vendredi 30 septembre 2011

Mamme de Fénage

Voyez, je ne suis même pas capable de l'écrire.

Parce que j'en ai honte. Je n'ai pas été élevé à faire de la sous-traitance dans ma maison. À y installer une relation d'affaires.

Quand j'étais jeune, il y avait des familles, dont la maman était officiellement femme au foyer, qui se faisait venir une dame afin de faire le ménage chez elles. Ce que je ne comprenais pas, c'est que ses mères restaient souvent sur place afin de superviser le travail de l'employée engagée pour le faire. J'avais un relatif mépris pour Madame G. que l'on voyait par la grande fenêtre de son salon. Elle lisait sa revue, assise dans son divan, et levait les pieds pour laisser son employée passer la balayeuse. Exactement comme certains hommes de l'époque la faisait et qui étaient hautement méprisé de le faire avec leur femme. Ce n'est pas DSK qui a inventé le mépris pour la bonne. Je ne voyais à l'époque que le sadisme d'une femme qui, à défaut d'avoir une emprise sur quoi que ce soit dans la vie, se plaisait à se faire vengeance et à faire travailler quelqu'un tout en engraissant dans le divan. Quelques fois sa fille me disait qu'elle montait se faire une beauté à l'étage pendant que l'étrangère faisait du ménage. Comme si le cygne devait se distinguer du vilain petit canard au moment précis où celui-ci entrait dans la cabane.
"Ta mère est elle malade? a-t-elle des problèmes de dos?"
"Non, elle aime juste pas ça faire le ménage"

Pour moi, avoir quelqu'un qui vienne faire le ménage chez soi, quand on était parfaitement en âge de le faire soi-même, était le summum de la bourgeoisie. Chez Madame G. en tout cas.

Si ça c'était limité à elle, je n'aurais pas eu d'autres pensées sur la ménagère. Mais c'était courant dans ma rue pseudo bourgeoise de Sillery, presque toutes les maisons sauf la nôtre avait leur petite madame qui venait faire le ménage. Quelque fois le samedi! quand les enfants couraient partout avec leur cornets qui coulaient sur le plancher de la cuisine et avec leur vélos plein de bouette dans l'entrée qui mène au sous-sol "juste pou' voir si je suis capable de descendre les marches en bécyk sans me péter la gueule" (not). J'avais pitié de ses femmes, bien souvent des femmes d'origines étrangères. Je me demandais si elles méprisaient leur employeur. Quand les Houdes ont étés volés par les frères de Conchita, leur femme de ménage, mon idée était pas mal faite sur l'étranger dans ma maison qui fait ce que je peux faire, que j'immisce dans notre intimité,  que je paie parce que je suis riche et un peu fainéant et que j'exploite.

Engager une femme(ou un homme) pour faire mon ménage relevait de la micro-bourgeoisie. Encore aujourd'hui, 90% des fois que j'entend parler de gens pour s'occuper du ménage, j'ai comme un sentiment de malaise. Il s'agit d'un monde auquel je n'appartiens pas du tout et auquel je ne voudrais jamais appartenir.

Par association amoureuse toutefois, j'y ai été plongé. J'avais bien dit à la belle de ne jamais installer un(e) étrangèr(e) dans notre couple mais, ayant des limites plus tolérantes que les siennes, elle a craqué et a engagé en secret une femme d'origine mexicaine il y a 3 ans. Je l'ai su tout de suite dès la première semaine car les choses étaient mal redisposées dans la maison et j'ai fait semblant que je n'en savais rien pour ne pas créer de chicane avec la belle dans la cabane. "Oui mais tu le fais pas!" m'aurait-elle répondu. "Oui je le fais quand je le remarque et que ça m'agace mais ça m'agace jamais avant toi" j'aurais répondu et gnagnazzzzz! je me serais endormi avant la fin de ma phrase, me pensant marié.

À cette époque, je me déplaçais à un bureau de Ville Saint-Laurent pour travailler. La belle lui avait bien spécifié de passer de jour, en secret et de s'éclipser avant 16 heures 30 pour que je ne croise pas l'étrangère sous mon toit.

Quand j'ai commencé à travailler à partir de chez moi c'est devenu exactement l'irritant anticipé. Je craignais que l'on trouve qu'elle ne travaille pas à notre goût. Je craignais qu'elle ne passe pas au moment où nous voulions qu'elle passe. Je craignais que nous ne retrouvions pas nos affaires quand elles les déplaceraient. Je craignais qu'elle nous brise des affaires. Je craignais qu'une relation d'affaires dans la maison de l'amour ne vienne polluer notre existence. Je craignais surtout que l'on apprenne à nos enfants à ne jamais se rammasser "parce que de toute façon la F de M passe demain". Je le craignais tellement que je gardais l'existence de cette femme parfaitement cachée à mes enfants. Exactement comme l'amoureuse l'avait fait avec moi. Avec le même succès. Rapidement les enfants ont vu cette femme qui rentrait chez nous n'importe quand et le mots femmes de ménage ne sont plus restés aussi tabous que je l'aurais souhaité chez moi.

Maria ne travaille pas à notre goût, elle passait le jeudi, puis c'est devenu le vendredi (qui, dès le premier congé soclaire des enfants, l'ont dévoilée), puis sur appel pour toutes sortes de raisons, puis elle a trop mal au dos, puis avec une amie, puis plus tard parce que sa balayeuse fonctionnait mal; je cherche pas mal mes affaires qui sont souvent déplacées de mon bureau,  je dois donner des consignes (wach!) tel un patron face à un subalterne (dans ma maison!), elle nous as cassé un miroir et nous sommes parfaitement lâches dans la ramassage des cochonneries. On a fait changer la boite électrique la semaine dernière et on a pas encore ramassé la poussière de mur et les cochonneries qui ça a fait au sous-sol. On a pas non plus replacé tous les meubles qui étaient dans le chemin. C'est le bordel. On évite le sous-sol pour masquer le problème. On a 70$ à donner à Maria de toute façon, justement pour ça. Why, bother?

 De plus, il est tout à fait difficile pour le travailleur à la maison de négocier avec tout ça. Il est strictement défendu, dans la construction de mon être, de rester à la maison si elle y travaille. Donc à son arrivée je décrisse. Je me trouve des choses à faire pendant deux heures hors de la maison. Bibli/épicerie et autres errances commencent. Je brûle du pétrole.
Mais comme elle n'indique jamais l'heure à laquelle elle va passer, les jours où elle doit passer j'ai beaucoup de difficultés à entreprendre quoi que ce soit. Car peu importe ce que je commence sur l'ordi, je devrai le déplacer et l'amener ailleurs, à la bibli, toujours, et me réinstaller mon bureau en bohémien. Je dois aussi synchroniser mes douches car si ce n'est pas la première chose que je fais en me levant, je risque de me trouver nu face à elle. Je dois aussi synchroniser mes #2 aux toilettes car, déjà qu'elle doit ramasser mes poils de pubis autour du bol, je ne voudrais pas qu'elle hume mes selles en plus. Souvent, elle arrive plus vite que prévu, je suis sale, pas rasé, pas douché, pas les dents brossées, et je dois partir pas présentable avec ma tête de bandit en escapade publique.

Tout, tout, tout tout tout et plus encore, ce que je craignais c'est confirmé. On s'est embourgeoisé, elle est terrible dans "son" travail, pas fiable du tout et ça pollue notre existence.
L'amoureuse, à bout de patience, a appelé le 27 pour la faire remplacer. Maria devait passer ici depuis jeudi, le 15 septembre dernier.
C'est moi qui courait après le double de la clé qu'on lui avait laissé.

Elle est venu me la porter hier, portant visage de mépris, obligatoire, à mon égard.
Des gens de son entourage viendront peut-être me voler avant que nous changions d'adresse.
Après tout sa partenaire occasionnelle... a-t-elle un double elle-aussi?

Il y avait un lourde odeur de fumier qui émanait de ma salle de bain dans l'entrée.

jeudi 29 septembre 2011

Pas Nécessairement Sur La Marquise

C'est Robert DeNiro qui m'a appris ça.

Les meilleurs acteurs sont bons et crédibles quand ils jouent des personnages très près de leur propre personalité.

J'ai vu DeNiro si souvent dans des films* et en entrevue que je crois être capable de le cerner un tout petit peu dans sa personalité à la ville. Si bien que maintenant je trouve qu'il joue pas mal toujours le même personnage. Un brin paresseux. Moins personnage que DeNiro lui-même avec une légère variation. Même chose chez Depp, Fiennes, Cage, Keaton, Freeman et combien d'autres. Ça ne les rend pas nécessairement moins intéressants.

Il ont bien le droit, il n'ont plus rien à prouver si ceci ne leur tente guère. Ce sont des brand names. Des valeur sûres. Des big shots qui feront sauter la banque (ou pas) dès le premier week-end.

Mais une bonne présence à l'écran, même si elle est courte, si elle est mémorable et bien sentie, devient immortelle dans les mémoires collectives. Et l'immortalité c'est souvent le pari des artistes.

Voici le pari, gagné à mes yeux, d'acteurs et d'actrices que l'on ne voit pas assez souvent à mon avis (et c'est peut-être mieux comme ça) et qui chaque fois me renversent de par la qualité de leurs interprétations, la force de leur présence et qui m'éblouissent par la constante redécouverte de leur talent.

Je vous en présente 15 .
Vous les connaissez. Ils sont souvent derrière les grosses pointures et pas nécéssairement sur les marquises.
But they rock the screen (small or big) in my book.

(En ordre alphabétique)
Mathieu Amalric. Personnellement vu dans Munich, Marie Antoinette, Le Scaphandre et Le Papillon.
Bon, ça commence bien mal. Voilà en France un nom qui peut être placé bien haut sur une affiche mais justement il est là le problème. Les films français ne se rendent pas tous dans notre Répuiblique de Bananes et je cherche toujours à mettre les yeux sur Comment Je Me Suis Disputé... (ma vie sexuelle) d'Arnaud Desplechin (non disponible au Québec) qu'un ami qui l'a vu dans un festival me harcèle pour que je vois depuis des années (1996!). Toute une gueule. Grande présence.

Don Cheadle. Personnellement vu dans Boogie Nights, Bulworth, Out of Sight, Traffic, Ocean's 11, Crash, Ocean's 12.
Extrèmement touchant avec sa bouille de petit chien abandonné dans Boogie Nights où il joue un acteur porno à la constante recherche d'un nouveau style. Intense dans Crash. Intéressant toujours. À voir plus souvent.

Bridget Fonda. Personnellement vue dans Easy Rider, Aria, Scandal, The Godfather Part III, Doc Hollywood, Single White Female, Singles, Army of Darkeness, Bodies, Rest & Motion, Point of No Return, City Hall, Jackie Brown, A Simple Plan & Lake Placid. Quel joli minois! Fille de Peter, elle n'a peut-être pas eu le même sentiment d'urgence de travailler aussi souvent que les autres mais quand elle l'a fait, elle m'a séduit toutes les fois. Mêrme dans les navets.

Michael Gambon. Personnellement vu dans A Dry White Season, The Cook, The Thief, His Wife and Her Lover, The Insider, Gosford Park, Harry Potter & The Prisoner of Azkaban, The Life Aquatic With Steve Zissou, Harry Potter & The Goblet of Fire, Harry Potter & The Order of the Phoenix, Harry Potter & The Half-Blood Prince, The King's Speech, Harry Potter & The Deathly Hallows Part I & II. Grotesque, désagréable et envahissant dans l'un de mes films préférés de tout les temps, parfait comme l'ensemble du casting dans l'excellent Gosford Park et tout ce qu'il y a de plus sympathique en (2ème) Dumbledore chez Potter, je pleurerai la mort de cet acteur un jour.

Crispin Glover. Personnellement vu dans Friday the 13th, The Final Chapter, Back to The Future, River's Edge, Wild at Heart, The Doors, Even Cowgirls Get The Blues, What's Eating Gilbert Grape, The People Vs Larry Flint, Nurse Betty, Charlie's Angels & Alice in Wonderland. Toujours en train de jouer l'être torturé. Il fût remplacé dans le rôle du jeune (et torturé justement) père de Marty McFly dans le deuxième et le troisième film de la série de Back To The Future (car il demandait une augmentation de salaire) mais pour lequel il avait jeté toutes les bases. Warhol dans The Doors et muet vilain chez les Anges de Charlie, Glover a mon vote quand vient le temps de saluer les performances hors du commun.

John Hurt. Personnellement vu dans Midnight Express, Alien, The Elephant Man, History of the World Part I, 1984, Spaceballs, Aria, Scandal, Even Cowgirls Get The Blues, Dead Man, Contact, Harry Potter & The Philosopher Stone, The Skeleton Key, Harry Potter & The Deathly Hallows I & II. Il a déjà été une tête d'affiche mais avec l'âge, on l'a relegué dans les rôles secondaires qu'il tient toujours avec grande classe.

Mélanie Laurent. Personnellement vue dans Embrassez Qui Vous Voudrez, De Battre Mon Coeur S'est Arrêté, Je Vais Bien, Ne T'en Fais Pas et Inglorious Basterds. Encore une fois voilà une actrice dont les films ne se rendent pas tous chez nous. Elle peu très bien tenir l'affiche toute seule, elle peut même pousser la chansonnette, elle en a le charme. Mais pour nous au Québec, elle se fait rare.

John Lightgow. Personnellement vu dans Obsession, Blow Out, The World According To Garp, Footloose, Raising Cain, The Pelican Brief, Dexter season 4.  Brian DePalma a offert beaucoup de rôles à Lightgow au cinéma, toujours dans la catégorie des désaxés. Avec sa tête lunaire il a joué à la télé les martiens dans 3rd Rock From The Sun et un parfait psychopathe dans la meilleure saison des Dexter.

Laura Linney. Personnellement vue dans Searching For Bobby Fisher, The Truman Show, You Can't Count On Me, The Mothman Prophecies, Mystic River, Love Actually, Kinsey, The Squid & The Whale, The Savages. Fantastique actrice duquel je suis tombé follement amoureux dans The Truman Show avant de découvrir un réel talent. Trop rare, toujours agréable.

Mary Louise Parker. Personnellement vue dans Fried Green Tomatoes, Naked in New York, Bullets Over Broadway, Boys on The Side, The Portrait of a Lady, Goodbye Lover, et 4 saisons de Weeds. Parfaite dans Weeds, rôle duquel elle aura beaucoup de difficultés à se débarrasser dans l'imaginaire collectif,  elle brille de son air taquin, capable d'humour comme de drame.

Rosie Perez. Personnellement vue dans Do The Right Thing, White Men Can't Jump, Untamed Heart, Fearless, Human Nature.  Qu'est-devenu l'ancienne danseuse de Soul Train? J'aimais son énergie, j'aimais sa voix haut perchée, j'aimais son rythme, J'aimais sa bouille, j'aimais son intensité. Ses choix de rôles n'ont pas toujours été heureux but I still love you Rosie. 

Sam Rockwell. Personnellement vu dans Last Exit To Brooklyn, Basquiat, Celebrity, The Green Mile, Charlie's Angels, Confessions of a Dangerous Mind, The Hitchhicker's Guide To The Galaxy, Snow Angels, Frost/Nixon, Moon. Voilà de tout le groupe mon acteur préféré. Seul les plus audacieux, les plus téméraires et les plus admirables réalisateurs ont osé y aller avec Rockwell comme tête d'affiche (George Clooney, David Gordon Green et Duncan Jones-le fils de Bowie).  Si j'étais moi-même réalisateur, j'en ferais mon acteur fétiche (bien que physiquement il ne me ressemble en rien). 

Chloé Sévigny. Personnellement vue dans Gummo, Palmetto, The Last Days of Disco, Boy's Don't Cry, A Map of the World, American Psycho, Melinda & Melinda, Broken Flowers, Lying et dans deux saisons de Big LoveL'actrice au nom Québécois (mais qui ne parle pas un traitre mot de notre langue) et à la paupière lourde rend le sentiment de la jalousie comme aucune autre. J'adore ses choix artistiques qui marque une totale indépendance d'esprit (et de fortune elle est issue d'une famille giga-riche).  

Dean Stockwell. Personnellement vu dans Paris, Texas, Dune, The Legend of Billie Jean, To Live & Die in L.A., Blue Velvet, Beverly Hills Cop II, The Player, Air Force One. Voilà une exemple de longévité, le gars a commencé sa carrière (enfant) en 1945!!! Et a joué dans des titres qui se pensaient hautement futuristes comme Playhouse 90. Avec sa tête d'assistant-entraineur de club de hockey pee-wee, il n'a jamais eu les rôles de jeunes premiers ni de vedette principale. Mais chaque fois qu'il est à l'écran, il livre la marchandise pour moi.

Sean Young. Personnellement vue dans Blade Runner, Dune, No Way Out, Wall Street, A Kiss Before Dying, Love Crimes, Even Cowgirls Get The Blues, Fatal Instincts, Ace Ventura: Pet Detective. On se l'arrachait au début des années 80 puis jusqu'à récemment, c'est dans la quotidienne The Young & The Restless qu'elle encaissait ses chèques. Faut dire que le sympathique Oliver Stone s'est juré de lui faire une sale réputation après le tournage de Wall Street. 

Voilà une série d'artistes qui ne seront pas/plus des têtes d'affiches (à quelques exceptions près) et qui sustentent complètement le gourmand cinéphile que je fus et suis encore parfois.

Mentions honorables à Alfred Molina, Kate Beckinsale, Harry Dean Stanton, Matt Dillon, Zooey Deschanels, Dominique Pinon, Gina Gershon et Ron Perlman.

*Deniro, personnellement vu dans Mean Streets, The Godfather Part II, Taxi Driver, The Deer Hunter, Raging Bull, Falling in Love, Brazil, The Mission, Angel Heart, The Untouchables, Goodfellas, Awakenings, Backdraft, Cape Fear, A Bronx Tale, Frankenstein, Casino, Heat, Sleepers, Cop Land, Wag the Dog, Jackie Brown, Analyze This, Meet The Parents et dans Extras en tant que lui-même.  

mercredi 28 septembre 2011

Pitié Pour Les Moins (Mentalement) Nantis

Je roulais en direction de l'université. C'était une journée chaude. Suffisament pour resortir ses bermudas.

Coin Bernard et Parc je croise deux jeunes filles juives. Elles devaient avoir 14 ou 15 ans mais en paraissait 42 ou 43 dans leurs costumes austères. Je ne niaise pas, elles ne faisaient pas du tout leur âge, elles avaient l'air très très âgées. Et cette tunique avec de gros collants, ce gilet de laine, ce bleu/gris sous le soleil orangé qui commandait une robe d'été...Je les prenais un peu en pitié.

De l'autre coté de la rue: leur contraire. Deux femmes dans la jeune cinquantaine hautement botoxées et toutes en jambes. Toutefois le botox a manqué à partir du cou dans leurs reconstructions. Elles ont tout mis sur le sillicone au niveau de la poitrine mais le cou, les cuisses et les genoux ne mentaient pas: elles avaient bien 50 printemps. Il y avait aussi un petit côté malhabile et desespéré dans leurs tenues trop courte et trop 20 ans. Elles me faisaient pitié elles aussi.

À la recherche d'équilibre, je roulai jusqu'à la rue Isabella où je stationnai ma voiture. C'est rare que je me stationne si loin avant de me rendre à l'université mais là dans mon spot de stationnement habituel, c'était sale comble. Pas grave j'étais en avance. Ce n'est que là que j'ai remarqué ce grand édifice avec le mot Canada dessus caché au fond de la rue.

J'avais le temps, curieux, je me suis dirigé vers l'endroit.

Un homme m'a accueilli à l'entrée.
"Zêtkivou?"
"Hein? moi? une fouine, c'est quoi ce building?"
"Yan Finn? Zavez de la famille ici?"
"Hein? non je...c'est quoi? un centre d'hébergement? un hôpital?"
"Un peu des deux en fait...vous suivez le hockey?"
"???...suiVAIS, je les trouve idiots maintenant, je l'ai ai laissé tomber, en fait la ligue nationale a cessé de faire appel à mon intelligence...mais pourquoi donc vous de me demandez ça?"
"Aaaah ben dans ses circonstances...je peux peut-être vous faire faire une visite...suivez-moi M.Finn"

Et voilà que le monsieur me fait visiter un asile!
Ici le pavillon Réjean-Tremblay, là le pavillon Michel-Beaudry...
"Mais expliquez-moi monsieur, pourquoi ses noms associés à des journalistes sportifs? Ils ont payé les pavillons?"
"Non, ce sont simplement nos patients les plus célèbres les ayant fréquentés"
"Tremblay? Beaudry? patients ici? vraiment?"
"Sachez monsieur Finn que tous les patients ici sont coinvaincus de l'idée parfaitement folle que les Canadiens de Montréal ont besoin de davantage de francophones pour faire de leur équipe de hockey une meilleure équipe, ce sont de dingues à l'état pur, obssédés par l'idée que parler français fera d'un joueur un gagnant de la coupe Stanley"
"Ils...ils croient vraiment que de parler français donnerait un meilleur club?"
"C'est une idée fixe d'abord alimentée par une grande méconnaissance de l'anglais de la part des auteurs de la théorie. Si on les écoutait, Frédéric St-Denis, Gabriel Dumont, Dany Massé, Phillippe Lefevbre, Louis Leblanc, Olivier Fortier, Olivier Archambault et Alain Berger devrait faire le club simplement parce qu'ils sont francophones"
"Je comprends, il faut absolument les soigner!"

Sur ses mots j'ai croisé quelques patients, l'oeil torve, en camisole de force. L'un d'eux bavait. Il marmonait sa leçon du jour:
"My taylor is rich, Peggy and Sue went to the market..."
Un autre clown plus loin souriait à tout le monde et s'agitait en disant :
"Premier trio: Brian Gendron, Scott Gaudette, Maxime Patience-Rémy, deuxième trio: Thomas Paquette, André Constantine, Michel Caméra-Landry. Troisième trio: Eric Côté, David Desharnais (le nouveau capitaine) et Mathieu Darche (assistant), Travis Morin, Louis Allaire, André Marcoux..."
Le gars avait vraiment l'air gaga. Un parfait imbécile heureux. J'ai reconnu Réjean Tremblay.
J'ai fui, ça me faisait trop pitié.

Moi qui cherchait l'équilibre, je suis tombé chez les débalancés.
C't'idée de fouiner aussi.

Déçu et ravi de savoir qu'on les soigne.
Ça marche pas fort car y a encore tout un lot de fous en liberté qui propagent la théorie en public. Mais y a espoir, on y travaille.
Toutefois les fous ne peuvent que se multiplier quand les Coyotes (qui n'ont que 2 très sacrifiables francophones Pouliot et Bolduc) deviendront les Nordiques.

J'ai fais un don.
Pour la cause.
Faisaient trop pitié.

mardi 27 septembre 2011

Brontë

1814. Naissance de Maria Brontë.
1815. Naissance d'Élizabeth Brontë.
1816. Naissance de Charlotte Brontë.
1817. Naissance de Patrick Branwell Brontë.
1818. Naissance d'Émily Jane Brontë.
1820. Naissance d'Anne Brontë.

À la naissance d'Anne, la famille Brontë s'installe dans le presbytère de Haworth. Patrick Brontë, la patriarche exerce le métier de vicaire de la région. Il a une telle admiration pour le vainqueur de Waterloo, Wellington qu'il en imite le style vestimentaire. Bien que passé de mode, il enfile toujours une large cravate blanche qui lui masque totalement le cou. Il s'invente une gorge fragile pour justifier ce caprice stylistique. Son adulation de Wellington est si importante que les futures auteures ponctueront plus tard chacun de leurs écrits d'au moins un Wellignton (fictif celui-là). Un an après s'être installé à Haworth, Maria, la mère Brontë meurt d'un cancer. C'est la tante, Elizabeth qui prendra en charge l'éducation de la famille, ne pouvant pas marier son beau-frère car c'était alors considéré comme de l'inceste.
Irlandais de souche, Papa Brontë se brouille avec l'église et l'Angleterre qu'il trouve en conflit avec les intérêts de l'Irlande. Chez les Brontë, le pape est alors considéré comme le diable en personne, et Charlotte, en particulier, fera sur les « papistes » une véritable fixation malsaine.

Le malsain s'installe franchement en 1824 quand les 4 ainées vont au pensionnat pour jeunes filles de Cowan Bridge, Maria et Elizabeth y attarpent la tuberculose et meurt toutes deux un an après à l'âge respectivement de 10 et 9 ans.

Le choc est si grand que les quatre autres enfants deviennent inséparables. Charlotte et Émily sont retirées du pensionnat où elles étaient torturées à la fois par les élèves, à la fois par les enseignants. L'éducation se fera désormais à la maison pour les 4 enfants restants. Patrick Brontë achètera 12 soldats de bois pour son fils,  et des jouets pour les trois filles. Mais ce sont les soldats qui sont la source de l'éveil imaginaire des quatre enfants. Les enfants découvrent l'histoire de Lord Byron, futur symbole de leurs oeuvres, décédé un an avant, qui les marquera aussi à jamais.

En Décembre 1827, Charlotte propose que chacun invente une île dont il serait l'administrateur. La ville imaginaire de Glass Town, un mélange de Londres, Paris et Babylone est créé. Charlotte, Emily, Anne et surtout Branwell inventent un monde, structuré historiquement, socialement, juridiquement, administrativement et politiquement, un royaume constitutionnel, avec cours et fêtes, assemblées, partis politiques et luttes de pouvoir, émeutes, révolutions et guerres, codes civil et pénal, tribunaux correctionnels et d'assises. Le tout écrit et consigné dans de minuscules livrets de la grosseur d'une boite d'allumettes.
Dès 1830, quand la carte de l'Afrique est rendue mondialement publique, les aventures imaginaires des quatres enfants prennent forme sur un territoire rappelant beaucoup le continent africain. Branwell étoffe l'univers inventé d'un monde nommé Angria qu'il partage principalement avec Charlotte dans des échanges épistolaires. Émily invente le monde de Gondal, dans lequel elle écrit des poèmes et qu'elle partage avec Anne qui y invente des personnages. Charlotte et Branwell sont aussi profondément attirés par l'oeuvre gothique du peintre John Martin.

En 1834, Charlotte qui a 18 ans, est invitée par un ancien professeur à enseigner. Il est convenu que sa jeune soeur Émily, étudiera à cette école sans frais. Toutefois Émily a un très sérieux mal du pays et retourne vivre au presbystère après trois ans là-bas. Anne prend alors sa place à l'école.
Charlotte découvre The Vision of Don Roderick and Rokeby, un recueil de poèmes de Walter Scott en 1838 quand elle quitte à son tour l'institution scolaire. Ce livre sera sa bible.

En 1845, quand Charlotte découvre des poèmes d'Émily, convaincue du talent de sa soeur, elle lui propose de publier son oeuvre. Emily refuse d'abord, furieuse de cette invasion de ses écrits qu'elle croyait privés mais accepte quand elle découvre qu'Anne écrivait aussi de la poésie de qualité secrètement. Charlotte produira 19 poèmes, Émily et Anne 21 chacune dans Poems by Currer, Ellis & Acton Bell, des pseudonymes masculins dans une société qui n'aurait pas accepté encore des auteures féminins aussi mélancoliques. Les initiales sont conservées et le nom de Bell est assurément inspiré par le nouveau vicaire Arthur Bell Nicholls
Les ventes sont une catastrophe alors que plusieurs mois après la mise en marché il n'y a que deux ventes.

Les auteures ne se découragent pas et l'année suivante publient toutes les trois des incontournables de la littérature.

En octobre, Charlotte/Currier lance Jane Eyre. 
En décembre, Émily/Ellis lance son seul et unique, mais prodigieux livre, Wuthering Heights.
Toujours en décembre, Anne/Acton lance Agnès Grey, largement inspiré par l'univers de gouvernante dans lequel elle baigne.

Le romantisme noir, la violence et le point de vue adopté par les auteures font à la fois scandale et sont d'immenses succès de vente (encore aujourd'hui). Particulièrement les deux premiers. Jane Eyre, trouve un écho chez le public en dénonçant entre les mauvais traitements à Cowan Bridge (déguisé sous les traits de Lowood School). Wuthering Heights est un succès instantanné.


Branwell, tenu à l'écart du succès des trois soeurs, peint mais ne termine pas souvent ses tableaux. Vit du métier de percepteur mais se fait limoger de tous ses contrats. Il publie un peu sous des pseudonymes dans les magazines mais sans succès. Suite à une liaison impossible avec une femme mariée, il sombre dans l'alcool et devient dépendant de l'opium. Atteint de tuberculose, il tente de prouver qu'il est capable de s'appuyer contre la cheminée et tombe raide mort ce faisant à l'âge de 31 ans  .
Anne, atrocement affectée, publie The Tenant of Wildfeld Hall en 1848, encore inspiré de son monde de gouvernante et de la dernière année de vie de son frère. Son style est plus ironique et plus réaliste que celui de ses deux soeurs ainées.

Maladivement timide et très farouche, Emily Brontë refuse les feux de la gloire. Elle écrit pour elle même et ne veut rien savoir du public. Pourtant son livre est considéré le plus important de la famille Brontë. Avec un seul livre, elle a atteint le sommet de l'art littéraire. En s'occupant de son frère avant sa mort elle contracte aussi la tuberculose, refuse les traitements médicaux et meurt trois mois après lui en décembre 1848. Elle avait 30 ans.
Anne suit les traces de son frère et de ses soeurs et meurt aussi de la tuberculose en 1849 à l'âge de 29 ans.

Charlotte, maintenant seule survivante avait publié  Shirley tout en luttant contre une dépression majeure cette année-là. Le titre est si populaire qu'il en deviendra un prénom pour les années à venir.

Émily lui avait fait promettre de rester pour toujours dans l'anonymat mais maintenant qu'elle est morte, Charlotte se dévoile au grand public. Elle multiplie les rencontres littéraires et publiera Villette oeuvre inspirée de ses rencontres bruxelloises.

Elle marie, ironiquement, le vicaire Arthur Bell Nicholls en 1854.

Charlotte tombe toutefois malade et meurt à l'âge de 38 ans en 1855. De nombreuses hypothèses ont été avancées quant aux causes exactes de sa mort - la tuberculose, la typhoïde, la gastro-entérite et les vomissements gravidiques incoercibles - qui n'ont jamais été déterminées.

Il est pratiquement certain qu'elle était alors enceinte.
Le père veuf, Patrick Brontë, survit à Charlotte (à toute sa famille, en fait) et meurt 6 ans plus tard à 84 ans.

Cette famille est encore reconnue comme l'une des plus importantes du monde littéraire.

Même si elle ne contient que 7 livres, elle aura inspirée de nombreux films, ceux de Téchiné, de Bernhardt et un clin d'oeil de Godard entre autres dans le film Week-End.
Trois opéras ont été tirés de Wuthering Heights, Bernard Hermann, Carlisle Floyd et Frédéric Delius s'y sont compromis.
Des ballets ont aussi été créés en leurs noms. Kate Bush a chanté Wuthering Heights en 1978.
Trois astéroïdes découverts en 1973 portent le nom des trois soeurs.

lundi 26 septembre 2011

Le Prix Budget

On voulait faire de l'espace pour un nouveau fusible.

Lorsque nous avons installé le système de climatisation centrale à l'étage il y a deux étés, il a fallu sacrifier un fusible, celui du chauffage dans la verrière, et y placer le fusible de la clim à la place.

Toutefois l'hiver dernier, la verrière où il fait si bon lire avec le chat qui ronronne sur les cuisses ou qui fait le poisson qui sèche au soleil la tête à l'envers, était tout à fait glaciale.

On a donc fait appel à un électricien. Il y avait bien ce voisin italien et qui, officiellement, est électricien, mais comme c'est un voisin, comme lui parler est toujours étouffant, comme l'approcher est toujours un piège qui nous oblige à lui rendre un autre service en échange, comme il est tentaculaire et goudronneux, on a préféré faire affaire ailleurs.

C'est l'amoureuse qui a trouvé le filon.

"C'est l'électricien de mon assistante au bureau, parait qu'il est bon"

On l'a appellé, il s'est pointé lundi dernier en soirée pour évaluer le travail.

C'était un diminutif monsieur, facilement 60 ans, animé et assez verbomoteur. Plusieurs fois il a dit "Hey c'est beau chez vous, vous êtes bien installés". En tant que traducteur, je peux vous affirmer avec certitude que son oeil de décorateur était plutôt une évaluation de la profondeur de notre portefeuille. Le hamster dans sa tête murmurait "Combien je peux leur soutirer à eux?". Je le sais je l'entendais. Bien entendu, comme son rôle l'exigeait il a poussé de hauts cris scandalisés devant nos installations électriques vétustes. Cette stratégie a pour but de nous montrer que la taille de la tâche est insurmontable, faire gonfler la facture, et nous épater en réalisant la chose en moins de temps que prévu au bout du compte.
"Il faut changer toute la boîte c'est une vieille Sylvana de 1980!"
"Ah oui? et on parle de combien si on change toute la chose?"
"Baaaaaaah! (il y pense longuement, regarde nos alcools dans les meubles du salon, le plancher foncé qui fait chic, les électro-ménagers en linox) en bas de 1000$"

OUF! le budget qui oscillait entre 60 et 100$ pour un espace de fusible supplémentaire a soudainement un zéro de plus.

Je lui demande de me mettre une soumission par écrit, de m'envoyer ça par courriel et on va penser à tout ça en digérant sa facture.
"Moi je vous fais un prix budget" a-t-il martelé plusieurs fois devant la paleur de mon visage.
whatever that means c'était pas MON budget!

Le lendemain, il m'appelle et me dit qu'il a évalué tout ça à 1300$.
"Mais...mais qu'est-ce qui a changé entre hier où on parlait de "moins de 1000$" et le 1300$ d'aujourd'hui?"
"Aaaaaaaaah je pensais être capable de vous faire ça en bas de 1000$ mais je me suis trompé, c'est un prix budget..."Ta gueule avec ton sale prix budget! "si vous allez voir dans les magasins Réno-Momo pis toute, vous allez voir que c'est les prix...est-ce que j'ai votre permission pour passer la commande? je veux pas vous mettre de pression mais faudrais que je passe la commande avant trois heures si je veux vous faire ça mercredi"

"O...k...mais c'est exactement ce que vous faites me mettre de la pression, présenté comme ça"

"ben non ben non ben non..."

C'est pas parce qu'on dit "ben non", contre raison, qu'on fait du sens.

"Vous allez m'envoyer une soumission par courriel n'est-ce pas? parce que je voudrais voir le détail de tout ça..."
(avec un air désintéressé) "aaaaaaaaah! ben si vous voulez...ben oui...j'peux ben faire ça..."
Hey le cave tu t'attends à quoi? à ce que je te dises oui de même? tu peux pas tu DOIS me l'envoyer.

J'appelle l'amoureuse pour en jaser.
"Méchant moineau ton bonhomme, t'as vu dans sa soumision il calcule 8 heures de travail, il nous en avait promis 4, il nous avait dit en bas de 1000, il charge 1300, il se calcule 4 heures de transport (!!!) il pars tu de Val  D'Or? il veut une réponse en vitesse, fuck him big time baby, on peut attendre"
Mais la belle est plus diplomate et elle a freiné toutes les tomates lancées en direction du smatte. Moins irlandaise et plus à l'aise, elle a les moyens de payer une beauté à toute notre électricité qui, effectivement, rendra la maison plus attrayante si jamais on finit par choisir de la vendre.

On a dit oui au bonhomme que j'avais déjà dans le cul.
"Pas plus que 4 heures sans électricité" m'avais-il promis.
Il a coupé l'électricité à 8 du matin. On est pas mal dépendant de l'électricité.
9 nouvelles de JG Ballard, un diner froid impromptu (et dégueulasse) et 104 pages de relecture de The Catcher in The Rye plus tard je n'avais toujours rien fait de ma journée. Impossibilité de traduire sur l'ordi, impossibilité de me mettre une petite musique, inefficacité absolue.

"Ce sera encore long grand schtroumpf?" ai-je à peu près demandé toute la journée.
15h54 l'électricité revenait. J'avais rien calissé de la journée.

"1300$ sera le maximum que vous pourriez payer, je vous ai fait un prix budget, si c'est moins c'est moins et ce sera tant mieux" nous avait-il dit.
Pff! bullshit! ça a été 1300$ pas une cenne de moins. Mais on a quelque chose de beau et de "sécuritaire".
Parce que c'est connu on est en danger. Demandez à Stiveune, notre Premier Minable...

"Ouin c'était pas l'électricien de mon assistante, c'était en fait un client" m'a confié l'amoureuse, gêneé.

Le teléphone a sonné en soirée c'était Perrino, le voisin électricien.
"Ouin j'ai vu un camion d'électricien dans ton entrée, buddy...that's not the way to do business man...tu me vole de la job, man...va falloir se parler eye to eye..."

Misère...

dimanche 25 septembre 2011

Là Où Le Pays N'est Pas Encore Né

Ça pourrait être ici.

Mais ce ne le sera pas.

Car mon pays n'est pas.

Mon pays officiel c'est le Canada. Où le premier minus, à son tout premier projet de loi, propose quelque chose de foncièrement inutile et même dangereux. Un projet de loi qui vise à resserrer les peines données aux jeunes contrevenants. Une loi plus sévère qui ne répond à aucun besoin. Une loi qui garantirait la surpopulation carcérale, comme aux États-Unis. Une mentalité de peines minimales et automatiques peu importe la circonstance. Les conservateurs ne sont pas des gens de nuances. Ce sont des gens carrés. Toujours prêts à offrir un faux sentiment de sécurité, même si aux États-Unis de George W Bush les juges décrient cette même et identique loi. Même si le gouvernement britannique, dominé par les conservateurs, a publié un livre vert qui remettait complètement en question cette même approche dominante de lutte contre la criminalité. Explosions de coûts, surpopulation, bureaucratie lourde.

Et c'est ce même imbécile qui veut éliminer le régistre des armes à feu? Quel leadership de moron.

Parlant de moron, dans mon pays à moi qui n'en est pas un, Jean Charest a confirmé par deux fois cette semaine que ce n'est pas lui qui décide. Chiant dans ses culottes, il a dit sans rire et je le cite "les rapports ne sont pas écrits pour les premiers ministres" se lavant les mains des conclusions sur les crapauderies du milieu de la construction et laissant le tout aux policiers.
C'est vrai ça ne s'adresse pas à lui, ça s'adresse aux leaders.

J'ai eu une longue conversation avec mon fils sur le leadership. Je lui expliquais qu'être leader c'est être celui vers lequel on se tourne quand vient le temps de prendre une décision. C'est celui qui est devant la file et non derrière. C'est celui qui inspire son entourage. C'est celui qui travaille honnêtement. C'est celui qui se fait confiance.
C'est le contraire de tricher. Ça ne se trouve pas partout mais que si il le souhaitait, ça se trouvait en lui.

Je ne sais pas c'est quoi le niveau d'honnêteté qui se trouve en Barrack Obama et Nicolas Sarkozy quand ils résistent à l'adhésion potentielle d'un siège à l'ONU pour représenter la Palestine. Là ou le pays n'est pas encore né. Bien entendu notre premier minus s'est aussitôt couché en boule aux pieds des deux autres.

Vendredi dernier la Palestine a officiellement demandé d'être assis à la même table qu'Israël et les 193 autres à l'ONU. Obama a livré un vif discours où il a réaffirmé son soutien à Israël en rappelant les souffrances des juifs au travers des temps sans même faire une parenthèse sur les colonies juives imposées en Cisjordanie qui sont les misères des arabes en ce moment même. Il a même osé dire "There will be no shortcut!" 20 ans après les inefficaces accords d'Oslo qui mènent, comme toujours, à la boucherie perpétuelle...méchant raccourci...
Les États-Unis vont utiliser leur droit de veto afin de tasser de la table la proposition palestinienne. Navrant aplaventrisme. Sarko le chiot, ce lèche-cul notoire, en a rajouté en disant lui aussi qu'il faut que les deux peuples négocient. (duh!)

Comme ils le font depuis 60 ans.
En se faisant sauter la gueule de part et d'autres.
Sans succès aucun.
Pas du côté de la Palestine en tout cas, qui agonise.
Faible de la part de leaders qui semblent avoir peur de ce que pourrait raconter de nouveaux intervenants à la table des Nations-Unies.

Organisez-vous mais faites vos faites le au sous-sol pas dans la salle des maitres.
Faites-le là où les coups de poignards se voient moins.

C'était pourtant "la création de deux états indépendants" qui étaient mis en place en 1993.
L'un, un peu plus indépendant que l'autre. Il y a tant de raisons pour dire oui à la Palestine.

On ne s'entend pas du tout, mais alors pas du tout sur les frontières et c'est le nerf de l'interminable guerre.

Continuez à vous entretuez comme des sauvages disent les leaders de l'ONU.

Je ne sais pas mais moi je les trouve malhonnêtes.
Faudra que je m'y fasse, les gens sont foncièrement malhonnêtes.

Visiblement la route de la négociation est minée. Et pas juste sur le territoire palestinien.
En Amérique et en Europe aussi où les coups de poignards se font à l'étage.

Et c'est très dommage.

samedi 24 septembre 2011

Dune

La trilogie de livre de science-fiction de Frank Herbert, Dune, Dune Messiah & Children of Dune est un best seller en 1965.

Dès 1971, Arthur P. Jacobs achète les droits d'adaptation cinématographique de la trilogie. Comme il est très occupé avec le succès de la série de Planet of the Apes, il attendra quelques années avant d'entamer la production. Le temps de tourner Escape, Conquest et Battle of the Planet of the Apes. Il approche David Lean qui choisit de ne pas attaquer ce monstre. Charles Jarrott est aussi approché et refuse sagement à son tour. Robert Greenhut fait une première adaptation écrite puis Rospo Pallenberg met la main au scénario lui aussi avec Arthur P. Jacobs lui-même dans les plans pour réaliser le film. Le tournage prévu pour 1974, Jacobs décède en 1973. Dune est rangé sur les tablettes.

Décembre 1974, un consortium français achète les droits du film. Alejandro Jodorowsky obtient le poste de réalisateur. Il prévoit de tourner un film de dix heures (!!!). L'équipe d'acteur réunnit Orson Welles, Gloria Swanson, David Carradine, Geraldine Chaplin, Alain Delon, Hervé Villechaize, Mick Jagger et Salvador Dali. Ce dernier demande d'être payé 100 000$ de l'heure. Jodorowsky accepte et, rusé, s'organise pour tourner l'entièreté de son rôle en une heure, utilisant des mannequins ou des doublures pour ses autres scènes. Pink Floyd doit assurer la trame sonore. Les décors sont confiés à l'anglais Chris Foss pour la création des vaisseaux et des accessoires, l'illustrateur français Moebius pour les costumes et les créatures ainsi que le peintre surréaliste suisse H.R.Giger pour le château du méchant baron bulbeux Harkonnen.

En 1976, on découvre que le film est maintenant un film de 14 heures et que c'est le fils de Jodorowsky qui tiendrait le rôle principal. Les investisseurs paniquent et se retirent.

Dino Di Laurentiis achète les droits et commande un nouveau scénario à l'auteur original Frank Herbert. Celui-ci apportera une brique de 175 pages. Les scénarios sont à l'époque entre 90 et plus rarement 140 pages, il est alors aussitôt rejeté. Di Laurentiis engage Ridley Scott en 1979 et Rudy Wurlitzer au scénario. La production est si lente que Scott laisse tomber Dune en 1981 pour tourner Blade Runner dont la production est, elle,  déjà prête.
La fille de Di Laurentiis, Raffaella, suggère David Lynch à son père après avoir découvert Elephant Man. À l'époque, Lynch se fait offrir beaucoup de films, dont le dernier tome la série de Star Wars, ce qu'il refuse. Il accepte de tourner Dune, d'en réécrire le scénario même si il ne lira pas le livre et (ERREUR FATALE) cède les droits de regard au montage final en retour. Ce sera la seule fois de sa vie que ça lui arrivera.

Le scénario sera réduit à 135 pages. La production demandera la construction de 80 décors dans 16 studios différents et sera tourné dans le désert du Mexique et dans les studios de Londres. Le film original durait pratiquement trois heures. Toutefois les producteurs souhaitaient un film "pas plus long que 2h17".
Lynch, à contre coeur, a dû retourner des scènes, ressusciter des personnages morts et négocier les coupures avec des producteurs sans vision artistique mais qui avaient un portefeuille. LE portefeuille. Le film coûtera 40 millions et en rapportera 10 de moins. Le récit, déjà archi complexe est encore plus mêlant pour le public qui n'embarque pas. Le nouveau montage des producteurs est un cauchemar pour Lynch. Il signera le film Judas Booth. Judas car il se sent trahi et Booth, inspiré du nom de l'assassin de Lincoln car il croit ferme que les producteurs ont assassiné le film.

Lynch garde un souvenir amer de ce film et ne voudra plus jamais y toucher/en parler/ le revoir. Même quand on lui suggère d'en faire SA version en 1991. La cicatrice demeurant trop grande.

En lisant une nouvelle de JG Ballard, The Cage of Sand, j'avais le décor de Dune en tête. Je réalisais du coup que je n'avais jamais vu de ce film que la scène de combat finale avec Sting. Et surement un peu de sable sinon je n'aurais pas eu ce décor en tête.

Francesca Annis, Brad Dourif, José Ferrer, Linda Hunt, Freddie Jones, Sting, Virginia Madsen, Silvana Mangano, Everett McGill, Siân Phillips, Jürgen Prochnow, Paul L.Smith, Patrick Stewart, Richard Jordan, Kenneth McMillan, Dean Stockwell, Max Von Sydow, Sean Young, Une très jeune Alicia Witt, Michael Bolton caché à la batterie pour un plan, David Lynch lui-même à la radio, Jack Nance, un complice d'Eraserhead qui le restera pour Blue Velvet, Wild at Heart, Twin Peaks et Lost Highway, Kyle MacLachlan, un autre qui allait l'être tout aussi longtemps mais qui commençait tout juste à devenir l'alter ego de David. Tout le monde brille dans ce film

Je sais exactement quand les producteurs dans le film y ont mis leur patte. Je connais suffisament Lynch pour ça. Bien que le film eût déçu tout le monde et son frère, j'y ai quand même trouvé mon compte.   

I luuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuv Lynch.
Dune is not thaaaaaaaat bad.
Juste assez épicé pour goûter bon pour moi.