samedi 21 octobre 2017

Mensonges, Mensonges, Mensonges

On dit qu'en guerre, la première victime est toujours la vérité.

C'est totalement vrai.

En 1989, on a déterré de faux charnier à Timisoara en Roumanie pour justifier la guerre.

En 1991, lors de la guerre du Koweit, on a inventé une histoire de vol de bébé en couveuse.

En 1992, on a parlé de faux camps d'extermination en Bosnie.

En 2003, on fabule sur des fausses armes de destruction massive en Irak.

En 2011, on fabrique que Khadafi bombarde son peuple, tuant ou blessant femmes et enfants, civils, des dizaines de milliers, et qu'il aurait ordonné à sa milice de violer les femmes, leur fournissant du Viagra.

Mensonges partout.

La guerre en soi est souvent un mensonge.

Dans le film de Steven Spielberg de 1998, Saving Private Ryan, toute l'intrigue est basée sur la Sole Survivor Law. Une loi que je n'ai pas crue vraie quand j'ai visionné le film à l'époque. J'ai regardé tout le film en salle, avec incrédulité, en attendant qu'on me révèle un punch quelconque où que l'on m'explique tout le côté absurde de la loi. Cette loi, entérinée en 1948, fait écho aux 5 frères Sullivan, tous tués dans la Seconde Grande Guerre. Leur famille avait reçu 5 fois la même lettre de condoléances, et le mal en avait été quintuplé. Ce qui avait été jugé beaucoup trop intense par l'armée...

WUT?

Dans le film de Spielberg, une escouade risque sa vie pour retrouver le 4ème frère Ryan, quand on apprend que les trois autres ont tous trouvé la mort et que trois lettres arriveront à sa famille en même temps. Une escouade ne fait plus que combattre les Allemands, il faut aussi sauver le soldat Ryan. Et le ramener à sa famille. Sinon...sinon quoi? on pleurera trop? Ça fera trop mal? C'EST LA GUERRE!
Bon...je comprends, on veut tout de même atténuer le mal.

Mais la guerre est écho de douleur. Faut pas se conter d'histoires.

La loi du seul survivant stipule que le dernier survivant d'une famille peut être épargné/retiré du service militaire, si tous les membres de sa famille (au combat) ont été tués au préalable.

Je m'en serais inventé des membres de ma famille mes amis!

Dans la construction de mon être, ça fait peu de sens.

Si tu es soldat au combat, tu peux mourir.
Ce n'est pas une probabilité, c'est plus que ça, c'est une forte chance.
Prétendre le contraire, c'est mentir.
Ce n'est pas un travail de bureau, vous êtes un jeune homme/femme en plein conflit armé et qui dit arme, dit aussi balles-qui-peuvent-tuer. Même en tirs amis.

Prétendre
Le
Contraire
EST
SE MENTIR À SOI-MÊME

Je suis incapable de voir cette loi autrement que comme une imposture. On veut épargner la famille? Fallait pas envoyer/laisser partir ses enfants à la guerre! Ça fait partie du "jeu", non?

Mais bon, on veut atténuer la douleur.

Ça l'a été étouffé cette semaine, dans les histoires de Bombardier avalé par Airbus, les révélations d'abus sexuels et Eric Salvail et Gilbert Rozon faisant mauvais usage de leur pénis ici, mais Donald Trump aurait fait preuve d'insensibilité (what's new  anyway?) à l'égard de la veuve d'un soldat, mort au front quelque part dans le monde où les États-Unis se chicanent (ça pourrait être partout). Il aurait dit "qu'il savait dans quoi il s'embarquait". La veuve ne l'a pas digéré.

Je ne pensais jamais dire cela un jour, Ô jamais, mais Donald avait raison.

Pour la famille, les proches d'un soldat au front, on doit s'attendre à ce qu'il frenche la mort plus vite que quiconque.

Mais ça prend un vrai coeur de pierre pour le rappeler à une amoureuse éploré. Sur le fond toutefois, Trump ne se trompait pas.

La guerre peut être la mort. C'est un pile ou face.
Ne nous racontons pas de fausses vérités.

Mais atténuer le mal, Trump ne connait pas non plus.

Est-ce que je commence à lui ressembler?...

vendredi 20 octobre 2017

Gordon Edgar Downie (1964-2017)

Kingston, Ontario.
1982-1983.

Gord et Rob Baker sont bons buddys. Rob est un bon guitariste. Ils fréquentent tous deux le même collège. Rob sera le designer de la plupart des t-shirts du groupe de musique qu'ils formeront bientôt. Ils feront un numéro ensemble pour le show de fin d'année. Gord Sinclair se lie d'amitié avec Baker. Sinclair peut jouer de la base. Johnny Fay se lie d'amitié avec Downie, il est habile à la batterie. Dès 1984, le quatuor se donne en spectacle ensemble au pub Alfie's de la Queen's University.

Le band prendra son nom d'un élément de comédie du très drôle Micheal Nesmith.

En 1986, Paul Langlois se joint comme second guitariste et les Tragically Hip sont complets. Ils se livrent en spectacle dans les bars et c'est là qu'un représentant de MCA les remarquent et les signent. Presqu'aussitôt le band enregistre un mini-album.

Leur album de 1989 fait aussitôt sensation avec ses morceaux riches en guitares. Je découvre leur premier single sur une cassette promo de chez HMV Ste-Foy qu'on me donne tout simplement à l'achat de quelque chose d'autre. Deux ans plus tard, le band fait encore fureur avec leur nouvel effort. C'est là que je les voit en spectacle pour la première fois. Leur son blues rock est fort séduisant. La présence de Downie sur scène est animale. On y va pour rugir, la testostérone dans le tapis.

Leur album de 1992 représente leur apogée. 6 singles en seront issus. Je les reverrai en spectacle pour la dernière fois. Électrisant. Des amis à moi leur seront plus fidèles. Pendant la tournée qui suit, plusieurs morceaux de l'album suivant, qui n'est pas mal non plus, sont pratiqués sur scène. En 1994, Day For Night fait très bonne impression. Deux ans plus loin, Trouble at the Henhouse fera aussi très bien avec 5 singles pour les radios, principalement du Canada d'Amérique. The Tragically Hip est une fierté canadienne. On y explore la géographie canadienne et son histoire. Le son devient moins blues et moins rock. Même la voix de Downie change et devient moins rageuse. Il est plus profond dans ses thèmes. Bien qu'encore plus sombre et énigmatique qu'ensoleillé.

C'est Dan Aykroyd qui forcera auprès des producteurs de Saturday Night Live afin que le band s'y produisent.

Leur album de 1998 fera encore fureur, mais surtout au Canada d'Amérique et chez les mordus du band. Le groupe fera le tout premier spectacle du tout nouveau Air Canada Center qui remplace le vieux Maple Leafs Garden.

L'album de 2000 aura la musicienne néo-brunswickoise Julie Doiron aux voix de support pour l'enregistrement.

Deux ans plus tard, un autre album et une présence dans le film de Paul Gross. Ils auront fait la même chose dans la série télé Corner Gas. Ils seront aussi largement référencé dans Trailer Park Boys.

De 2001 à 2017, Gord Downie lancera 6 albums en solo. Les Hip ne chôment pas pour autant lançant (avec Downie, toujours) 5 albums.

Gordon Downie avait marié une survivante du cancer, avec laquelle il a eu 4 enfants. Peu de temps avant le printemps 2016, le couple s'était séparé. Mais c'est lui qui aura le crabe dans la tête. Un crabe fatal.

Ce printemps-là, Downie apprenait qu'il était atteint d'un grave cancer du cerveau qui le condamnait à court terme.

Il aura survécu jusqu'à mardi dernier. Il n'avait que 53 ans. 8 ans de plus que moi.

L'été dernier, les Hip faisait une tournée d'adieu avec Downie comme chanteur.

Un bouleversant concert ultime que j'ai enregistré et que deux de mes amis sont allé voir en Ontario.

J'ai écouté ce concert hier. Ça me semblait approprié.

Bonne nuit, Gordie!

jeudi 19 octobre 2017

Danser Dans le Noir


Maintenant Salvail et Rozon...

Il ne fait aucun doute que les allusions d'agressions sexuelles dont a fait part Björk cette semaine visaient Lars Von Trier.

Tout comme avec Harvey Weinstein, là non plus je ne suis pas tellement surpris. Je ne me souviens pas si j'en avait déjà parlé ici, mais j'ai laissé tombé Von Trier quand j'ai commencé à sentir qu'il se faisait un malin plaisir à filmer la femme en décomposition morale et physique.  Breaking the WavesDancer in the DarkDogvilleManderlayAntichristMelancholiaNymphomaniac...Je n'ai pas vu les trois derniers, là, je l'avais vraiment abandonné.
Dès Dancer in the Dark, je commençais à grincer des dents. Je me rappelle l'extrême tension entre Björk et Von Trier à Cannes cette année-là.
Dans chaque film, nommé plus haut, une femme, destructrice, auto-destructrice, parfois les deux. Presque toujours, une femme menée vers la déchéance. Pas sain du tout.
J'y sentais une certaine misogynie assumée que je ne tenais en rien à honorer en visionnant ses films.

Peut-être que je me trompe.

Euripide, dans un cocktail lounge babacool avec Aristophane et Socrate, aurait dit, dans un grand moment de lucidité: "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble".

Formidable lucidité.

En 2017, ce que nous savons, tous ensemble, c'est que traiter une femme comme moins que son égal est mauvais. Donc, la forcer à se soumettre à nos, (nous-les hommes) pulsions sexuelles contre son gré est complètement inacceptable. À moins d'être président des États-Unis, je crois comprendre.

Une campagne de guérison est en cours en ce moment, principalement sur les réseaux sociaux. Un véritable tsunami de vannes qui s'ouvrent afin de se libérer de plaies et afin, surtout de freiner la recrudescence de nouvelles victimes féminines au niveau des agressions sexuelles.

Dominique Strauss-Khan ne doit même pas comprendre ce qui se passe.

Des femmes de partout dans le monde dénoncent "leur porc" en France; disent "moi aussi" en Amérique ou ailleurs, et trouvent le courage de crier pour se faire entendre afin d'expier la/les fois où elles n'en ont pas eu la chance, la force, l'oreille pour le faire. Il y a ménage, processus de guérison et je trouve ça merveilleux. Des queues flétrissent entre certaines jambes.

Mais je devine que certaines s'inventent peut-être aussi quelques porcs...

Peut-être que je me trompe là aussi.

Dans la foulée des dénonciations mondiales sur le harcèlement sexuel, un ministre français, Bruno Le Maire, s'est mis le pied dans la bouche et la bite dans l'oreille. Il a affirmé qu'il ne "...dénoncerait jamais un collègue harceleur parce que la dénonciation n'est pas dans son identité politique". Il faut savoir qu'en France, la délation, en général, a très mauvaise réputation depuis l'occupation, Vichy et la Seconde Guerre Mondiale. Elle a brisé bien des liens et bien des vies. Mais il faut avoir le jugement d'une enclume pour dire une chose du genre dans un contexte comme celui qui suit les révélations sur les comportements douteux d'Harvey Weinstein.

Et de probablement plusieurs autres dans le même moule.

C'est ce moule dont on veut changer le modèle. Et ce ministre, dans sa grande maladresse, nous dit que la recette, il ne la changerait pas. Il regarderait ailleurs.

Bravo.

Il a eu beau s'excuser et dire qu'il avait été maladroit et que ce n'était pas de cette manière qu'il voulait faire paraître son côté imbécile. Il mérite le goulag.

Une personne victime de viol ou d'agression sexuelle est piégée par son traumatisme. Il est extraordinairement courageux de voir toutes ses femmes, meurtries, se libérer de leurs chaînes.
La violence subie par une victime, morale et/ou physique, la paralyse. Le cerveau ne contrôle plus l'intensité du stress intérieur. La sidération est absolue. Le corps se protège naturellement en "éteignant le système". La victime est alors littéralement anesthésiée et se dissocie. Elle est comme déconnectée de son propre corps. C'est ce que l'on appelle l'état dissociatif. En conséquence, le souvenir va rester coincé dans une partie du cerveau et ne va pas être traité et enregistré complètement par le "disque dur".

Le souvenir errera dans le cerveau et ne sera pas rattachable nécessairement à une date. Il peut refaire surface en tout temps, initié par une odeur, une couleur, une scène, un mot, un amalgame de choses.

Vous vous demandez qu'est-ce qu'elles attendaient ces dames pour parler?

Elles attendaient d'être déparalysées de leur traumatisme.

C'est ce qui se produit en ce moment.

Christ que c'est sain.
Exposant le malsain du même coup.

S'avouer victime fait partie de la guérison.
Le drame sort du silence.
Bientôt, plus lumineuse sera la danse.

Peut-être que je me trompe encore.
Mais je ne crois pas.


mercredi 18 octobre 2017

Ben Linder

Ben Linder a gradué de l'université de Washington en 1983. Il adorait faire du monocycle de 5 à 6 pieds et jongler en même temps. Il était fort habile à le faire.

Ingénieur mécanique, il avait été fort impressionné par la révolution sandiniste de 1979 au Nicaragua. Très vite après sa diplomation, il a émigré à Managua, là-bas. Il voulait aider les populations les plus pauvres à se sortir du pétrin.

L'administration Reagan d'alors, au contraire, voyait les sandinistes de Daniel Ortega comme une bande de hippies communistes et était déterminée à annihiler la révolution. Pour ce faire, l'administration Reagan armait secrètement les Contras, afin qu'ils combattent par les armes les sandinistes. Dès 1981, la CIA entraînait les Contras à attaquer. Toujours secrètement. L'une des stratégies importantes des Contras était d'attaquer les agents du gouvernement sandinistes, les cliniques de santé, et les symboles d'évolution. Afin de montrer aux yeux du monde que la révolution n'avait absolument rien de bon.

Linder travaillait afin que le sort de ces gens ne soit que bon.

En 1986, Linder déménage de Managua à El Cua, un village du Nicaragua très près de la zone de guerre. Avec son expérience d'ingénieur mécanique, il aide beaucoup les gens du secteur, à construire un pont, entre autre. Il est adoré de tous. Il participe et coordonne une campagne de vaccination. Il est adoré des enfants et connu de tout le village grâce à son monocycle, sur lequel il monte, jongle et pose parfois un nez de clown pour les faire rire. Il dira que si il le pouvait, il prendrait tous les enfants du coin pour les amener dans un endroit plus sécuritaire que cette zone de guerre.

Linder, à la recherche d'un site de construction afin de créer un nouveau barrage près du village de San José de Bocay, est accompagné de deux nicaraguéens, Sergio Hernandez et Pablo Rosales. À ses parents, il avait dit "C'est formidable de travailler pour un pays où le gouvernement se soucie de tout le monde, d'absolument tout le monde".

Des Contras lancent une grenade contre le véhicule de Linder, Hernandez et Rosales. L'explosion les envoie dans toutes les directions, ils sont blessés mais pas morts. Les Contras s'occupent alors de leur loger une balle dans la tête chacun. Ce progrès socialiste doit cesser. Merci CIA.

Ben Linder avait 27 ans.

Si le sang doit circuler là où la chair et le métal ne font plus qu'un 
Séchant dans les couleurs du soleil de l'après-midi
La pluie de demain lavera les tâches d'hier
mais quelque chose restera dans nos esprits
Peut-être que le dernier acte devait survenir
afin de régler un conflit de la durée d'une vie
Comme rien ne répond de la violence rien ne pourrait
Pour tout ceux nés sous une étoile en colère
Ne craignez pas de vous rappeler
La fragilité de nos êtres 

Écrira pour lui Gordon Matthews Thomas Sumner, dans un des plus beaux morceaux jamais composés.

La mort de Ben Linder éveille les consciences aux États-Unis et ailleurs sur la situation au Nicaragua et ses vicieux jeux de coulisses . Les républicains accuseront la mère de Linder de vouloir politiser le deuil de son fils. L'administration Reagan dira de Ben Linder, ce que Trudeau pourrait tout à fait dire de Joshua Boyle, Caitlin Coleman et leurs trois enfants, soit qu'il avait un peu couru après le trouble. Qu'il avait cherché la mort et malheureusement l'avait trouvée.

Avril dernier marquait les 30 ans de son assassinat.
Payé par la CIA.


mardi 17 octobre 2017

Blonde & Idiote Bassesse Inoubliable********************Music For The Masses de Depeche Mode

Chaque mois, vers le milieu, je vous entretiens de mes impressions et/ou de la petite histoire autour d'un disque que j'ai tiré de ma collection. Un disque qui m'a touché.

La chronique tire son titre de 4 albums que je connais par coeur et dont chaque note, chaque mot est inscrit dans mon ADN.

Par ordre de création:
"Blonde on Blonde" de Bob Dylan
"The Idiot" d'Iggy Pop
"Low" de David Bowie
"The Unforgettable Fire" de U2

B.I.B.I c'est moi. C'est aussi la terminaison du mot "habibi" qui veut dire "je t'aime" en dialecte irakien.

Musique, je t'aime.

MUSIC FOR THE MASSES de DEPECHE MODE

Rares sont les groupes qui, lorsque j'entend leur musique dans des espaces publics, me ramènent non seulement loin en arrière, mais me font ressentir le même sentiment d'invincibilité qu'à mes 14 ans.

En 1987, j'avais 15 ans. Non seulement le monde était à moi, mais j'en étais le leader. J'étais Gargamel. What? non. Mais ma confiance en moi était inébranlable. En secondaire I, je découvrais Depeche Mode par People are People. Ils avaient nos cheveux, ils avaient nos yeux, ils dansaient comme nous, ils ne définissaient pas nos styles, ils les complétaient et les affirmaient pour nous. On les as tout de suite aimé. Enfin, certains d'entre nous.

En 1987, la musique et l'image ne faisait maintenant plus qu'un. Et une chanson n'était rien sans videoclip pour la soutenir commercialement (cette tendance s'est perdue avec le temps). Les clips de DM étaient toujours fameux. Voire parfaits. Le sont restés.  Et le croisement de la noirceur musicale, des 4 claviers qui leur donnaient une touche moderne et futuriste, et les airs formidables que Gore et compagnie créaient rendait ce groupe un band qui touchait presque le soleil.

L'album débutait avec un morceau immense (encore aujourd'hui) qui était à la fois lourd et animé. Gahan qui chante de manière surréaliste à toute les deux lignes dans le clip, la présence de cette petite voiture, si petite qu'elle semble incomplète, la voix haut perchée de Martin Gore, venant seconder celle beaucoup près de Ian Curtis de Dave Gahan, c'est une chanson encore ennivrante à entendre en voiture. Tout le monde s'est choisi un "best friend" bien à lui pour cette "ride". La chanson devient le second single de l'album, en août 1987. Et ne nous abandonnera jamais.

Le second morceau offre un rythme plus lent dans une combinaison base/claviers extrêmement intéressante. Bien qu'Alan Wilder ait largement contribué à plusieurs morceaux, Martin Gore signe toutes les pièces. Cette ombre deviendra trop grande pour Wilder en 1995, il quittera le groupe.

La chanson suivante sera le premier single en avril 1987. Le clip (parfait encore) a été tourné par le toujours brillant Anton Corbijn et nous montre le haut-parleur comme leitmotiv, haut-parleur qui sera en vedette sur la pochette. Gore et Wilder affirment que le titre de l'album et sa pochette trempaient dans l'ironie puisque leur musique était TOUT sauf de la musique conçue pour les masses et que la pochette le reflétait bien puisque les haut-parleurs pointent vers un endroit qui semble désert.

La chanson suivante a quelque chose de spirituel. L'accent british de Gahan est assez prononcé sur ce morceau. On sent y étrangement la chaleur estivale dans ce morceau. Mais une certaine fraicheur aussi. Étrange. Incompréhensible. Sacré.

La Face A se terminait par un splendide morceau qui sera le quatrième et dernier extrait lancé en clip et pour les radios en mai 1988. Martyn Atkins, qui a produit la pochette de l'album, a aussi tourné le clip. Les métaphores sadomasochistes et le titre qui pouvait évoquer la pédophilie ont fait peur aux radios et la chanson a peu tournée. Dommage, parce que c'était plutôt une ode à l'adolescence, parfaitement maîtrisée.

La Face B commençait par un autre morceau formidable.  Le clip est encore tourné par l'excellent Anton Corbijn. Le son de cap de roue qui tourne sur lui-même au tout début semble lancer le message qu'il faille écouter cette chanson en faisant la vaisselle. Ce que j'ai fait. Très cool. Ma vaisselle n'a jamais été aussi propre, lavée de ma main. Et danser comme je l'ai fait...fallait pas me filmer...Troisième extrait lancé pour les radios. Gros hit.

La chanson suivante est d'une sensualité absolue. DM a même demandé à ces fans de faire des sons de jouissances afin de les mixer et de les incorporer dans le morceau. Très sexy.

La pièce suivante est fameusement produite. Elle a toujours été l'une de mes préférées de l'album. Les références à la religion, aux mauvais choix et à l'auto destruction y sont nombreuses. répétitif sonorement, sombre en mots.

La chanson qui suit est encore pertinente de nos jours. On y questionne la présence de Dieu. Son inertie du moins. Le rien qu'il représente. Et qui détruit tant de vie sur terre. Learn to expect nothing chante Gahan. C'était conçu pour la masse, mais la masse n'écoute pas toujours avec attention.

Le morceau qui ferme l'album est principalement instrumental, Draculesque, dont le titre fait référence à un magazine de la Hitler Youth Organization. Il s'en dégage quelque chose de très sombre. Comme je lis actuellement sur la Seconde Guerre Mondiale, écouter ce morceau en parallèle m'offre une glauque trame sonore à mes lectures.

Pour amateurs de pop, de pop/électronique, de punk/électronique, des années 80, de new wave, de rock électronique, de dance rock, de musique alternative, de sombres ambiances, de danse.

lundi 16 octobre 2017

Parle Moi

Yves Boisvert a souligné quelque chose de fort important la semaine dernière.

L'ivresse, le vertige, le déséquilibre, le tournis du plongeur dans la plus profonde des plongées...

On a beau taxer les gens de cynisme par rapport à la déconnection des politiciens face à la population en général, elle est complètement réelle. 

Trois exemples extrêmement récents:

Philippe Couillard procède à un remaniement ministériel. 
Same old rats with brand new clothes. On a qualifié son remaniement de toute sorte de choses, mais ce qu'on a surtout retenu ce sont trois choses:
1-Les portefeuilles importants sont restés entre les mêmes mains.
2-Le ministère des Transport a été laissé à un jeune parce que les autres ne voulaient pas s'y casser les dents. On ne lui a donc pas donné toute de suite, mais on lui a laissé après au moins deux refus. 
3-On le trouve important parce que plusieurs ont bougé, mais dans un contexte de chaise musicale et pas dans un mode de remplacement. 

Philippe et son équipe voulaient qu'on se rappelle d'autre chose. Ils ont une équipe qui écrit à plusieurs mains des "grandes lignes" qu'ils voudraient bien publier eux-mêmes dans les journaux. Des formules ampoulées comme équipe gagnante, presque parité homme/femme (sans portefeuilles, celles-la), équilibre jeunesse/expérience. Des mots que l'on voudrait donc mettre dans la bouche des journalistes. 

Mais, c'est bête, c'est gens-là ne font pas que lire ce qu'on leur demande de lire, ILS RÉFLÉCHISSENT.
Ces cons.

Et quand ils ont souligné ce que je vous ai souligné plus haut, Couillon a pas aimé ce qu'ils retenaient de son remaniement. Il a pété un plomb. Il a cité Shakespeare. "C'est ça que vous voulez, vous les médias? un peu de chair et un peu de sang?".

Quand un Premier Ministre s'énerve de la sorte, c'est que ça va mal dans la chaumière. 

Si vous vous attendez à ce que les médias ne fasse que lire vos communiqués, à quoi bon câlisse?

À quoi bon le journalisme, câlisse?
À quoi bon le sol si on ne peut jamais y danser, honey?

Prend ta lèvre inférieure, Phil, remonte-là sur ta tête et avale très fort.

Le même jour, Donald Trump disait le plus sérieusement du monde:
"I think it's totally discusting that the people from the media can write absolutely whatever they want..."

Les régimes totalitaires ont salué. 
La liberté d'expression est une très vilaine chose.

Réalise-t-on comment une phrase comme celle de Trump est lourde de sens? Le réalise-t-il lui-même? 

Trump a rajouté que quelqu'un devrait y jeter un oeil. Ce, à quoi un vaillant présentateur de nouvelles à rétorquer, constitution en main: "Yes Donald, you're right, but someone did...". Il s'agit même du tout premier amendement de la constitution des États-Unis, qui interdit le congrès de limiter la liberté de religion, d'expression, la liberté de la presse, ou le droit de se rassembler pacifiquement. 

Parle de ce que tu sais Don.
Oh que tu parlerais peu, mon grand ignorant.

Finalement, au Canada, ils sont de plus en plus nombreux à dire à la fois que le gouvernement honore fameusement sa promesse de dépenser beaucoup d'argent (Traduction: imiter papa en nous plongeant profondément dans une dette pour les années à venir), à la fois qu'il y a assez peu d'adultes autour des tables gouvernementales. Ça peut paraître condescendant, mais on dit qu'on s'intéresse davantage à qu'est-ce qui ressemble à quoi sur les réseaux sociaux, qu'à de réelles problématiques tangibles. 

Oh! il est stylé Justin, mais sans aucune substance. Quand la pauvre Mélanie Joly a été lancée dans la fosse aux lions pour l'enculade l'annonce faite qu'on ne taxerait pas Netflix et qu'on leur donnerait la permission de choisir quoi nous offrir au pays comme contenu, je n'ai vu personne du gouvernement de Justin se tirer devant les multiples balles tirées dans sa direction. 
On la sacrifiait. 
Ce n'était pas à elle de répondre aux questions d'ordre économique. Elle peine tout juste à comprendre ses propres phrases. Elle devait être secondée par au moins un ministre ou deux. Personne sur terre ne semblait être de son bord. Personne n'a de raison de l'être me direz-vous et vous n'aurez pas tort, mais pourquoi l'homme à la langue de bois en chef, Selfie Trudeau, n'y a pas mis son grain de sel?

La langue de Justin est la même que celle de Mélanie. Une langue défensive qui parle de rien et de tout. 

De rien surtout. 

Essayez d'analyser un de ses propos est comme disséquer une guimauve.  C'est mou et duveteux, très sucré, et aussitôt qu'on essaie d'y mettre le doigt, c'est devenue de la bouette blanche. 

Chaque fois que l'on parle, on envoie un message quelque part.

Celui de Couillard, celui de Trump, ceux de Mélanie ou Justin, sont des mots mous lancés dans le but d'épaissir un brouillard qui séparerait leur monde du nôtre.

Nous vous avons élus. 

Parlez nous. 
Sans fumée, svp.
Sans guimauve autour du feu.