement son clan. Andersson, Ullman et Von Sydow sont trois des plus réguliers collaborateurs, mais il y en avait plusieurs autres. Ullman, qui sera aussi l'amoureuse du réalisateur entre 1965 et 1970, jouera dans 9 de ses films: Persona, Cries & Whispers, Face to Face, The Hour of the Wolf, The Passion of Anna, Shame, Scenes From a Mariage, Autumn Sonata et Saraband. L'extrêmement jolie Bibi débute discrètement pour Ingmar dans un commercial en 1951.  Elle sera de 13 de ses films: Smiles of a Summernight, The Seventh Seal, Mr Sleeman is Coming, Wild Strawberries, Brink of Life, Rabies, The Magician, The Devil's Eye, All These Women, Persona, The Passion of Anna, The Touch et Scenes From a Mariage, Von Sydow sera de 11 des films d'Ingmar: The Seventh Seal, Wild Strawberries, The Magician, Rabies, Brink of Life, The Virgin Spring, Through a Glass Darkly. Shame, Hour of the Wolf, The Passion of Anna et The Touch. Une tout autre chronique un jour traitera du "clan Bergman" qui comprend aussi Ingrid Thulin, Erland Josephson et Gunnar Björnstrand

Jean-Pierre Jeunet et Dominique Pinon.
Les deux complices se retrouvent pour Delicatessen, La Cité des Enfants Perdus, Alien Resurrection, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, Un Long Dimanche de Fiancailles, Micmacs à Tire-Larigot et The Young & Prodigious T.S. Spivet., pour 7 collaborations.

Rainer Werner Fassbinder & Hannah Schygulla
Il y a, ici aussi, toute une chronique à faire dans la relation tordue et tendue entre ce réalisateur homosexuel et cette femme fatale blonde qui représentait l'ultime femme allemande aux yeux de RWF dans l'après guerre. Ils tourneront pas moins de 18 fois ensemble. Entre autre dans les films L'Amour est Plus Froid que la Mort, Le Bouc, Les Dieux de la Peste, Pourquoi Monsieur R.est-il Atteint de Folie Meurtrière?, Prenez Garde à la Sainte Putain, Les Larmes Amères de Petra Von Kant, Le Marchand des Quatres Saisons, Le Mariage de Maria Braun, Berlin Alexandreplatz et Lili Marleen.

Neil Jordan & Stephen Rea.
Les deux irish punks tournent ensemble pour Angel, The Company of Wolves, The Crying Game, Interview With a Vampire, Micheal Collins, The Butcher Boy, In Dreams, The End of The Affair, Breakfast on Pluto et Ondine, soit 10 fois.

Yimou Zhang & Gong Li
Ces deux là ont importé un cinéma chinois au début des années 90 qui nous était alors presqu'inconnu. Ils sont d'une importance immense dans le cinéma asiatique. La splendide Gong Li débute en 1987 sous la direction de Yimou Zhang. à l'âge de 21 ans, dans Red Sorghum. Elle tournera 8 autres fois pour lui, dans: Codename Cougar, Ju Dou, Raise The Red Lantern, The Story of Qiu Ju, To Live, Shangaï Triad, Curse of the Golden Flower et Coming Home.

Woody Allen, Diane Keaton, Mia Farrow.
Wood a beaucoup, beaucoup de collaborateurs réguliers. Wiest, Roberts, Johansson, Davis, Alda, Baldwin, Danner*, Kavner, Lasser, McRobbie, Shawn, Waterson. Deux de ses plus importantes collaborations étaient ses muses au privé comme en public. Diane Keaton a joué dans 8 de ses films: le court métrage Men of Crisis: The Harvey Wallinger Story en 1971,  et les films Sleeper, Love & Death, Annie Hall (Oscarisée pour celui-là). Interiors, Manhattan, Radio Days et Manhattan Murder Mystery. Mia Farrow sera de 13 de ses films: A Midsummer's Night Sex Comedy, Zelig, Broadway Danny Rose, The Purple Rose of Cairo, Hannah & Her Sisters, Radio Days, September, Another Woman, Crimes & Misdemeanors, New York Stories, Alice, Shadows & Fog et Husbands & Wives.

John Ford, Henry Fonda, John Wayne.
John Ford avait travaillé 7 fois avec Fonda entre 1939 et 1954. Sur Young Mr Lincoln. Drums Among the Mohawk, The Grapes of Wrath, My Darling Clementine, The Fugitive et Fort Apache avant de commencer le tournage d'une adaptation d'une pièce mettant en vedette Henry. C'est là que tout a dégénéré. Mais comme Mister Roberts allait être un succès public et critique, les deux se retrouveraient pour un ultime et dernier effort en 1962 avec How the West Was Won, pour un total de 8 collaborations. Ce qui n'approche pas encore les 21 collaboration entre John Wayne, (un homme à tout faire sur un plateau en 1927), entre 1928 et 1963 dans entre autre: Stagecoach, The Long Voyage Home, She Wore a Yellow Ribbon, Rio Grande, The Quiet Man, The Searchers et The Man Who Shot Liberty Valance. 

Martin Scorsese, Robert DeNiro & Leonardo Di Caprio.
Martin score 9 fois avec DeNiro: D'abord dans Mean Streets, puis Taxi Driver, New York, New York, Raging Bull, The King of Comedy, Goodfellas, Cape Fear, Casino et le court métrage The Audition (disponible seulement en Russe au moment d'écrire ceci...). Il rajeunit son acteur fétiche en utilisant Leo Di Caprio 6 fois dans les plus récentes années. Dans: Gangs of New York, The Aviator, The Departed, Shutter Island, The Wolf of Wall Street et le court-métrage The Audition.

Mentions plus qu'honorables (mais je dois m'arrêter ces familles sont trop nombreuses...) aux collaborations entre Altman & Shelley Duvall (7), Tim Burton & Johnny Depp (8), Burton & Bonham-Carter (7), Blier & Depardieu (7), Bunuel & Piccoli (7),  Huston & Bogart (5), Godard & Leaud (8), Godard & Karina (8), Cassavetes & Rowlands (7) et Welles & Cotten (5).

Movie is family.

*Étrangement jamais de collaboration avec la fille de Blythe Danner, Gwyneth Paltrow.